Dwayne Johnson en compagnie de Lauren Hashian

Dwayne Johnson récupère sa place d’acteur le mieux payé au monde

LOS ANGELES — Dwayne Johnson, alias «The Rock», a récupéré son titre d’acteur le mieux payé au monde selon le classement dévoilé mercredi par le magazine Forbes, avec 89,4 millions de dollars empochés en douze mois.

L’ancien joueur de football américain devenu star du catch puis acteur était déjà sur la plus haute marche du podium en 2016 avant d’être recalé à la deuxième place ces deux dernières années. En 2019, il est de nouveau l’acteur le mieux payé du monde avec sa fortune amassée entre le 1er juin 2018 et le 1er juin 2019.

L’acteur de 47 ans, spécialisé des films d’action, est notamment la tête d’affiche du film Jumanji: Bienvenue dans la jungle (2017) - dont une suite est attendue - et star des Rapides et dangereux, dont le dernier Rapides et dangereux: Hobbs and Shaw, est sorti ce mois-ci.

«Il est simplement devenu la star la plus prisée du moment», estime Paul Dergarabedian, analyste chez Comscore.

«Et il est toujours en train de travailler -- il est infatigable», poursuit-il.

Pointe à la deuxième place, avec 76,4 millions de dollars, Chris Hemsworth, l’un des nombreux acteurs de ce top 10 à camper un super-héros de l’univers Marvel mis à l’honneur dans le dernier Avengers: phase finale, le film le plus lucratif de tous les temps.

Chris Hemsworth, qui joue Thor, est suivi par Robert Downey Jr. (Iron Man) et ses 66 millions de dollars empochés. Chris Evans, alias Captaine America, est huitième (43,5 millions) tandis que Paul Rudd - Ant-man - s’assoit avec ses 41 millions de dollars à l’avant dernier siège de ce top 10.

À la troisième place du podium figure Bradley Cooper, qui prête sa voix au personnage de Rocket dans le dernier Avengers.

Mais la majorité de ses 57 millions de dollars provient des recettes de son film Une étoile est née, où l’acteur-réalisateur partage l’affiche avec la star de la pop Lady Gaga, selon Forbes.

***

Le top 10 en millions de dollars:

  1. Dwayne Johnson (89,4 millions)
  2. Chris Hemsworth (76,4 millions)
  3. Robert Downey Jr. (66 millions)
  4. Akshay Kumar (65 millions)
  5. Jackie Chan (58 millions)
  6. Bradley Cooper (57 millions)
  7. Adam Sandler (57 millions)
  8. Chris Evans (43.5 millions)
  9. Paul Rudd (41 millions)
  10. Will Smith (35 millions)

Cinéma

«Les Misérables» de Ladj Ly, candidat de la France pour les Oscars

PARIS — «Les Misérables» de Ladj Ly, film coup de poing sur les violences policières dans les banlieues, est le candidat de la France pour l’Oscar du meilleur film international, a annoncé vendredi le Centre national du cinéma (CNC).

Prix du Jury au dernier Festival de Cannes, présenté au dernier Festival de Toronto, «Les Misérables» raconte l’histoire d’une bavure policière dans une cité sensible de Seine-Saint-Denis, département jouxtant Paris, à travers le destin de «Pento» (Damien Bonnard), un flic qui débarque à la brigade anticriminalité de Montfermeil et va se retrouver pris dans une situation qui le dépasse.

Premier long métrage de fiction de Ladj Ly, 39 ans, Les Misérables, qui sortira en France le 20 novembre et dont Amazon a acquis les droits pour les États-Unis, est déjà vendu dans plus d’une cinquantaine de territoires à travers le monde.

La commission chargée de désigner le candidat de la France aux Oscars avait présélectionné en début de semaine trois longs métrages: Les Misérables, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, récit d’une romance interdite entre deux femmes dans un XVIIIe siècle corseté, et Proxima d’Alice Winocour, avec Eva Green en astronaute.

La 92e cérémonie des Oscars aura lieu le 9 février 2020 à Los Angeles.

La course est encore longue pour l’Oscar du meilleur film international: les pays font leur proposition, puis l’Académie des Oscars publie une première liste de films sélectionnés en décembre, avant d’annoncer en janvier la liste définitive des cinq films nommés.

La France n’a pas remporté l’Oscar du meilleur film étranger depuis 1993. Elle avait alors été récompensée pour «Indochine» de Régis Wargnier, avec Catherine Deneuve.

La statuette avait été remportée aux derniers Oscars par Roma d’Alfonso Cuaron.

Musique

Postes Canada dévoile trois timbres qui célèbrent la vie de Leonard Cohen

MONTRÉAL — Postes Canada a lancé un nouvel ensemble de timbres rendant hommage au regretté chanteur Leonard Cohen.

Cet ensemble composé de trois timbres, qui célèbre la vie et l'oeuvre de l'artiste né à Montréal, a été dévoilé vendredi après-midi lors d'un événement organisé au Musée des beaux-arts de Montréal.

Leonard Cohen s'est éteint le 7 novembre 2016 à l'âge de 82 ans.

Les timbres montrent le chanteur dans trois positions différentes: accroupi, debout et assis. Ils reproduisent trois photographies prises à trois moments différents de sa vie. Le nom de Cohen est inscrit en gros sur chacun des timbres.

Selon la firme montréalaise Paprika, qui a conçu les timbres, ce lettrage symbolise «l'étendue de son oeuvre, mais aussi l'homme lui-même, qui était plus grand que nature». En raison de la nature posthume de l'hommage, les photos ont été tirées en noir et blanc.

«Nous voulions créer une séquence cohérente et intemporelle qui représenterait toute la carrière de Leonard Cohen. Nous avons choisi de représenter trois moments différents de sa carrière», a expliqué Raymond Lanctôt, directeur artistique chez Paprika.

L'image des timbres a été gardée secrète jusqu'au dévoilement de vendredi, qui s'est déroulé tout près de la grande murale représentant l'auteur-compositeur-interprète sur la rue Crescent, au centre-ville de Montréal.

M. Lanctôt raconte qu'il n'avait qu'une chose en tête au moment de concevoir la série de timbres. «C'est une question de se souvenir de qui il était», souligne-t-il.

Postes Canada a indiqué qu'elle produirait quatre millions d'exemplaires des timbres, ce qui, à son avis, suffira pour répondre à la demande des amateurs et des collectionneurs du monde entier.

Le public pourra se procurer ces timbres à partir de samedi, ce qui aurait été le 85e anniversaire de naissance de Leonard Cohen. Postes Canada organisera un événement spécial dans un bureau de poste du centre-ville de Montréal.

Jim Phillips, directeur des Timbres et services connexes à Postes Canada, mentionne que la société d'État a travaillé en étroite collaboration avec la famille et la succession du chanteur pour s'assurer que les timbres rendent un hommage approprié. Le projet a été approuvé par Postes Canada il y a deux ans.

