Puisque la maison familiale des Morency est située dans le quartier Saint-Sacrement, on verra quelques extérieurs de Québec. Mais tout l’intérieur a été tourné en studio.

«Discussions avec mes parents»: sympathique, mais drôle?

CHRONIQUE / «Discussions avec mes parents», la nouvelle comédie de François Morency, est très certainement sympathique. Mais drôle? Pas assez à mon goût. J’ai ri seulement à quelques reprises en voyant les trois premiers épisodes, qui ont quand même quelque chose de réconfortant.

Parce que j’ai reconnu bien des parents, dont les miens, dans ceux de l’humoriste. Quand ils lui demandent de l’appeler une fois arrivé chez lui, ça me rappelle mon père. Et j’ai aussi reconnu en Jean-Pierre (Vincent Bilodeau) le même patenteux, bricoleur, qui installe un interphone dans la maison pour éviter qu’on crie au lieu de se déplacer. Eh oui, on en avait un chez nous.

J’ai tout de même ri en voyant Rollande (Marie-Ginette Guay) brasser sa bouteille de ketchup, un geste qui rappelle tout de suite la masturbation. Ou lorsqu’elle sort des titres de chansons d’Elvis à son gendre anglophone, parce qu’elle ne connaît pas un mot d’anglais. Rollande est aussi une fidèle lectrice de Danielle Cuivre — ça ne vous rappelle pas une certaine Danielle Steel? —, auteure de titres aussi farfelus que Les caresses de la comtesse agricole et Le rotoculteur de l’amour.

Il est réjouissant de voir Marie-Ginette Guay exploiter son registre comique.

Quelques flashbacks nous ramèneront dans le temps, quand François était enfant. La scène où le père, joué jeune par François Morency, raconte les mystères de la vie à son fils est aussi réussie. Flashbacks plus récents sur les ex-conquêtes de François, chez qui un détail finissait toujours par l’irriter. Comme celle qui répétait sans relâche «ah ouin?», ou cette «Madame Broyeur», qui faisait un bruit étrange en mangeant.

Mais bien souvent, on arbore à peine un sourire, et plusieurs scènes à la prémisse un peu faible s’éternisent. Un père et un fils qui ne se parlent pas parce qu’ils n’ont rien à se dire — un classique — ne donnent pas forcément de bonnes scènes. Il y a quelque chose de daté et de statique dans le produit, on est loin de la vivacité d’un Lâcher prise.

La réalisation a été confiée à Pascal L’Heureux, qui a réalisé les deux premières saisons des Pêcheurs. Vous verrez quelques extérieurs de Québec, puisque la maison familiale des Morency est située dans le quartier Saint-Sacrement. Mais tout l’intérieur a été tourné en studio. On voit aussi François dans son condo montréalais, mais très brièvement.

Pour l’instant, les personnages du frère, Raynald (Blaise Tardif), et de la sœur, Judith (Caroline Bouchard), sont plutôt effacés. On verra brièvement Marie-Ève Beaulieu, l’avocate au congélo de Faits divers, personnifier la jeune Rollande, et Jacques Girard jouer un vieil ami de Jean-Pierre. Rien à redire sur le jeu des acteurs, il est d’ailleurs réjouissant de voir Marie-Ginette Guay exploiter son registre comique.

François Morency, qui signe les textes avec Pierre Prince, est un gars brillant, qui me faisait rire aux  larmes aux Olivier et sur scène. Je me serais attendu, peut-être à tort, à ce qu’il produise le même effet sur moi avec cette comédie, qu’ICI Radio-Canada Télé programme contre Boomerang, le lundi à 19h30, dès le 10 septembre.