Dans une mise en scène de son cousin Denis Bernard, Micheline Bernard offre un tête-à-tête théâtral aussi bouillant que saisissant.

«Des promesses, des promesses»: le magistral monologue de Micheline Bernard

CRITIQUE / Alors que nous soulignons ce mercredi la Journée mondiale du théâtre, Micheline Bernard a lancé les célébrations de magistrale manière mardi soir, à la première à Québec de la pièce «Des promesses, des promesses» de l’Écossais Douglas Maxwell. L’actrice d’expérience se montre absolument brillante dans ce premier solo en carrière, qu’elle présentera à La Bordée pour deux semaines.

Un texte touffu construit tout en parenthèses et en circonvolutions; un personnage complexe et explosif qui force son interprète à constamment se retourner sur un 10 ¢… Le moins qu’on puisse dire, c’est que le contrat était costaud et que Micheline Bernard le remplit avec brio en se mesurant à cette fascinante Miss Brodie. 

La pièce créée à Glasgow en 2010 et traduite ici par Maryse Warda nous amène dans une école primaire multiculturelle de Londres, où une enseignante récemment retraitée après avoir commis un geste répréhensible a repris du service. Complètement engagée envers les enfants, elle fait montre de tout le contraire en ce qui concerne le reste de l’humanité. Indignée, forte en gueule et résolument impitoyable (on le comprend à sa manière acide et souvent drôle de décrire ses interactions avec les autres), elle n’en fait qu’à sa tête. 

Lorsqu’on lui apprend qu’une nouvelle élève d’origine somalienne et souffrant de mutisme sélectif devra subir un exorcisme en classe (croyez-le ou non, Maxwell s’est inspiré d’un fait vécu…), les choses vont se corser. Parce que la rencontre avec cette petite Rosie va chambouler Miss Brodie, qui verra sa propre souffrance réveillée. Au fil de confidences (ou d’une confession?) misant sur de multiples allers-retours, le public découvre petit à petit le portrait d’une femme singulièrement forte, mais aussi indéniablement blessée. Une femme qui est surtout prête à des actions radicales pour défendre ses convictions. 

Dans une mise en scène de son cousin Denis Bernard, Micheline Bernard offre un tête-à-tête théâtral aussi bouillant que saisissant. Complètement investie dans ce monologue intelligent (on voit bien un peu venir le punch, mais bon…) qu’on pourrait qualifier de sportif, elle captive et force l’admiration. Denis Bernard avait promis en entrevue une «magnifique performance d’actrice». Il n’avait pas menti. 

La pièce Des promesses, des promesses est présentée à La Bordée jusqu’au 5 avril. Le spectacle fera aussi escale le 10 avril au Théâtre La Rubrique de Saguenay et les 12 et 13 avril au Théâtre du Bic.