Eli Rose s’est lancée en solo dans la pop francophone «avec des sonorités actuelles».

Eli Rose : Le vent dans les voiles

La Montréalaise Eli Rose a eu une première vie musicale indie-pop alors qu’elle formait avec Marc Papillon-Ferland le duo Eli et Papillon. Faisant désormais cavalier seul, l’auteure-compositrice-interprète vit une renaissance artistique en mode pop urbaine qui est passée par Dubaï, puis a transité par Paris avant de se poser à Toronto.

Un contrat avec Universal en poche (elle a signé chez Barclay en France), un son qui séduit les ondes commerciales et qui gagne du terrain sur les plateformes d’écoute en ligne (elle compte près de 130 000 auditeurs mensuels sur Spotify), Eli Rose lancera l’automne prochain un premier album mitonné avec une brochette de producteurs dont Ruffsound (Koriass, Loud, etc), Realmind (Loud), DRMS (Ariane Moffatt, Fanny Bloom), June Nawakii (Nicki Minaj) ou Billboard (Shakira, Britney Spears).

Alors qu’elle s’apprête à assurer la première partie de la vedette belge Angèle au théâtre Impérial, là où elle a offert son tout premier spectacle sous la bannière d’Eli Rose il y a quelques semaines, Le Soleil a pris des nouvelles de la pétillante artiste.

Q Quelle a été la genèse du projet Eli Rose?

R Pendant huit ans, j’étais au sein d’Eli et Papillon. Pour moi, ç’a été l’école de la musique. Je n’ai pas étudié en musique, j’ai étudié en communication. Mais après huit ans à faire de la musique et de rencontrer des gens dans le milieu, ça me tentait d’aller ailleurs. J’avais commencé à écouter beaucoup de musique urbaine. Quand j’ai rencontré Ruffsound, Realmind et tous mes producers, ç’a comme été un déclic. […] Je ne connaissais pas du tout ce qui était producers et électro. J’avais toujours joué avec des instruments. Et là, je voyais ces gars-là travailler sur l’ordinateur et créer de gros beats. Ç’a été un coup de foudre pour moi. Ruffsound m’a dit qu’il aimait le contraste que ça donnait entre ma voix et les gros beats. On n’est pas habitué à ça.

Q Cette pop urbaine en français n’est pas si courante...

R Non. Et ce n’est pas évident de faire de la pop urbaine en français. Ce n’est pas comme en anglais, la sonorité est plus complexe. Mais c’était ça le défi, aussi. Je voulais faire de la pop francophone avec des sonorités actuelles. […] Le français est ma langue maternelle. C’était important pour moi d’être fière de ma culture et de ma langue. Et c’était plus facile pour moi de m’exprimer en français.

Q Ton album sortira à l’automne. Est-ce qu’il est prêt?

R Ça fait un an et demi que l’album est terminé. J’ai été dans un long processus de négociation de contrats. Je suis partie tellement de rien que j’en suis venue à me demander comment je le sors! Je n’avais pas de label, pas de gérant. J’avais de la musique, maintenant, qu’est-ce que je fais avec? On avait sorti la chanson Soleil. C’était un peu pour tester la marchandise.

Q Tu n’avais vraiment aucune équipe au moment de créer l’album?

R Non! Mon copain, Jérémie Saindon, avait réalisé des vidéos pour Yelle il y a plusieurs années. Il a envoyé mon démo au copain de Yelle, qui est producer. Il a écouté Soleil et il l’a envoyée à Wagram, à Universal, à Barclay, etc. Et là, quelqu’un a accroché. Je suis allée à Paris. Ils m’ont fait rencontrer l’immense agence Live Nation… Eux ont contacté Universal à Toronto. Ça s’est fait de bouche à oreille et moi, je ne faisais rien! J’ai juste envoyé une lettre. Ce qui est drôle, c’est que mon label a entendu parler de moi grâce à la France et non par Montréal.

Q Même le clip de Soleil, que vous avez réalisé à Dubaï, s’est donc fait de manière indépendante. Ça demandait des moyens, non?

R Ce qui est drôle, c’est que ça nous revenait moins cher de le faire à Dubaï qu’à Montréal. On y est allé au mois de juillet, donc les billets d’avion n’étaient vraiment pas chers. On ne savait juste pas qu’il allait faire 50 °C! On était obligé de tourner à 5h du matin, parce que pour vrai, c’est comme un sauna. On avait un ami là-bas qui avait accès à tout le matériel gratuitement. Et comme la chanson s’appelle Soleil, on trouvait que ça cadrait.

Q Tu reviens tout juste de France. Comment ça s’est passé?

R J’étais tellement nerveuse! J’ai fait de la musique pendant huit ans avec Marc et on courait, on cognait aux portes pour se faire entendre. Et là, ça vient comme une vague. Je suis déjà en France avant que mon album soit sorti. C’est beaucoup de pression! Mais à date, ils sont vraiment accueillants.

Q Tu as un look plutôt sportif et on te voit souvent portant la marque Adidas… Es-tu commanditée?

R Non! (rire) C’est tellement drôle! Moi, pendant les 10 dernières années, ma garde-robe, c’était un tiroir de vêtements sans marques. Quand j’ai rencontré mon copain, il m’a dit : «si tu fais un projet pop, il va falloir te trouver [une marque de commerce]». Moi, je ne connaissais rien à ça. À un moment donné, on magasinait ensemble et on a trouvé une paire de bas Adidas. Il m’a dit : «mets ça avec des souliers blancs et ça, c’est Eli Rose!» C’est lui qui m’a habillée pour Soleil. Il est réalisateur, il est créatif. Il pourrait être styliste. Cette image d’Eli Rose est partie d’une paire de bas Adidas et ça s’est collé à moi. Mais non, je ne suis pas commanditée par Adidas. J’aimerais ça, par contre!

Eli Rose se produira en première partie du spectacle d’Angèle le 15 juin à l’Impérial.