«Beaucoup de ces timbres serviront. Je crois que Leonard en aurait été heureux, dit-il. Mais des admirateurs vont les conserver. Ils n'y toucheront plus. Ils seront aussi prisés par les philatélistes.»

Cinéma

«Antigone» de Sophie Deraspe choisi pour représenter le Canada aux Oscars

MONTRÉAL — «Antigone», de Sophie Deraspe, a été choisi pour représenter le Canada dans la course à l'Oscar du meilleur film international.

Le long métrage a été sélectionné parmi 16 films soumis au comité.

Inspiré de la tragédie de Sophocle, le film raconte l’histoire du personnage titre, qui, en aidant son frère à s’évader de prison, confronte les autorités: la police, le système judiciaire et pénal ainsi que le père de son petit ami.

Le film met en vedette Nahéma Ricci, Nour Belkhiria, Rachida Oussaada, Antoine Desrochers, Rawad El-Zein, Paul Doucet, Hakim Brahimi, Jean-Sébastien Courchesne et Benoit Gouin.

«Antigone» a déjà permis à Sophie Deraspe de remporter le prix du meilleur film canadien au dernier Festival international du film de Toronto.

La réalisatrice devra maintenant attendre jusqu’au 16 décembre pour savoir si son film fera partie de la courte liste de 10 longs métrages choisis parmi l’ensemble des films reçus par l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences. Parmi cette liste, cinq titres seront officiellement mis en nomination le 13 janvier 2020.

Selon Téléfilm Canada, 61 pays ont déjà soumis leur candidature pour le meilleur film international.

La 92e soirée des Oscars aura lieu le 9 février prochain.

Le film Antigone prendra l’affiche au Québec en novembre.

Théâtre

«Le cercle de craie caucasien» : Combattante de la bonté

CRITIQUE / Deux ans et demi après y avoir dépoussiéré «Le songe d’une nuit d’été» de Shakespeare, Olivier Normand est de retour au Trident pour s’attaquer à la pièce phare du maître allemand Bertolt Brecht, «Le cercle de craie caucasien». Encore une fois, le metteur en scène ne s’est pas gêné pour secouer les puces d’un classique, actualisé de percussive manière.

Écrit en 1945, Le cercle de craie caucasien offre une réflexion sur la bonté, l’engagement et le sens du devoir à travers une question : à qui appartiennent les choses, les lieux ou même — dans une certaine mesure… — les gens? À ceux qui croient mériter leur dû où à ceux qui s’investissent pour le préserver et le rendre meilleur?

Arts

Des lettres de Marcel Proust bientôt aux enchères

PARIS — Des lettres de Marcel Proust, dont des missives exceptionnelles montrant comment l’écrivain fit campagne pour être publié et recevoir le prix Goncourt, seront mises à l’encan à Paris le 7 octobre par la maison Christie’s.

Cette vente intervient alors que l’on célèbre le 100e anniversaire de l’attribution du prix Goncourt au célèbre écrivain.

Clou de la vente (qui comprendra au total près de 75 lots pour une estimation totale d’environ un million d’euros), un ensemble de 16 lettres adressées par Marcel Proust à son ami René Blum, alors secrétaire général du quotidien Gil Blas, très bien introduit dans le monde de l’édition.

Datant de 1913 à 1916, ces lettres (estimées entre 200 000 et 300 000 euros) rassemblent plus de 90 pages. Dans la première, de février 1913, Proust demande à son ami de soumettre Du côté de chez Swann, premier volume d’À la recherche du temps perdu, à l’éditeur Bernard Grasset, pour le publier à compte d’auteur.

Pour être sûr que le livre sera publié comme il l’entend, l’écrivain propose de payer lui-même l’édition.

«Si M. Grasset édite le livre à ses frais, il va le lire, me faire attendre, me proposer des changements, de faire des petits volumes, etc...», explique Proust pour justifier son choix de publier le livre à ses frais et donc à ses conditions.

En février 1913, alors que le contrat d’édition n’est même pas signé, Proust envisage déjà de soumettre son roman à des prix littéraires.

«Si cela pouvait faire plaisir à M. Grasset, je pourrais le présenter à un prix Goncourt quelconque je dis cela un peu au hasard, car je ne sais pas très bien ce que c’est que le prix Goncourt», écrit Proust à son ami.

Fou de reconnaissance

René Blum parviendra à convaincre Bernard Grasset de publier le premier volume de la Recherche. Marcel Proust est fou de reconnaissance. «Cher René Blum il faut absolument que vous me demandiez un service quelconque, car vous me ferez bien plaisir», s’exclame-t-il.

Dans plusieurs lettres, Proust n’hésite pas à solliciter des amis proches des cercles littéraires (Jean Cocteau, Lucien Daudet, Louis de Robert...) pour lui assurer la publicité de son livre.

Quand la NRF (la maison d’édition de Gallimard) montre de l’intérêt pour le publier, Proust sollicite de nouveau René Blum pour l’aider à se défaire de ses obligations contractuelles envers Grasset.

On connaît la suite de l’histoire. En octobre 1917, Gaston Gallimard rachète à Grasset les quelque deux cents exemplaires de Du côté de chez Swann qui n’ont pas été vendus. Il les revêt d’une couverture NRF avant de les remettre en vente.

Les rééditions par Gallimard de Du côté de chez Swann et À l’ombre des jeunes filles en fleurs seront toutes deux mises en vente après la guerre en juin 1919.

C’est un coup gagnant pour la maison Gallimard. Le 10 décembre 1919, Marcel Proust reçoit le 17e prix Goncourt pour À l’ombre des jeunes filles en fleurs, deuxième volet d’À la recherche du temps perdu, face au grand favori Roland Dorgelès.

Un exemplaire original d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, comportant un envoi autographe au critique et poète Henri Ghéon, sera également mis en vente par Christie’s (8000/12 000 euros).

La maison proposera également une édition de luxe avec ses deux «placards» (jeu d’épreuves) d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs (80 000/120 000 euros) provenant de la collection du pianiste Alfred Cortot (1877-1962).

Parmi les autres lots proposés aux enchères à l’occasion de cette vente de livres rares et manuscrits, on trouve une édition originale de Champfleury (1529), pierre angulaire de l’histoire de la typographie et de la langue française, estimée entre 40 000 et 60 000 euros.

Les collectionneurs se disputeront sans doute une édition du Chef-d’oeuvre inconnu de Balzac illustré de douze eaux-fortes originales de Picasso (40 000/60 000 euros).

La vente comportera également un ensemble de dessins originaux d’Antoine de Saint-Exupéry liés au Petit Prince (40 000/50 000 euros).

Cinéma

Le film de la semaine: Downton Abbey ***

CRITIQUE / Il est courant, ces dernières années, qu’un film engendre une série télévisée. L’inverse est plus rare. Et pas toujours avec bonheur. Parce qu’on peut difficilement condenser, dans un long métrage, la multitude d’intrigues et de personnages qui peuplent un récit qui se développe sur la durée. C’est le principal défaut, et aussi la plus grande qualité de Downton Abbey.

