Au total, il ya 17 écrans déroulants avec émetteurs infrarouges qui permettent de les localiser lorsqu'ils montent et descendent, ou même se déplacent au vent.

Des Québécois chez Roger Waters

La nouvelle tournée de Roger Waters, Us + Them, qui s'arrêtera au Centre Vidéotron les 6 et 7 octobre, puis au Centre Bell, dans la métropole, les 16, 17 et 19 octobre, bénéficie d'une touche québécoise. Le rocker a en effet recruté la firme montréalaise VYV pour la dimension visuelle de son spectacle.
VYV a développé ces 13 dernières années une expertise qui permet la projection d'images sur différentes surfaces, qu'elles soient mobiles ou non, assurant que le contenu prenne précisément la forme souhaitée. Dans le nouveau concert de Waters, le savoir-faire de VYV est mis à contribution à pas moins de 20 endroits. D'ailleurs, deux membres de l'équipe se sont joints à la bande du musicien anglais.
«On a un écran LED en fond de scène avec du contenu et des images live prises par des caméras qui sont mélangées avec des effets, explique Emric Epstein, co-fondateur de VYV et directeur de la recherche et du développement. C'est un élément, mais on a aussi des écrans déroulants de projections qui viennent remplir l'aréna. Il y en a 17 au total et sur chaque écran il y a des émetteurs infrarouges qui permettent de localiser l'écran en temps réel, quand il monte, quand il descend, quand il bouge ou se déplace au vent.»
À cela s'ajoutent quatre cheminées gonflables - les amateurs de Pink Floyd songeront tout de suite à l'usine de Battersea, que l'on voit sur la pochette d'Animals. Elles accueillent également les images de l'équipe de Waters (VYV ne fournit pas de contenu) et sont munies des mêmes dispositifs, qui permettent de localiser leur position, leur orientation ou leur déformation en vue d'assurer des projections réussies.
Une autre collaboration
Ce n'est pas d'hier que Roger Waters entretient un lien particulier avec la belle province. On se rappellera qu'en 2012, il avait monté The Wall sur les plaines d'Abraham, faisant construire le plus long mur jamais érigé pour cette tournée. C'est également une équipe québécoise qui s'est chargée d'adapter The Wall sous forme d'opéra cette année. 
La collaboration de VYV avec l'ex-Pink Floyd n'est cependant pas le fruit de relations déjà établies. Elle s'est faite en 2013, par l'entremise de son directeur vidéo, Richard Turner, qui est aussi designer technique de vidéo. Ce dernier avait déjà travaillé avec VYV sur un projet de Franco Dragone. Il a contacté la firme montréalaise lorsque Waters a donné forme à son concert pour Desert Trip, l'an dernier. Si le vétéran est bien connu pour être exigeant et rigoureux, Emric Epstein n'a que de bons mots à dire sur son expérience, qu'il classe parmi ses plus belles.
«Oui, c'est quelqu'un d'exigeant et de perfectionniste, mais il l'est avant tout avec lui-même. C'est quelqu'un de très respectueux, de très talentueux et quelqu'un de travaillant. Ce qui m'avait impressionné le plus, c'est durant la mini-tournée qu'on avait faite à l'automne 2016. Les répétitions avaient lieu au Mexique  [...] et il n'y avait pas une journée où il en manquait une. C'était tous les jours, 2h30 de répétition avec un manteau de pluie dehors sur le stage à 12 degrés Celsius, par un temps pluvieux et venteux. C'est vraiment [le dévouement] et la volonté de perfection avec du talent et du respect autour.»
Au fil des ans, VYV a travaillé avec le Cirque du Soleil, le Cirque Eloize, Justin Timberlake, Miley Cyrus, Robert Lepage, Ariana Grande, en plus d'être impliqué dans des réalisations au Québec, comme Cité mémoire dans le Vieux-Port de Montréal. Sur quoi la bande, qui compte une vingtaine d'employés, planche-t-elle maintenant?
«Je ne peux pas parler de projets qui ne sont pas sortis, s'excuse Emric Epstein, mais on vient de faire La Perle avec Franco Dragone, à Dubaï. C'est un spectacle permanent dans une salle construite pour ça. Ça fait plus de 4 ans que le spectacle est en développement et c'est le plus gros spectacle permanent sur lequel on a jamais travaillé!»