Certaines oeuvres d'Alberto Giacometti qui feront partie de l'exposition présentée au Musée des beaux arts du Québec.

Des oeuvres de Giacometti «insaisissables»

Les quelque 150 œuvres du peintre et sculpteur Alberto Giacometti et les autres biens culturels qui seront exposés au Musée national des beaux-arts du Québec, du 8 février au 13 mai, sont désormais insaisissables pour la durée de leur séjour au Québec.

Le gouvernement du Québec a décrété mardi l’insaisissabilité de ces œuvres un peu plus d’un mois avant l’ouverture de l’exposition. Il a fait la même chose pour les objets qui seront exposés au Musée des beaux-arts de Montréal à l’occasion de l’exposition Napoléon : Art et vie de cour au palais impérial, du 3 février au 6 mai.

Ainsi, ces œuvres provenant essentiellement de la Fondation Alberto et Annette Giacometti et du musée Tate Modern de Londres ne pourront être saisies au Québec, même si un jugement de la cour le décrétait pendant la durée de leur séjour dans la Belle Province. Les litiges potentiels devraient alors se régler alors que l’œuvre aurait été restituée au prêteur.

Si la mesure peut sembler particulière, la conseillère juridique du Musée national des beaux-arts, Michèle Bernier, a expliqué au Soleil qu’il s’agissait d’une procédure habituelle pour toutes les expositions internationales.

«C’est souvent exigé dans le contrat des prêteurs, qui veulent s’assurer que les œuvres ne soient pas saisies et qu’elles leur soient retournées après l’exposition. Ainsi, grâce à un tel décret, si un jugement était rendu, nous ne serions pas tenus de remettre l’œuvre pour exécuter le jugement pendant qu’elle est sous notre garde», explique Mme Bernier, ajoutant que cette procédure existe depuis de nombreuses années.

Démarche courante

«Que ce soit exigé ou non au contrat, nous, on le fait de toute manière. Ils nous envoient leur œuvre, alors on s’assure qu’elle leur revienne», poursuit-elle, donnant l’exemple d’un litige sur le droit de propriété d’une œuvre provenant de l’extérieur du pays qui pourrait se régler durant une exposition. «Ainsi, le prêteur s’assure que l’œuvre ne lui sera pas saisie sans qu’un de ses représentants ne soit présent pour contester la demande.»

Michèle Bernier souligne cependant qu’à sa connaissance, jamais le Musée national des beaux-arts n’a eu à «utiliser» le décret pour se prémunir contre une saisie. Elle précise toutefois que l’établissement demande aussi une telle clause quand il envoie des œuvres à l’extérieur du Québec.

«C’est le cas pour l’exposition Mitchell-Riopelle, qui se termine le 6 janvier et prendra ensuite la route de l’Art Gallery of Ontario, à Toronto. Tant le Québec que l’Ontario se sont engagés à faire les démarches pour que les œuvres soient déclarées insaisissables pour la durée de l’exposition», conclut-elle.