Plus de 100 millions de spectateurs dans le monde ayant vu la série de six saisons de Julian Fellowes , pas besoin d’être Einstein pour élaborer un scénario. Suffit de donner aux aficionados ce qu’ils désirent : tous leurs personnages favoris.

Le récit principal devient alors très secondaire, un prétexte pour mettre en place de minces intrigues concernant la famille Crowley, les aristocrates qui règnent sur Downton Abbey, et leurs domestiques. 

Car le splendide domaine n’a plus le faste d’antan et ses propriétaires doivent composer avec leurs petites misères : une fortune un peu moindre et donc moins de personnel, un toit à réparer, une fournaise capricieuse... 

Des sources potentielles d’embarras quand le roi et la reine s’invitent à souper! Mais on peut compter sur les gens de la haute et leurs employés pour se serrer les coudes lorsque l’honneur de la maison est en jeu. C’était vrai en 1927 et ça l’est probablement encore pour les gardiens de la tradition en Angleterre.

En fait, on a vraiment l’impression d’assister à un épisode télé de deux heures. Ce qui n’est guère surprenant puisqu’il a été scénarisé par Fellowes. Ne voulant sacrifier aucun des favoris du public, l’action se déroule sans véritable enjeu dramatique. Chacun a le droit à ses cinq minutes de gloire…

Certains un petit peu plus, comme Lady Violet (Maggie Smith), la comtesse douairière. Notre Machiavel en dentelles manigance pour qu’un héritage tombe dans la besace de son fils, Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville). Au grand désespoir de Lady Merton (Penelope Wilton), sa contrepartie humaniste.

Les passes d’armes entre les deux femmes sont toujours aussi savoureuses, de même que leur humour corrosif, qui contrebalance le ton bon enfant du récit. 

Ce film d’époque à grand déploiement est nappé d’une musique à l’avenant, avec force violons, et d’amples mouvements de caméra — l’intérieur immense de Dowton Abbey, et son colossal escalier s’y prêtent bien. 

Michael Engler ayant passé sa carrière à la télévision américaine, il ne fallait pas s’attendre à beaucoup d’idées cinématographiques de sa part. Le réalisateur s’est effacé devant son sujet alors qu’il aurait pu jouer plus fortement de la division des classes entre le sang bleu et ceux qui les servent. Mais ça aurait fait mauvais genre...

Évidemment, tout est bien qui finit bien, le drame historique réussissant du surcroît le tour de force de réconcilier monarchistes et républicains!

Bref, ceux qui ont adoré la série vont être ravis même si le film n’apporte strictement rien de plus. Ceux qui ne la connaissent pas ne manqueront rien en passant outre.

Télé et radio

Des Canadiens à surveiller au gala des Emmy de dimanche

TORONTO — La réputation du Canada n'est plus à faire quand il est question de produire des talents comiques reconnus partout sur la planète, et plusieurs de ces talents seront mis en évidence, dimanche à Los Angeles, au gala des prix Emmy.

Plusieurs artistes canadiens y sont finalistes pour leur humour, grâce à des émissions comme Schitt's Creek, Barry, Full Frontal with Samantha Bee, The Late Show with Stephen Colbert et Saturday Night Live.

Le pays est également représenté dans des catégories dramatiques, avec Jean-Marc Vallée pour Sharp Objects et Sandra Oh pour Killing Eve.

Quelques Canadiens ont déjà mis la main sur des trophées lors des galas des artisans du weekend dernier, incluant le créateur de Saturday Night Live Lorne Michaels, qui a grandi à Toronto.

Luke Kirby, né à Hamilton, l'a emporté dans la catégorie «acteur invité» pour son interprétation de l'humoriste Lenny Bruce dans The Marvelous Mrs. Maisel. La Néo-Écossaise Paula Fairfield a partagé un prix pour le montage sonore de Game of Thrones, tandis qu'un trio de Canadiens — Elisabeth Williams, Martha Sparrow et Robert Hepburn — a gagné un trophée pour les décors de The Handmaid's Tale.

Coup d'œil sur les finalistes canadiens au gala de dimanche.

Les chances de Sharp Objects

Le thriller psychologique de HBO, qui a été réalisé et coproduit par Jean-Marc Vallée, a obtenu huit nominations, mais en a déjà perdu cinq le weekend dernier. Dimanche, il pourrait notamment être primé dans la catégorie de la meilleure minisérie, un prix qui irait à la compagnie du Québécois, Crazyrose Productions.

Amy Adams, qui tient le rôle d'une journaliste alcoolique qui enquête sur de mystérieux meurtres dans sa ville natale, est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice dans une minisérie ou un téléfilm. Patricia Clarkson, qui interprète sa mère, est finaliste comme actrice de soutien.

Des honneurs pour la famille Rose

Une reconnaissance internationale pour l'excentrique famille Rose de la comédie télévisée ontarienne Schitt's Creek s'est révélée payante cette année, en permettant à l'émission de CBC — aussi diffusée sur la chaine Pop TV aux États-Unis — d'obtenir plusieurs nominations.

L'émission, créée par le duo père-fils Eugene et Daniel Levy, est en lice dans la catégorie de la meilleure comédie télévisée. Eugene Levy, qui est né à Hamilton, est aussi nommé pour son rôle du patriarche Johnny Rose, tandis que la Torontoise Catherine O'Hara pourrait gagner pour le rôle de son épouse, Moira Rose.

L'émission était aussi nommée pour ses costumes, mais a perdu dans cette catégorie le weekend dernier.

Deuxième essai pour Sandra Oh

Il s'agit de la deuxième année consécutive où l'actrice originaire d'Ottawa est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice dans une série dramatique pour Killing Eve, diffusée sur les ondes de Bravo au Canada et de BBC America. L'an dernier, elle avait perdu aux mains de Claire Foy de la série The Queen.

Dans Killing Eve, Sandra Oh tient le rôle d'une agente du MI5 déterminée à arrêter une femme assassin, interprétée par Jodie Comer, qui est nommée dans la même catégorie cette année.

Sandra Oh était aussi nommée pour l'Emmy de la meilleure actrice invitée dans une série comique pour l'animation de Saturday Night Live, mais ce trophée a été remis à Jane Lynch le weekend dernier pour son rôle de Sophie Lennon dans The Marvelous Mrs. Maisel.

Grosse soirée pour une actrice de Barry

La comédie noire de HBO qui met en vedette Bill Hader dans la peau d'un tueur à gages/aspirant acteur est en lice pour plusieurs prix, dont un qui pourrait aller à la Vancouvéroise Sarah Goldberg. Elle est nommée dans la catégorie de la meilleure actrice de soutien dans une série comique pour son rôle de Sally Reed, qui étudie le théâtre avec Barry.

Il s'agit d'une première nomination pour Sarah Goldberg, qui a surtout fait carrière sur scène, avec des rôles à Broadway et au West End de Londres, où elle a été nommée pour un prix Olivier pour son rôle dans Clybourne Park.

