Émile Bilodeau s'est offert une rentrée à Québec dans un Théâtre Petit Champlain affichant complet, mercredi.

Émile Bilodeau: ça décoiffe... et ça promet!

CRITIQUE / Il ne passe pas inaperçu, Émile Bilodeau. Et il décoiffe, aussi. Une bouille juvénile, une énergie débordante, un charisme fou et, surtout, des mots qui déboulent à toute allure. Il n'en est peut-être pas encore au stade de «signer sur les boules», comme il le constate de colorée manière dans sa chanson Passer à TV, mais si l'on se fie à l'accueil qu'il a reçu mercredi dans un Théâtre Petit Champlain bondé, le petit dernier de la famille folk-rock québécoise n'a pas fini de faire des vagues.
Finaliste du Festival de la chanson de Granby en 2014, le Longueuillois a lancé l'automne dernier un premier album, Rites de passage, sur lequel il porte fièrement les influences des Dédé Fortin, Bernard Adamus, Philippe Brach et cie. Il a offert mercredi son premier concert officiel à Québec. Et il n'était pas peu fier de le faire devant une salle comble. «Quel bonheur d'avoir l'attention d'autant de gens. Moi, ma psy disait que j'avais un TDAH [trouble du déficit de l'attention]... Finalement, je suis juste chanteur!»
À 20 ans, l'auteur-compositeur-interprète a tout ce qu'il faut pour captiver une foule. Avec des textes branchés directement sur son quotidien (ses amours plus ou moins heureuses, sa vie d'étudiant, ses frustrations, etc.), Émile Bilodeau parle à sa génération. Et celle-ci répond visiblement présente, si l'on se fie à l'âge moyen des spectateurs du Théâtre Petit Champlain, dont plusieurs connaissaient par coeur les paroles des chansons (J'en ai plein mon cass, Dehors et Ça va ont sans doute mérité les plus belles chorales). 
Volubile, Émile Bilodeau l'est autant dans ses présentations étonnantes et juste assez décousues que dans ses compositions ancrées dans l'intime ou l'autodérision. Avec un seul album à sa discographie, l'auteur-compositeur-interprète a réussi à monter un spectacle sans piger dans le répertoire des autres (outre quelques notes de Come As You Are de Nirvana). Il a plutôt bonifié le programme de rigolotes compositions de son cru inspirées du hockey ou des séquoias, notamment. 
Dose d'humour
En prime, celui qui s'est vanté mercredi d'avoir déjà fait la première partie de l'humoriste Philippe Bond n'a pas raté une occasion de dérider la foule. En évoquant son ex qui ne mérite pas de toune et son ami dépressif qui lui a inspiré une chanson qu'il ne joue pas «parce qu'elle n'est pas bonne». Ou en justifiant à la sauce grunge son aversion pour les cours de philosophie («À cause des Grecs, j'ai pas mon DEC», a-t-il en somme déploré). 
L'ensemble garde un côté un peu naïf, mais c'est livré avec tant de fougue, d'aplomb et de naturel qu'il devient difficile d'y résister... Et ça promet pour la suite.