Florence et Violette sont assez débordées par les exigences de leur vie un peu folle.

Deux femme en or revit... au théâtre!

CARLETON – Deux femmes en or occupe une place spéciale au panthéon des œuvres marquantes du cinéma québécois. La comédie de fesses (1970) a subi un traitement choc dans son adaptation présentée à Carleton-sur-Mer. La pièce de théâtre est bonifiée en contenu et les thèmes abordés sont bien de notre temps.

L’adaptation est l’œuvre de l’auteure Catherine Léger, dans une mise en scène de Louise Laprade. Le directeur artistique Dany Michaud, qui joue dans la pièce, parle d’un dépoussiérage majeur du film de Claude Fournier et de Marie-José Raymond.

«Il fallait donner une touche féministe à la pièce. Je me fais demander depuis qu’on a choisi Deux femmes en or: “Va-t-on les voir toutes nues, comme dans le film?” Ben non! On me parle aussi du manque de profondeur du scénario du film, avec raison, mais je trouvais le buzz intéressant», indique Dany Michaud.

Ce «buzz intéressant» consistait à demander à Catherine Léger de «prendre un contenant, et d’y mettre du contenu puisqu’on était confronté à un bide scénaristique. C’était un défi ambitieux, mais je savais à qui je demandais ça. Elle a trouvé le défi immensément libérateur», ajoute Dany Michaud.

Deux femmes en or raconte l’histoire de deux banlieusardes s’amusant à séduire tous les visiteurs que leur amène leur fonction de femmes au foyer, un foyer largement déserté par leurs maris.

Le film a été lancé au milieu d’une vague de longs métrages érotiques québécois. Il a attiré deux millions de cinéphiles en salle et ses recettes ont pris la première place devant tous les autres films à l’époque, productions américaines incluses, mais la critique a été dure.

Le travail de Catherine Léger a redonné du lustre et du poids aux thèmes légers de l’époque, avec Louise Turcot et Monique Mercure comme interprètes.

«En fait, les gars sont les accessoires. C’est une claque dans la face. Les couples qui vont bien s’en sortiront bien après avoir vu la pièce, mais les couples qui vont mal…» remarque Dany Michaud.

La metteure en scène Louise Laprade a été impressionnée par l’adaptation de Catherine Léger. «Même par rapport à la lutte féministe, elle se veut très, très libre. Elle veut se libéber de certains diktats sociaux, mais aussi féministes.»

Les trois comédiennes en vedette dans la pièce n’étaient pas nées, et par une bonne marge, quand le film est sorti.

«Florence, suite à un burn out, prend beaucoup d’antidépresseurs. Elle pleure beaucoup. Elle va arrêter ses antidépresseurs (…) Elle est dans tous ses états. Elle veut retrouver la femme en elle», note Élizabeth Duperré à propos de son personnage.

Rose-Anne Déry joue Violette, qui «vient d’avoir un bébé et elle est beaucoup influencée par les pressions sociales. Sa libido a baissé, son chum s’est éloigné d’elle. Le contact de Florence lui fait réaliser toutes ces pressions sociales.»

La Gaspésienne Myriam Sophie Deslauriers joue Catherine, maîtresse du conjoint de l’une des femmes en or. «Elle met de l’avant des débats, sans se prononcer, sans juger», note-t-elle.

La distribution est complétée par Christian E. Roy, qui se souvient d’avoir vu des extraits du film sur Bleu nuit, «en espérant en voir le plus possible». Deux femmes en or «revenait à un désir d’affirmation à cette époque-là».

La pièce est présentée au Quai des arts de Carleton du mardi au vendredi inclusivement, à 20h30, jusqu’au 10 août.