Reconnaissance pour Samantha Bee

L'émission Full Frontal with Samantha Bee, animée par la Torontoise du titre, obtient des nominations aux Emmy depuis son entrée en ondes, en 2016. Dimanche, elle est en lice pour deux trophées: meilleurs scénaristes pour une émission de variétés et meilleure émission de variétés.

Samantha Bee est directement nommée dans la catégorie scénaristique, tout comme d'autres Canadiens : le Montréalais Barry Julien, qui écrit pour The Late Show with Stephen Colbert, et Lorne Michaels pour Saturday Night Live.

Livres

Parution d'un roman inédit (et inachevé) de Françoise Sagan

PARIS — Un roman inédit et resté inachevé de Françoise Sagan, «Les quatre coins du coeur» sort en librairie jeudi près de quinze ans après la mort de l'auteure de «Bonjour tristesse».

Publié chez Plon, Les quatre coins du cœur n'avait pas été annoncé dans le programme de l'éditeur qui entend profiter de ce «coup» éditorial avec un tirage exceptionnel de 70 000 exemplaires.

Le petit monde de l'édition avait bruissé ces derniers mois de rumeurs autour de la sortie d'un ouvrage inédit d'un auteur décédé. Quelques magazines avaient évoqué pour ce livre-mystère un tirage faramineux (et improbable) de 250 000 exemplaires

On retrouve dans le roman signé Françoise Sagan le style distancié et sarcastique qui fait le charme de son œuvre. Mais on reste aussi sur sa faim. Le roman garde un gout d'inachevé.

Les personnages et les décors apparaissent un peu surannés. Fils d'un riche industriel tourangeau ayant fait fortune dans les légumes, Ludovic Cresson est victime d'un terrible accident de voiture (on pense évidemment à celui qui a failli couter la vie à la romancière en avril 1957). Avant l'accident, son couple battait déjà de l'aile. Marie-Laure, son épouse «sophistiquée et sans culture» dédaigne cet homme diminué. La mère de Marie-Laure, Fanny (dont le mari Quentin est mort dans un accident d'avion) n'est pas insensible au charme de son gendre...

C'est Denis Westhoff, le fils de la romancière, qui signe la préface de l'ouvrage.

Il raconte avoir découvert le manuscrit de ce roman presque par «miracle» après la mort de sa mère en 2004 étant donné que tous les biens de la romancière avaient été «saisis, vendus, donnés ou acquis de manière douteuse». L'ouvrage, en deux volumes "dactylographiés, avait été tellement photocopié que le contour des lettres n'était plus tout à fait net», ajoute le fils de la romancière.

«Le texte m'avait confondu par son écriture violemment saganesques, son caractère parfois impudent, sa tonalité si baroque et le rocambolesque de certaines péripéties», met en avant Denis Westhoff qui reconnait aussi avoir retouché l'ouvrage.

Le manuscrit était «privé de certains mots, parfois même de passages entiers», se justifie-t-il pour expliquer ses interventions. Denis Westhoff indique avoir apporté «les corrections qui [lui] semblaient nécessaires en prenant soin de ne pas toucher au style, ni au ton du roman».

Le texte s'achève sur le début d'une grande soirée où l'on suppose que les masques pourraient tomber. Mais on ne le saura jamais.

Télé

Les choix télé de Richard Therrien

Vendredi: Pour emporter, ICI ARTV, 20h.

Le Dr Richard Béliveau déboulonne certains mythes sur le professeur Tournesol, les hot-dogs et l’entretien des motos.

Samedi: Cette année-là, Télé-Québec, 20h. 

Marc Labrèche revisite l’année 1984 avec Guillaume Lemay-Thivierge et Sylvie Léonard.

Dimanche: Tout le monde en parle, ICI TÉLÉ, 20h.

Invités: Bianca Andreescu, Xavier Dolan, Geneviève Schmidt, Michel Charette, Jagmeet Singh et Yves-François Blanchet.

Sortir

Sortir à Québec : trois parcours dans la ville

Jouer aux touristes

On réserve souvent les visites guidées pour les voyages à l’étranger, avides que nous sommes de ne rien manquer dans les villes que nous visitons pour la première fois. Découvrir sa propre ville avec un guide est toutefois tout aussi — voire plus — enrichissant, puisqu’on apprend l’histoire et les secrets de lieux accessibles au quotidien. Samedi, à l’occasion de la Journée internationale de la solidarité des villes du patrimoine mondial, une vingtaine de membres de l’Association des guides de Québec piloteront de petits groupes de citoyens sur un circuit de deux kilomètres de la redoute Dauphine au monastère des Augustines. Il reste des places pour les groupes de 9h30 et de 10h30.

Inscriptions au agtq.org.

Cinéma

Louis Bélanger: jeunesse et crime désorganisé

Vivre à 100 milles à l’heure, le dernier film de Louis Bélanger, s’ouvre sur un flash qu’il avait eu, sur la route vers Montréal, il y a cinq ans, après avoir été intronisé au «Hall of Fame» de la polyvalente de Charlesbourg. Le cinéaste s’est revu faire son discours, embelli pour les besoins du décorum et expurgé de quelques épisodes peu glorieux.

«Non, mais ça prend-tu un plein de marde, s’est-il alors dit. Si le monde savait mon parcours et tout ce que j’ai pu faire ici...»

Musique

Le rappeur engagé Dave remporte le prix Mercury

LONDRES — Le rappeur engagé Dave, 21 ans, a remporté jeudi soir à Londres le prestigieux prix Mercury, avec son album «Psychodrama», qui explore l'identité noire et dénonce le racisme institutionnalisé.

«Je ne sais pas quoi dire, je veux d'abord inviter ma mère à monter sur scène», a déclaré le chanteur sud-londonien, vêtu d'un survêtement, après avoir interprété son émouvant titre Psycho sur la célèbre scène de la salle de concert Eventim Apollo Hammersmith.

«Je veux remercier mon frère Christopher [emprisonné en 2013] qui a inspiré cet album, c'est ton histoire ici», a-t-il ajouté.

Créé en 1992, le prix Mercury consacre le meilleur album britannique ou irlandais des douze derniers mois. Il s'accompagne d'une récompense de 25 000 livres (41 000 dollars canadien) et propulse généralement les ventes de l'album distingué.

«C'est un grand compliment. C'est sûrement le plus beau jour de la vie de ma mère», a plaisanté Dave lors d'une conférence de presse. «Tout ça est bien plus grand que moi, tous ces mois de travail, tous ces gens en coulisses», a-t-il souligné.

Psychodrama est une plongée dans le lourd héritage de la communauté noire, mais aussi une célébration de son identité. «Noir est bien plus profond qu'être africain-américain [...] on avait de vraies reines», chante Dave dans son titre Black. «Plus la baie est noire, plus le jus est sucré. Un enfant meurt, plus le tueur est noir, plus la nouvelle est sucrée», poursuit-il.

Psychodrama est un album «de courage et d'honnêteté, simplement exceptionnel», a salué la DJ et membre du jury Annie Mac, au moment de remettre le prix.

