Le directeur technique d'Artefact urbain, Aaron Bass.
Le directeur technique d'Artefact urbain, Aaron Bass.

Des visières de protection conçues par des artistes

Normand Provencher
Normand Provencher
Le Soleil
Face à une pénurie de visières de protection dans le milieu de la santé en cette période trouble, des artistes de Québec ont décidé de mettre l’épaule à la roue et de se lancer dans la fabrication de ces indispensables objets pour professionnels grâce à l’impression 3D.

L’initiative est celle d’Artéfact urbain, spécialisée dans l’élaboration de maquettes pour œuvres d’art public. Durement frappée elle aussi par le tsunami économique – ses neuf employés ont été mis au chômage – les dirigeants de la firme ont lancé cette idée pour répondre au manque de visières d’un bout à l’autre du pays. Quelques artistes associés au centre L’Oeil de poisson et La Chambre blanche participent à l’initiative.

Face à une pénurie de visières de protection dans le milieu de la santé en cette période trouble, des artistes de Québec ont décidé de mettre l’épaule à la roue et de se lancer dans la fabrication de ces indispensables objets pour professionnels grâce à l’impression 3D.

«On a perdu tous nos contrats lors de l’annonce de la fermeture des salles de spectacles, le 13 mars. On s’est dit qu’il fallait s’impliquer d’une façon ou d’une autre dans cette crise, car ça risque d’être long pour nous qui sommes dans l’événementiel», explique la directrice générale Jeanne Couture.

C’est le père du directeur technique Aaron Bass, optométriste de métier, qui a informé ce dernier de la baisse radicale du stock de visières de protection au sein de son ordre professionnel. Il n’en fallait pas plus pour mettre les imprimantes 3D d’Artéfact urbain à profit afin d’apporter une «solution temporaire» à ce problème criant.

La visière de protection fabriquée par Artefact urbain

Chaque professionnel de la santé appelé à travailler au plus près avec des malades peuvent tirer profit de la visière. Suffit de l’enfiler par-dessus le masque. Elle permet ainsi d’établir une barrière de protection entre le virus et la figure.

La compagnie a fonctionné pendant toute la fin de semaine et a expédié une première centaine de visières lundi. Entre 300 et 400 visières pourraient être fabriquées chaque semaine si la demande augmente. Une fois imprimée, chacune d’elle est assemblée à la main.

«C’est assez simple à faire, explique Jeanne Couture. On est prêt à répondre à la demande. On n’aurait qu’à mobiliser plus d’artistes et plus de gens qui possèdent des imprimantes. On a déjà une liste.»

À 20$ l’unité, chaque visière est venu au prix coûtant. «L’idée n’est pas de faire des profits avec ça, mais de pouvoir travailler, sinon on se sent un peu inutile. C’est notre façon de contribuer» termine la directrice générale.

Plus d’informations sont disponibles sur le site visiere.ca