À 25 ans, Diane Rouxel a trouvé sa vocation dans le jeu.

Diane Rouxel, une actrice née sous une bonne étoile

En grandissant en Haute-Savoie, quand elle tournait de courtes vidéos avec ses frères, Diane Rouxel était à «mille lieues» de s’imaginer actrice. Pas plus lorsqu’elle se déplaçait en planche à roulettes dans les rues de Paris pour se rendre à l’université. Mais ce talent lui vaut un premier rôle. Et l’attention d’Emmanuelle Bercot, qui lui offre de jouer dans La tête haute, présenté en ouverture à Cannes en 2015. La belle jeune femme, une naturelle aimée par la caméra, se retrouve maintenant face à Lambert Wilson, rien de moins, dans «Volontaire».

L’ascension de Diane Rouxel a de quoi donner le vertige. Mais quand on a passé sa jeunesse dans les Alpes, l’air raréfié des hauteurs ne nous affecte pas. En jeans, chandail, à peine un peu de maquillage sur ses yeux bleus et un sourire magnifique, la chaleureuse actrice de 25 ans se livre au jeu de l’entrevue avec simplicité. Pour son premier séjour dans la capitale, elle est curieuse des bonnes tables et demande les sorties incontournables, à part le Musée national des beaux-arts.

Diane Rouxel avait l’intention de fréquenter assidûment le Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ), au moment de son passage. Depuis cinq ans, elle est en rattrapage, côté films. Sofia Coppola, Wes Anderson et Xavier Dolan l’ont assez impressionnée pour rêver de tourner avec eux.

La barre était haute dès le début: son baptême du feu se fera avec Larry Clark. «Un ami d’un ami» la recommande auprès du grand photographe et réalisateur (Kids, Bully…). Il lui offrira le premier rôle féminin de The Smell of Us, après «qu’on ait passé beaucoup de temps ensemble, sans passer de casting. Le premier jour de tournage, j’ai eu un coup de panique. J’avais peur que soit la catastrophe.

«J’ai arrêté l’école pour le tournage et je n’ai pas repris. Je me suis dit “je me donne deux ans pour faire des films”, parce que j’ai adoré. “Si ça marche pas, je retournerai étudier en design.” Et là, ça fait cinq ans!»

Diane Rouxel a suivi deux mois d’entraînement avec un ex-commando pour interpréter son rôle.

Elle reconnaît volontiers être née sous une bonne étoile — elle a décroché son rôle dans Volontaire dans des circonstances où les planètes étaient bien alignées. N’empêche. Diane Rouxel n’a pas eu tout cuit dans le bec. Quatre auditions furent nécessaires pour La tête haute. «Ça m’a fait du bien de savoir que je pouvais y arriver en passant des castings.» Une performance coiffée d’une nomination au César du meilleur espoir 2016.

Plus chanceuse pour le long métrage d’Hélène Fillières (Une histoire d’amour), l’actrice a néanmoins bûché sur le scénario de Volontaire, «que j’ai vachement aimé». Deux mois d’entraînement avec un ex-commando pour interpréter cette petite-bourgeoise surdouée, qui décide soudainement de s’engager dans la marine. Elle qui est menue, et «pas très sportive», a néanmoins profité de ses 15 années à pratiquer la danse.

Dans ce drame d’initiation, Laure Baer (Rouxel) devient assistante du directeur des études, un quinquagénaire froid et austère. La recrue se retrouve dans une relation ambiguë avec le commandant, un amour impossible en raison de leur différence d’âge…

«J’avais une sacrée responsabilité et j’étais très impressionnée de jouer avec Lambert Wilson.» Bienveillant et «extrêmement sympathique», l’acteur renommé (Hiver 54, L’abbé Pierre, La matrice, Molière à bicyclette, etc.) a joué un rôle de mentor auprès de Diane Rouxel. «Il me rassurait quand je doutais. Ça m’a beaucoup aidée», dit-elle en louant son enthousiasme toujours intact dès qu’il enfilait son costume. «Il est vraiment génial.»

La réalisatrice et actrice a aussi contribué, précise Diane Rouxel. Ses indications de jeu étaient «extrêmement précises». Notamment avec les regards et les petits sourires en coin qu’arbore la recrue, qui s’opposent aux mots qui sortent de sa bouche. Sans parler des nombreux non-dits qui forment la trame du cheminement opposé des deux personnages principaux.

Diane Rouxel donne la réplique à Lambert Wilson dans Volontaire.

L’héritage

Volontaire revêt un aspect symbolique pour l’actrice. Son grand-père était dans la marine — il est décédé deux ans avant le tournage. «Ça me faisait plaisir d’aller un peu sur ses traces et de comprendre dans quel univers il a vécu», souligne-t-elle avec une note de tristesse dans la voix.

Diane Rouxel n’aurait pas marché dans les pas de son aïeul, mais elle a trouvé sa vocation dans le jeu. «Ça me rend tellement heureuse. Je pense que les moments où je suis la plus heureuse, c’est quand je suis sur un plateau. J’adore ça.»

Volontaire prend l’affiche le 5 octobre.