Climat, BoJo et saltos enragés

Dave n'était pas le seul artiste révolté à avoir pris le micro pour ce prix Mercury.

La cérémonie s'est ouverte avec le groupe de rock anglais Foals et leur album Everything not saved will be lost - Part 1, présenté par l'hôte de la soirée, Lauren Laverne, comme «une bande-son au drame du changement climatique».

A suivi sur scène l'Anglaise Anna Calvi. Son album Hunter explore les notions de genre pour «se libérer du patriarcat». L'interprète-guitariste, à la voix puissante et les yeux maquillés de noir, a terminé sa chanson Don't beat the girl out of my boy à genoux, sous les applaudissements du public.

Mais la salle s'est vraiment enflammée avec le phénomène montant du rap anglais Slowthai, 24 ans, et son album Nothing Great about Britain. «Il n'y a rien de grand en Grande-Bretagne», a répété comme un credo l'artiste au flow piquant, critique et blasé. Cet Anglais, originaire des Midlands, en a aussi profité pour insulter le premier ministre britannique Boris Johnson, en brandissant un masque à son effigie.

C'est donc devant un public chauffé à bloc que le groupe punk Idles a défendu son album Joy as an Act of Resistance, la masculinité toxique, celle qui force les hommes à «boire», à «ne pas pleurer».

Son chanteur principal Joe Talbot, 34 ans, les cheveux teints en rose, a ponctué sa performance en frappant rageusement du pied. «J'étais l'un de ces gars quand j'étais plus jeune, [coincé] dans un putain de bocal à poissons, qui voulait s'échapper», racontait cet ancien alcoolique dans une interview au Guardian en 2018. Avec la musique, «c'est important d'essayer d'éduquer».

On retiendra aussi le show étonnant de Black Midi pour leur titre bmbmbm (album Schlagenheim) : jets de guitare, salto raté, le tout sur de la musique rock quasi psychédélique, pour la plus grande joie du public.

Sont également montés sur scène: les punks irlandais Fontaines DC (Dogrel) qui dénoncent la gentrification de Dublin, Little Simz (Grey Area) qui critique le monde cloisonné du rap masculin, mais aussi Cate Le Bon (Reward), Nao (Saturn) et SEED Ensemble (Driftglass). Le groupe The 1975 (A Brief Inquiry into Online Relationships) était en revanche absent.

Livres

Snowden a écrit son livre avec l'aide d'un romancier

PARIS — Le lanceur d'alerte américain Edward Snowden a travaillé «pendant de longs mois» avec le romancier Joshua Cohen pour écrire son livre «Mémoires vives» qui vient de paraitre dans une vingtaine de pays, a-t-on appris jeudi auprès de l'éditeur français du romancier.

«Joshua Cohen, l'auteur de David King s'occupe de tout a travaillé pendant de longs mois dans le secret absolu avec Edward Snowden pour écrire son livre Mémoires vives», ont indiqué les éditions Grasset à l'AFP confirmant ainsi une information publiée par The New Republic.

Dans son dernier numéro, le bimensuel américain a révélé que l'ancien employé de l'agence américaine de renseignement NSA a écrit ses mémoires «avec l'aide d'un romancier». Selon le magazine, l'auteur de David King s'occupe de tout a voyagé en Russie «au cours des huit derniers mois pour aider Snowden à organiser et à améliorer son récit».

Au début de son livre, Edward Snowden remercie Joshua Cohen.

Il n'est pas rare que des personnalités fassent appel à des écrivains reconnus pour les aider à tenir leur plume. «Snowden et Cohen sont tous deux obsédés par la façon dont la technologie s'est transformée et a transformé la société», explique The New Republic.

Joshua Cohen, 39 ans, a publié onze livres depuis 2005 (dont trois traduits en français). D'origine ukrainienne et hongroise, pétri d'influences européennes (Joyce, Beckett, Kafka) et de littérature juive (Bellow, Agnon, Celan, Yoel Hoffmann), Joshua Cohen fait partie des meilleurs auteurs américains de la décennie selon le magazine littéraire américain Granta.

Dans un de ses livres (non traduit en français), Book of numbers, Joshua Cohen racontait l'histoire d'un écrivain nommé Joshua Cohen chargé d'écrire l'autobiographie d'un milliardaire des nouvelles technologies nommé... Joshua Cohen.

Son dernier roman publié en français, à l'occasion de la rentrée littéraire, David King s'occupe de tout s'intéresse à la crise des subprimes, la crise du logement, le recouvrement des dettes...

Publié en français au Seuil Mémoires vives raconte l'histoire d'Edward Snowden et les raisons qui l'ont poussé en 2013 à transmettre des dizaines de milliers de documents secrets à plusieurs médias, révélant au passage l'existence d'un système de surveillance mondiale des communications et d'internet opérée par la NSA.

Inculpé aux États-Unis pour espionnage et vols de secrets d'État, privé de passeport, Edward Snowden réside en Russie où son permis de séjour a été reconduit jusqu'en 2020.

Il a demandé la protection de plus de vingt pays, dont la France et l'Allemagne, refusée pour une raison ou une autre.

Cinéma

«Le cygne de cristal»: Le rêve américain *** 1/2

CRITIQUE / La présence du «Cygne de cristal» en compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec n’est pas fortuite. La comédie dramatique de Darya Zhuk dépeint avec justesse et humour les aspirations d’une certaine jeunesse éprise de liberté qui rêve de l’Amérique dans la Biélorussie postcommuniste. Un bienvenue dépaysement !

Cette jeunesse est incarnée par Velya (Alina Nasibullina), une DJ de Minsk qui espère faire fortune aux États-Unis. Encore faut-il réussir à sortir du pays. Ce qui n’a rien d’évident en 1996.

Cinéma

Alina Nasibullina: Signe des temps

À l’ère soviétique, on expédiait les dissidents au goulag. Il y a 10 ans, Alina Nasibullina a fait le chemin inverse, de sa Sibérie natale à Moscou. La jeune femme s’est inscrite à une prestigieuse école d’art en interprétation. «Le cygne de cristal», film qui fait la tournée des festivals et a représenté la Biélorussie aux Oscars l’an dernier, lui donne l’occasion d’acquérir une renommée qui dépasse les frontières de la Russie. Le Soleil a rencontré la charmante actrice lors de son passage au Festival de cinéma de la ville de Québec.

La petite brunette de 29 ans affiche un air décontracté, fumant une cigarette sur le parvis de l’hôtel. La simplicité demeure une fois installée à une table pour l’entrevue. Yeux rieurs à peine maquillés, kangourou noir et jupe de jeans, cette décontraction n’affecte pas son charisme, le même qu’elle affiche en se glissant dans le rôle de la pétillante Velya dans le décapant premier long métrage de Darya Zhuk.

Cinéma

Safy Nebbou: Une femme peut en cacher une autre

Le vol d’identité est dans l’air du temps, mais celui de «Celle que vous croyez» s’avère particulier. Pour épier son amant moins âgé, une universitaire de 50 ans se crée un faux profil de jeune femme sur les réseaux sociaux. Ce qui commence comme un jeu va prendre une dimension plus sérieuse — et dramatique — lorsqu’elle tombe virtuellement en amour du meilleur ami de son copain.

