Ceux qui auraient souhaité entendre les hits passés de Diane Dufresne ont plutôt eu droit à une artiste entière, qui n’a jamais cessé de créer et qui, à 75 ans «bien portés» (les mots sont d’elle), est loin de s’asseoir sur ses lauriers.

Diane Dufresne et l’OSQ: le charme des sorcières

CRITIQUE / Sous les lustres sertis de plantes, sur un trône paré d’herbes folles, Diane Dufresne s’impose comme une reine de théâtre, armée de sa voix inimitable et de ses textes forts. Entourée de la cour agile des musiciens de l’OSQ, elle a livré son concert «Meilleur après» avec cœur et humour.

Dès qu’elle se met à remplir la salle de concert, la voix de Diane Dufresne en impose. «La voix n’était pas parfaite. C’est sec, ici, n’est-ce pas?» s’est-elle excusée en fin de course. Et pourtant, le grain, la force, ces inflexions qui modulent les phrases pour faire de chaque texte un récit envoûtant ont fait opérer la magie. 

L’habillage du spectacle, tout comme la musique arrangée, voire composée par le maestro Simon Leclerc, était empreint d’un caractère mystérieux, proche de la forêt et des contes. On avait par moments l’impression d’assister à un oratorio où Diane Dufresne aurait tenu tous les rôles. Espadrilles aux pieds et drapée dans des vêtements signés Marie Saint Pierre, elle a arboré couronne et voilage pour chanter La Star et Cendrillon. Sous une casquette grise, elle a chanté ses hymnes dénonçant la disparition des espèces et la peur qui ronge et qui sème le malheur. L’état du monde et les métamorphoses environnementales à venir ont été au cœur d’un segment où l’artiste a dévoilé plus longuement ses réflexions sur le sujet.

Sans lasser, avec le sens de la formule, elle a présenté chaque chanson comme on déclame des poèmes. On la voyait dès la première chanson chercher les spectateurs, la main sur le front pour déjouer les lumières vives qui l’enveloppaient sur scène. Elle a su les faire rire, les surprendre avec ses costumes — dont une phénoménale perruque surmontée de plumes pour le rappel. Elle les a même convaincus de pousser des cris d’animaux après la chanson L’arche, et les a fait chanter sur Hymne à la beauté du monde. 

Le concert comprenait surtout de nouvelles chansons de son 14e album studio, Meilleur après. «Je ne suis pas reposante, c’est ça qui est bien!» a-t-elle commenté en annonçant ses couleurs dès le début. Ceux qui auraient souhaité entendre ses hits passés ont plutôt eu droit à une artiste entière, qui n’a jamais cessé de créer et qui, à 75 ans «bien portés» (les mots sont d’elle), est loin de s’asseoir sur ses lauriers.

Le fait que leur invitée traverse souvent le centre de la scène d’avant en arrière et se retrouve au centre de l’orchestre a contribué à garder les musiciens au cœur de l’action, plutôt qu’en arrière-plan. Le pianiste Olivier Godin est venu jouer plusieurs pièces avec eux, ajoutant une couche mélodique généreuse sur des pièces musicalement éclatées. 

S’il est un peu étrange de dire que la grande Diane Dufresne est une belle découverte, l’envie est tout de même forte d’utiliser cette expression ici.

Le spectacle Diane Dufresne — Meilleur après sera de nouveau présenté mercredi au Grand Théâtre de Québec.