«Saint-Michel # 8258»

«Empreintes et dérivés» d'Ève Cadieux: la beauté cachée des marchés aux puces

Là où certains ne voient qu’un ramassis de cossins, Ève Cadieux déniche des trésors. Arpentant les marchés aux puces des grandes villes d’Europe avec sa caméra, l’artiste saisit des assemblages d’images surprenants.

C’est parfois le reflet d’une cathédrale dans un miroir, tout près d’une reproduction d’un tableau de Goya, qui capte son attention. Ou le mélange éclectique d’images de culture de masse et d’objets rares aux usages mystérieux.

Quatre ans se sont écoulés depuis son exposition Petits vestiges annoncés, qui rassemblait des images d’objets technologiques obsolètes sur des sites de vente en ligne, à VU. L’installation est devenue une œuvre vidéo, qui fera partie d’une exposition présentée en octobre à la Galerie R3, à Trois-Rivières.

Thorvaldsens #7270

Après 20 ans de pratique, la photographe commence à prendre la mesure du chemin parcouru. Le passage de l’argentique au numérique a été un changement important pour celle qui retravaillait beaucoup ses images en chambre noire. Elle a trouvé un petit appareil, le Fuji FinePix, qui lui donne presque l’impression de travailler en analogique.

«Waterlooplein #7110»

Après avoir «collectionné des portraits de collectionneurs et de leurs collections», Ève Cadieux a dirigé son attention sur les marchés aux puces. Elle a pris des milliers de photos à Séville, Bruxelles, Bordeaux, Stockholm, puis a fouillé dans son incroyable inventaire d’images pour choisir soigneusement les compositions les plus intéressantes — qui incluent souvent des objets dérivés d’œuvres connues de l’histoire de l’art — pour les recadrer.

«Marolles #7046»

Elle y ajoute des dessins à la mine graphite et à l’encre de Chine, des estampes et des décalques des années 60 et 80, directement sur le papier photo. «Je trouvais ça intéressant de mettre de nouvelles couches, d’intervenir encore plus, parce que pour moi, les marchés aux puces sont des strates d’histoire, à travers les objets», note-t-elle. Empreintes et dérivés, jusqu’au 19 octobre au 17, rue de la Barricade, Suite 306. Info : galeriea.ca

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