Philippe Laprise et Pierre Hébert succédaient à François Morency pour l’animation du 20e gala Les Olivier, dimanche soir.

Des Olivier très ordinaires

CHRONIQUE / La qualité des derniers Galas Les Olivier m’a rendu exigeant. Quand la barre est mise haut, on s’attend à rien de moins l’année d’après. Et malgré quelques bons moments, j’avoue m’être ennuyé de François Morency dimanche soir lors de ce 20e gala, qui a décerné l’Olivier de l’année et celui du spectacle de l’année à François Bellefeuille.

Pourtant, j’aime Pierre Hébert et Philippe Laprise, duo sans prétention et généralement drôle. Après un montage de moments des 19 précédents galas, les deux amis ont ouvert la soirée avec une explosion de confettis. Ce à quoi le barbu des Denis Drolet a répliqué que si son propre duo avait animé la soirée, «ça aurait été des clous, pis tout le monde serait mort! J’vous haïs toutes!» Hébert et Laprise ont gardé le gag le plus drôle pour Maxim Martin. À l’humoriste qui a découvert qu’il était le père d’un garçon, le duo a dit avoir retrouvé tous ses enfants inconnus, ceux-ci portant des t-shirts avec les inscriptions «Amos», «Coaticook», «Val-d’Or», «Amos en supplémentaire», «Rivière-­au-Renard» et... «Dans un char».

François Bellefeuille avait aussi reçu le trophée de la mise en scène hors d’ondes, pour son spectacle Le plus fort au monde. Quant à Maude Landry, que j’adorais à Info, sexe et mensonges, elle a réussi un doublé avec les Olivier de la découverte et de la capsule ou sketch radio. Martin Petit, dont la comédie Les pêcheurs a enfin été récompensée, a décoché cette flèche à Martin Matte, dont Les beaux malaises a souvent tout raflé : «Merci d’avoir arrêté ton osti d’show. T’as gagné plus de trophées que t’as écrit d’épisodes.» Like-moi! est repartie avec l’Olivier de la comédie de l’année. Un trophée que Les Grandes Crues auraient plutôt voulu remettre à La vraie nature — «avec Mathieu Baron qui se retient de pleurer en râpant du cheddar doux, tout en remerciant la vie de lui avoir donné une chance après le Loft» —, ou encore aux gars de XOXO— «y sont comme les chocolats de Pâques; y’ont comme de quoi de louche dans le regard, pis sont vides en dedans».

Simon Gouache a fait semblant de remplacer Korine Côté, censée accoucher, avant que celle-ci surgisse sur scène. «Ça, c’est une douleur que tu connaîtras jamais Korine!» lui a dit l’humoriste, excédé de rester dans l’ombre. C’était sans savoir qu’il allait prendre sa revanche plus tard en remportant l’Olivier du numéro humoristique. 

Sans surprise, L’âge adulte a décroché l’Olivier de la série web humoristique. «Faites du web, croyez en vos rêves», a lancé Guillaume Lambert, qui accumule les honneurs avec ce bijou de série. «Moi, chu drôle en tab...», a affirmé Mike Ward à ceux qui répètent que les humoristes sont plates en dehors de la scène, récompensé pour son podcast.

Ovation pour le numéro chanté d’Arnaud Soly et d’Éric Desranleau, le plus original de la soirée, pour l’Olivier du meilleur vendeur, remis à Louis-José Houde. Le numéro burlesque de Réal Béland et Dominic Paquet personnifiant les comptables plus bruns que bruns Raymond Chabot et Grant Thornton aurait gagné à être un peu plus court. Mais les voir courir après leurs graphiques qui s’envolaient dans le décor faisait rire aux larmes. À défaut d’avoir le même effet, la remise du prix «Merci pour tout» pour l’engagement social à Yvon Deschamps aurait au moins pu nous émouvoir. En vain.

Dans la colonne des «moins» : le très ordinaire et trop long numéro des animateurs sur les influenceurs et leurs petites crèmes. Difficile d’adhérer au troisième ou quatrième degré d’humour des filles des Magnifiques, déchaînées, aux gags violents de coups de hache, mais qui a néanmoins fait rire la salle. Il faut d’ailleurs souligner que l’assistance était tout sauf blasée, et réagissait beaucoup, ce qui peut faire toute la différence dans un gala. Il en aurait quand même fallu plus pour me convaincre.