Pilotée par Lorraine Côté, la mise en lecture de Québec, Printemps 1918 sera présentée à la place de l’Université-du-Québec, le 27 mai.

Échos des émeutes de la conscription en marge du Carrefour de théâtre

EXCLUSIF / En 1918, la capitale a été secouée par des manifestations contre la conscription. Quatre personnes — dont un adolescent de 14 ans — sont même tombées sous les balles des soldats qui tentaient de mater le soulèvement populaire. Cent ans plus tard, le Trident fera écho à ces émeutes en marge du Carrefour international de théâtre en présentant une mise en lecture de la pièce Québec, Printemps 1918 de Jean Provencher et Gilles Lachance.

Porté par une imposante distribution rassemblant 24 interprètes, le projet est piloté par la comédienne et metteure en scène Lorraine Côté. La mise en lecture aura à la place de l’Université-du-Québec, le 27 mai à 14h. En cas de mauvais temps, l’activité sera présentée au Zinc, le bar éphémère du Carrefour de théâtre. 

«On est super content d’offrir ça gratuitement au grand public. C’est une production qui avait été présentée au Trident dans le temps de Paul Hébert et à laquelle Jean Provencher avait beaucoup travaillé», note la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, à propos de la pièce élaborée à partir de transcriptions de témoignages de la commission d’enquête tenue à Québec au lendemain des émeutes, lors desquelles quatre personnes ont été tuées et 70 blessées lorsque les militaires ont ouvert le feu sur la foule de la Basse-Ville. 

«C’est arrivé pour vrai, c’est arrivé ici. En ces temps de libérations d’oppressions, on trouve que c’est bon de se le rappeler», ajoute Mme Olivier. 

Peut-être une suite…

Lorraine Côté a vu Québec, Printemps 1918 à sa création. «J’avais été complètement bouleversée, j’avais adoré ça. À partir de ce moment, je me suis dit qu’il faudrait y revenir un jour», confie celle qui a rassemblé autour du projet des acteurs comme Jack Robitaille, Jacques Leblanc, Patric Saucier, Jean-Michel Déry, Vincent Champoux et Lucien Ratio, notamment. Le metteur en scène Alexandre Fecteau, qui s’est lui aussi montré intéressé au texte, participera ici comme lecteur. 


« C’est vraiment un soulèvement des gens de la Basse-Ville. En Haute-Ville vivaient les avocats, les juges… En bas, c’était les ouvriers qu’on envoyait combattre, qu’on envoyait comme chair à canon »
Lorraine Côté

«Je disais à Anne-Marie et Alexandre que cette lecture pourrait justement susciter de l’intérêt pour remonter la pièce», se réjouit Mme Côté, qui tenait à l’origine à ce que la mise en lecture se tienne à la fin mars, 100 ans jour pour jour après les événements. 

«Mais Anne-Marie Olivier a souligné qu’en changeant de date, on pourrait peut-être le faire dehors. J’ai trouvé que c’était une bonne idée, parce que c’était quand même des rassemblements qui se faisaient à place Jacques-Cartier, à place D’Youville, devant le Manège militaire… Je trouvais que la place de l’Université-du-Québec était super. Il y a déjà une scène, il y a une sorte de décorum», décrit Lorraine Côté, satisfaite de tenir le spectacle dans le quartier Saint-Roch. 

«C’est vraiment un soulèvement des gens de la Basse-Ville. En Haute-Ville vivaient les avocats, les juges… En bas, c’était les ouvriers qu’on envoyait combattre, qu’on envoyait comme chair à canon. C’est là que les gens, spontanément, sans chef ni organisation, se sont réunis là pendant cinq soirs. Et tous les soirs, il y en avait de plus en plus, jusqu’à ce que l’armée débarque…»

La lecture de Québec, Printemps 1918 figure parmi les activités satellites du Carrefour international de théâtre. La programmation complète du festival sera dévoilée mercredi.