Safy Nebbou (Dans les forêts de Sibérie) met en scène un mélange de drame sentimental et de suspense sur les variations vérité/mensonge, porté avec sa grâce habituelle par une Juliette Binoche à fleur de peau. Le Soleil l’a rejoint en Grèce, où il séjournait en vacances, pour discuter de ces «Liaisons dangereuses 2.0».

Cinéma

«Fourmi»: la fierté de son père ***

CRITIQUE / «Fourmi» présente le genre d’histoire qui fait rêver bien des enfants. Le talent de Théo (Maleaume Paquin) est remarqué par un recruteur de l’Arsenal — l’équivalent au foot des Canadiens au hockey. Son père Laurent (François Damiens), chômeur alcoolique, y voit la chance d’obtenir un nouveau départ...

À 13 ans, Théo aimerait bien voir son père plus souvent. Mais c’est sa mère Chloé (Ludivine Sagnier) qui a la garde à temps plein. Parce que Laurent a baissé les bras après la fermeture de l’usine, dans un village avec une majorité d’oisifs. Ses comportements d’énergumène, surtout sur les abords du terrain, exaspèrent tout le monde — Théo compris.

Musique

Hubert Lenoir joue au vampire dans un nouveau clip

Hubert Lenoir renoue avec l’anglais sur «hunny bunny», nouvelle chanson dévoilée jeudi et fruit de la collaboration entre l’auteur-compositeur-interprète de Québec et le musicien australien Kirin J Callinan.

Décrite comme «low key dance track aux influences de late 90’s avec une micro touche de fusion jazz», la pièce est accompagnée d’un clip réalisé par Gabriel Lapointe et Noémie D. Leclerc. Tournée dans les rues et un skatepark de Québec, la vidéo donne l’occasion à Hubert Lenoir de jouer au vampire se nourrissant du sang des copains qui se cassent la gueule en skate.

Et quant à ceux qui s’inquiètent de ce retour à la langue de The Seasons, le chanteur les a rassurés dans un communiqué : «j’ai des chansons en français qui s’en viennent aussi bientôt, si jamais y’en a qui freakent, ben freakez pas plz»...

Cinéma

FCVQ : les grands honneurs pour «Kuessipan»

Le très beau «Kuessipan» de Myriam Verreault a obtenu le grand prix de la compétition au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

Le long métrage suit la trajectoire commune de deux jeunes Innues, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte, alors qu’elles doivent destiner de leur futur respectif. Tourné à Sept-Îles, Kuessipan reçoit des accolades depuis sa présentation en première mondiale au festival de Toronto (TIFF).

Musique

Céline Dion rayonne à Québec [PHOTOS]

CRITIQUE / Tout juste sortie d’une résidence de spectacles à Las Vegas qui aura duré 16 ans et trois ans après son dernier passage au Centre Vidéotron, une Céline Dion rayonnante a lancé mercredi à Québec sa tournée mondiale «Courage», la première entièrement conçue sans son grand complice, René Angélil, décédé au début 2016.

«C’est la première fois que je m’implique autant dans la création d’un spectacle. Avant, j’avais un partenaire qui était pas pire là-dedans. Ce soir, j’aimerais tellement ça qu’il soit fier de moi et de toute l’équipe autour», a déclaré la vedette. Celle-ci s’est avouée nerveuse et s’est souvent montrée émue lors de cette première, présentée après deux semaines de répétitions à l’amphithéâtre, aussi bondé qu’enthousiaste pour ce nouveau rendez-vous. 

«C’est presque devenu une tradition de commencer une tournée ici. Ce n’est pas vraiment une superstition, c’est parce que ça commence bien! On a vécu ensemble de grandes émotions et de beaux souvenirs. Je ne sais pas vous autres, mais moi, ils sont toujours présents ici», a aussi confié la diva en montrant son cœur. 

Avec trois nouveaux extraits de l’album Courage attendu le 15 novembre dévoilés le matin même — dont Lying Down et la pièce-titre (victime d’un faux départ mercredi soir) —, Céline Dion avait du neuf à offrir à ses fans. En français et en anglais, elle n’a pas non plus été avare de ses succès. Bien loin de là. 

Dans une forme éclatante (la vidéo nous montrant ses prouesses de ballerine a de quoi impressionner), la chanteuse a offert une prestation vocale sans faille. Si le sportif «anymore!» du succès All By Myself s’est mérité une assourdissante ovation, l’ensemble du programme de près de deux heures et construit en multiples facettes a de nouveau prouvé à quel point Céline est une pro et combien la machine scénique sur laquelle elle règne (14 musiciens et trois choristes sous la direction de Scott Price) peut s’avérer redoutable. Qu’on adhère ou pas au personnage ou à son répertoire, il faut une bonne dose de mauvaise foi pour le nier.

Tantôt solennelle (dans Encore un soir, S’il suffisait d’aimer ou L’amour existe encore, où les cordes ont été mises à contribution), tantôt enlevante (avec I’m Alive, qui rate rarement son effet ou cette Regarde moi bien cuivrée), tantôt plus sensuelle (dans la bien nommée Tous les blues sont écrits pour toi), tantôt party animal (dans un medley dansant incluant la nouvelle Flying on My Own à un bouquet de reprises, dont Another One Bites the Dust de Queen et Kiss de Prince), Céline n’a pas ménagé ses munitions. Rien pour décevoir ses admirateurs, qui se sont manifestés de bruyante manière. 

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Théâtre

«Lentement la beauté»: le sens de la vie

CRITIQUE / Michel Nadeau, le directeur artistique de la Bordée, a vu juste en ouvrant la 43e saison du théâtre avec une reprise de «Lentement la beauté». Sa pièce — texte et mise en scène — n’a pas pris une ride, bien au contraire. Dans un contexte où le rythme de la vie s’accélère sans cesse, prendre le temps de réfléchir au sens de celle-ci ne s’avère pas un luxe, mais bien une nécessité, suggère-t-il. Une proposition accueillie par un tonnerre d’applaudissements mercredi soir.

Déjà, à l’époque, la pièce a reçu les accolades du public et de la critique. Elle s’attarde à la crise existentielle d’un homme de 47 ans, mais Michel Nadeau a eu le flair d’en faire une comédie dramatique. Les traits d’humour, nombreux, permettent d’éviter que le propos devienne trop lourd. Le dramaturge a un peu modifié le texte pour l’actualiser, avec des références à Netflix, à Ricardo, etc.

Le récit s’intéresse à la vie rangée de M. L’Homme (Hughes Frenette). Le père de famille et fonctionnaire de carrière empêtré dans sa routine aura un choc lorsqu’il assiste, un peu par hasard, à une représentation des Trois sœurs de Tchekhov.

