L’installation «Marée haute» dans l’entrée de l’Œil de Poisson

Deux expos à voir en novembre: Andréanne Jacques et Thomas Bouquin

La mer de papier d’Andréanne Jacques

L’entrée de l’Œil de Poisson bruisse doucement au passage des visiteurs, qui peuvent s’attarder entre les feuilles de soie, enveloppés dans des motifs sérigraphiés qui rappellent le sable et la mer.

«J’avais envie de faire une œuvre où les gens seraient bien, où ils pourraient entrer, qui puisse les englober», note Andréanne Jacques, qui s’est inspirée d’un séjour à Ogunquit pour cette installation nommée Marée haute. Elle y a enregistré le bruit de la mer pour l’intégrer à l’œuvre, mais après trois jours d’écoute aux studios d’Avatar, elle n’était pas satisfaite. C’est finalement en frottant du papier sur une table qu’elle a créé le bruit des vagues.

Elle a travaillé sur 1115 pieds (ou 340 mètres) de papier calque, recouvert d’huile de bébé pour le rendre transparent, qu’elle a sérigraphié jusqu’à quatre fois pour superposer les couleurs vives. Au passage d’un visiteur, le ressac naît, les couches de papier se superposent, la plage apparaît comme par enchantement.

Jusqu’au 2 décembre au 580, côte d’Abraham. Info: www.oeildepoisson.com 

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Thomas Bouquin sur la route des montreurs d’ours

Avec son exposition Le Roc d’Ercé, Thomas Bouquin est parti sur les traces de ses ancêtres, qui ont immigré en vagues successives du village d’Ercé, dans les Pyrénées, jusqu’à New York. Dans Central Park, une roche, baptisée le Roc d’Ercé, est devenue le point de rencontre des expatriés venus de la capitale des montreurs d’ours.

Lui-même immigrant, établi au Québec depuis une dizaine d’années, Thomas Bouquin a suivi la route de son arrière-arrière-grand-mère, venue travailler quelques années en Amérique pour payer la ferme familiale. En prenant le ferry vers Ellis Island, qui a longtemps été la porte des immigrants,  il y a photographié un arbre singulier, pris dans la glace. «Je trouvais que c’était un symbole des nouvelles racines, mais aussi de tous les chemins possibles, et de la filiation», indique-t-il.

L’histoire est riche, le travail de recherche sur le terrain et dans les archives a été colossal, mais l’artiste a réussi à cristalliser en une vingtaine de photographies et d’objets bien choisis les éléments sensibles, les hasards et les points de convergence des différentes routes qu’il a suivies.

Fasciné par les montreurs d’ours, qui ont été nombreux à suivre le même chemin que ses ancêtres, il a collecté des artéfacts. Une carte postale de 1904 arborant une photographie faite en studio tout près d’Ercé, une image à observer à l’aide d’un stéréoscope et une autre conçue pour être vue dans une lanterne magique s’intègrent aux clichés de l’artiste, tous réalisés en noir et blanc. 

Cofondateur du Photobook Club de Montréal, Thomas Bouquin a participé aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie en 2017.

Jusqu’au 2 décembre, 550, côte d’Abraham. https://thomasbouquin.com