La célèbre pièce du dramaturge russe agit comme un effet miroir. M. L’Homme se demande s’il devient bien ce qu’il a voulu. Alors qu’il traîne son spleen comme un boulet, les réflexions de Tchekhov envahissent peu à peu son esprit et l’entraînent à poser un regard plus attentif sur la beauté qui l’entoure — d’où le titre. Des effets de ralenti et de répétition réussissent à concrétiser l’idée de lenteur.

La pièce se sert ici très efficacement de la mise en abîme — le théâtre dans le théâtre. Des extraits des Trois sœurs viennent s’immiscer dans la représentation, dans un habile aller-retour entre la «supposée» réalité et la fiction. 

Un dispositif scénique simple — une façade (grise, bien sûr), percée de fenêtres et munie de deux portes — permet à la distribution d’évoluer avec aisance. 

Jeu tout en finesse

Car on peut souligner la pertinence du propos, l’efficacité des dialogues et de la mise en scène autant qu’on veut, reste que le succès de cette nouvelle version repose aussi beaucoup sur l’interprétation tout en finesse d’Hughes Frenette, notamment dans l’utilisation du langage non verbal. 

Saluons également la polyvalence de Charles-Étienne Baulne, Claude Breton-Boivin, Véronika Makdissi-Warren, Marc-Antoine Marceau et Nathalie Séguin qui défendent tous plusieurs rôles avec brio.

Malgré les transitions rapides qui créent en un effet de dynamisme, la pièce souffre de quelques temps morts. Certaines scènes, avec le fils et la fille de M. L’Homme, par exemple, s’avèrent superflues.

Les cyniques pourront voir un certain paternalisme dans le propos — le dramaturge devrait leur répondre que quand le sage désigne la Lune, l’idiot regarde le doigt...

Au fond, la pièce de Nadeau propose au spectateur de prendre le temps de profiter du moment présent parce que «la vie nous coule entre les doigts», justement. 

Aussi bien en profiter pour aller voir Lentement la beauté. 

Lentement la beauté est présentée à la Bordée jusqu’au 12 octobre.

Cinéma

À voir au FCVQ jeudi

VIVRE À 100 MILLES À L'HEURE

Louis Bélanger, (Le Diamant, 20h) 

Grande première pour ce récit initiatique (librement inspiré de l’enfance du réalisateur) où Louis Bélanger suit l’évolution de trois petits bums téméraires en pushers à l’adolescence tumultueuse qui vont plonger dans la dope. Le cinéaste filme le vrai visage de Québec, en évitant les clichés de cartes postales. À la fois tendre et implacable.

BITCH! UNE INCURSION DANS LA MANOSPHÈRE

Charles Gervais, (Conservatoire d’art dramatique, 17h30)

Théâtre

«Le Miel est plus doux que le sang»: au cœur d'un bouillonnement artistique

CRITIQUE / Un vent de nostalgie a soufflé sur le Périscope, mardi soir, à l’occasion de la reprise, 25 ans plus tard, du «Miel est plus doux que le sang», oeuvre fondatrice du Théâtre Sortie de secours. Présentée à l’époque au Centre international de séjour, rue Sainte-Ursule, la pièce permet à un nouveau public de s’imprégner d’une douce folie que le passage du temps ne semble pas avoir altérée.

Le coauteur (avec Simone Chartrand) et metteur en scène Philippe Soldevila a raison encore aujourd’hui de qualifier la pièce d’ovni. Avec son trio de personnages truculents, son humour irrévérencieux et sa propension à épouser pour notre plus grand plaisir les codes du vaudeville et du cinéma muet, Le Miel est plus doux que le sang se veut certes un divertissement, mais aussi une intéressante réflexion sur la création artistique.

Musique

«Strawberry Fields», le jardin secret de John Lennon, ouvert aux admirateurs [PHOTOS]

LIVERPOOL — Les admirateurs des Beatles peuvent désormais parcourir le terrain de jeu de John Lennon enfant avec l’ouverture au public des «Strawberry Fields» à Liverpool (nord de l’Angleterre) qui ont inspiré leur chanson psychédélique culte.

Il s’agit en fait d’un jardin qui entourait un orphelinat tenu par l’Armée du salut dans le quartier de Woolton. «Il est devenu célèbre à cause du lien avec John Lennon. Il passait par-dessus la barrière depuis l’arrière du jardin de sa tante et il venait jouer avec les enfants», explique à l’AFP Allister Versfeld, une responsable de l’Armée du salut.

«C’était une sorte de sanctuaire pour lui, il y trouvait la paix et le calme», ajoute-t-il.

Des sentiments retrouvés dans la chanson aux accents planants et aux paroles mystérieuses: «Laisse-moi t’emmener / car je vais à Strawberry Fields / rien n’est réel / et il n’y a pas de soucis à se faire / Strawberry Fields pour toujours...».

Pour Allister Versfeld, la chanson décrit «un espace qu’il avait trouvé et un endroit qui lui était cher».

«Tous les enfants ont un jardin secret, ce peut-être une cachette sous les escaliers, ou les branches d’un grand chêne», souligne la soeur de Lennon, Julia Baird, 72 ans, interrogée par l’agence britannique Press Association. «Il semble d’après la chanson que pour John, c’était cet endroit-là».

Télé et radio

Anxiété généralisée

CHRONIQUE / De quoi souffre-t-on le plus sur la planète? Pas de cancer ou de maladie cardiaque, mais d’anxiété. Et ça ne fait qu’augmenter, particulièrement chez les enfants et les adolescents. Télé-Québec y consacre une partie de sa programmation mercredi soir, avec comme pièce de résistance le documentaire «Génération d’anxieux», porté par Claire Lamarche, réalisé par Stéphanie Couillard et diffusé à 20h. Un deuxième documentaire, «Prisonniers de l’anxiété», est consacré aux adultes, mercredi prochain à la même heure.

Pourquoi est-on aussi anxieux? Les spécialistes ciblent notamment notre «hyper connectivité» aux téléphones et aux réseaux sociaux, notre obsession de la sécurité et le fait de protéger nos enfants à l’excès. Un parent qui est anxieux peut transmettre son anxiété à son enfant.

Ce qui frappe dans ce documentaire, c’est de voir la maturité de ces enfants qui vivent avec l’anxiété. Peut-être justement parce que cet état leur a volé une partie de leur enfance et les a fait grandir trop vite. Parce qu’ils connaissent parfaitement leur situation, sont capables de l’expliquer. Ce sont souvent des premiers de classe, très conscients de la réalité. Surtout pas des enfants qui inventent leur malheur, comme on a pu le croire par le passé. «T’es pas souffrant, c’est juste que t’as pas de volonté», cite une mère, qui a trop souvent dû vivre avec cette forme d’indifférence. L’humain est dur parfois.

À l’école, on nous apprend le théorème de Pythagore, mais «on ne nous apprend pas comment gérer nos émotions», dira une adolescente, de qui bien des nuits blanches auraient pu être sauvées si on lui avait fourni les bons outils. Étonnamment, les jeunes ont moins de rapports sexuels que les générations précédentes, et la solitude est l’une des principales causes de leur anxiété. Les intervenants chez Tel-jeunes reçoivent des appels d’enfants aussi jeunes que six ou sept ans, déjà capables d’identifier leur problème. C’est inquiétant.

L’anxiété chez l’enfant prend toutes sortes de formes. Antoine a peur la nuit. Pas du noir, mais d’une personne. Une personne dont il a tellement peur qu’il ne veut pas la nommer. Comme Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom dans Harry Potter. Sa solution : faire semblant d’être mort. «Tu veux que je t’explique une de mes peurs?» demande le garçon à son père, avant d’avouer : «[J’ai peur] du vide.» Kylianne, elle, est si anxieuse avant une évaluation à l’école qu’elle se cache sous un bureau et se mord le bras.  Au point que ça va rester une semaine», dit-elle de sa morsure. Les deux fréquentent l’Atelier Les gardiens du trésor à l’école primaire Sauvé, à Deux-Montagnes.

On a beaucoup à apprendre de Génération d’anxieux. Intéressant mais bourré d’entrevues avec des spécialistes, le documentaire est par moments aride et même didactique, beaucoup plus que les précédentes séries de Mme Lamarche, dont Soins intensifs et TDAH mon amour. Mais ce que j’aime de tout ça, c’est qu’on en parle, que la détresse de ces enfants et de leurs parents est nommée, expliquée. On sent aussi Claire Lamarche toujours aussi humaine, rassurante.

Dès 19h30, Format familial se consacre entièrement à l’anxiété chez les jeunes, avec la psychologue Florence Marcil-Denault et la comédienne Sandrine Bisson, elle-même anxieuse, qui montre du doigt la surprotection des enfants. Puis, à 21h aux Francs-tireurs, une table ronde sur l’anxiété des adolescents réunit la Dre Christiane Laberge, la sexologue Julie Pelletier et le neuropsychologue Benoit Hammerenger. Le second documentaire, Prisonniers de l’anxiété, mercredi prochain à 20h, souligne qu’on ne donne pas assez congé à notre tête, et se demande s’il est possible de guérir de l’anxiété.

Musique

Galas de l'ADISQ: Les Louanges en tête des nominations

Le parcours étoilé de Vincent Roberge et de son projet Les Louanges se poursuivra jusqu’aux galas de l’ADISQ : avec six mentions dans des catégories artistiques et trois du côté industriel, le Lévisien d’origine partira en tête de la course aux trophées Félix cette année.

Avec La nuit est une panthère, Les Louanges peut aspirer au prix du choix de la critique, du meilleur album alternatif, de l’auteur-compositeur-interprète, de la chanson, de la vidéo et de la révélation de l’année. Notons que les artistes originaires de la région font bonne figure dans cette dernière catégorie : les noms de Lou-Adriane Cassidy, de Jérôme 50 et de Sarahmée côtoient aussi celui de la pianiste montréalaise Alexandra Stréliski, elle-même bien installée en haut de la liste des nommés avec six mentions artistiques et deux industrielles. 

Après avoir remporté trois Félix en 2017 avec Les frères cueilleurs, Alaclair Ensemble se voit nommé parmi les albums rap (auprès de FouKi, Koriass, Loud et Souldia), les choix de la critique (avec FouKi, Salomé Leclerc, Les Louanges, Les Trois Accords et Alexandra Stréliski), les vidéos et les groupes de l’année. Dans cette dernière catégorie, le public sera appelé à choisir entre les autoproclamés rappeurs «bas-canadiens», le duo 2Frères, Bleu Jeans Bleu, Les Cowboys Fringants et les Trois Accords. 

Cinéma

À voir au FCVQ mercredi

FORREST GUMP

Robert Zemekis, Place D’Youville, 20h

Un classique projeté un plein air, ça ne se refuse pas. Parce que Forrest Gump, ce n’est pas seulement des répliques cultes, du réalisme magique à la sauce hollywoodienne et une leçon de résilience et de courage. C’est aussi une belle histoire d’amour...

KUESSIPAN

Myriam Verreault, Palais Montcalm, 20h

Cinéma

Les cégépiens connaissent peu le cinéma québécois

Les étudiants de cégep connaissent peu le cinéma québécois. Ils sont 57% à être incapables de nommer cinq films de réalisateurs d’ici. Pire, 42% en savent peu sans pour autant chercher à en savoir davantage. Or, malgré ce faible intérêt, une étude démontre qu’ils sont nombreux à réagir de façon enthousiaste à la projection d’un film québécois dans le cadre d’un cours. Tout n’est donc pas tellement noir entre la nouvelle génération et notre cinématographie mal aimée…

Le pourcentage de 71% d’étudiants qui accueillent de manière positive ou très positive un film québécois (ou un extrait) pour étayer une matière en classe, a agréablement surpris Marianne Gravel, professeure de cinéma au cégep Garneau, auteure de l’enquête Le cinéma québécois dans l’environnement collégial, effectuée en collaboration avec Laurent Pelletier, enseignant de mathématiques au même établissement, et Christian Poirier, professeur à l’Institut national de la recherche scientifique.

Télé et radio

«The Big Bang Theory», «Seinfeld»: la bataille continue de faire rage entre plateformes américaines

NEW YORK — WarnerMedia récupère «The Big Bang Theory», Netflix ramasse «Seinfeld», tandis que NBCUniversal annonce 15 000 heures de programmes sur son offre: la bataille du contenu s’intensifie entre les plateformes de streaming américaines, en attendant une possible guerre des prix.

À un mois et demi du lancement d’Apple TV+, qui sera suivi par Disney+, puis, en 2020, HBO Max et le service de NBCUniversal, chacun continue à empiler des contenus pour attirer, ou conserver, des abonnés.

Lundi, c’est Netflix qui annonçait avoir récupéré les droits de la série «Seinfeld» (pour le monde entier à la différence des autres plateformes), moyennant une somme estimée par des médias américains à 500 millions de dollars, après avoir perdu ceux de «Friends» et «The Office».

Mardi, WarnerMedia, qui a déjà fait tomber «Friends» dans son escarcelle, a annoncé l’acquisition, pour cinq ans, des 279 épisodes de «The Big Bang Theory», dont le dernier volet a été diffusé mi-mai, pour sa future offre de streaming, baptisée HBO Max, annoncée pour le printemps 2020.

Selon le Wall Street Journal, la filiale de l’opérateur télécom AT&T aurait mis sur la table près de 500 millions de dollars, un montant que WarnerMedia a refusé de confirmer.

«Le fait que nous proposions (la série) pour la première fois sur une plateforme de streaming aux États-Unis est un coup d’éclat pour notre nouvelle offre», a affirmé Robert Greenblatt, président de WarnerMedia Entertainment et de l’offre directe aux consommateurs, dans un communiqué.

Pour Daniel Ives, analyste chez Wedbush Securities, la perte de «The Office» et «Friends», les deux séries les plus regardées de Netflix, «a laissé un trou dans le contenu» du leader incontesté du streaming.