Les chefs d'antenne Marie-José Turcotte et Claude Mailhot

Des Jeux et District 31

CHRONIQUE / Jour et nuit, les Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang en Corée du Sud occuperont tout l’espace à ICI Radio-Canada Télé, 9 au 25 février 2018, dans 100 jours plus exactement. Tout l’espace, ou presque : les accros de District 31 auront droit malgré tout à leur drogue quotidienne. Mais il faudra se river plus tôt à son écran, à 18h30, ou bien programmer son enregistreur.

D’autres rares émissions seront maintenues à l’antenne, dont Entrée principale et Silence, on joue! en semaine, de même que Le téléjournal du midi et de 18h, en version de 30 minutes. Pour le reste, 500 heures de programmation olympique tapisseront les grilles horaires d’ICI Télé et de RDS, partenaire de diffusion. La LNH n’est plus là, mais quatre nouvelles disciplines sont prévues, dont la spectaculaire planche à neige grand saut ou «big air».

Si Radio-Canada en est à ses 21es Jeux, Marie-José Turcotte, elle, couvre ses 15es. La chef d’antenne principale, de 19h à 1h, sera suivie de Diane Sauvé, Guy Daoust et Martin Labrosse. Le décor donnera une vue splendide sur la tour de saut à ski, au cœur de la montagne. Le studio n’est pas encore construit, mais pas de panique, on est en avance sur l’échéancier, assure-t-on.

La première directrice des sports et de la production olympique, Catherine Dupont, affirme que le décalage horaire de 14 heures est plus avantageux qu’on le pense pour nous. Les compétitions en matinée là-bas nous parviendront en soirée, alors que celles du soir en Corée, en matinée ici. Des 20 à 22 heures quotidiennes de retransmission, 15 heures seront en direct.

La période creuse de l’après-midi chez nous sera occupée par Alexis de Lancer, qui ne sera non plus sur la plage comme à Rio, mais sur le terrain, dans la froidure hivernale coréenne. L’équipe compte un atout majeur en la personne du volubile Laurent ­Duvernay-Tardif, des Chiefs de Kansas City. Le charismatique footballeur s’intéressera aux athlètes de près.

Animateur pour la 15e fois aux Jeux olympiques, Claude Mailhot sera seul chef d’antenne à RDS, alors que Radio-Canada en a cinq. RDS, RDS2 et RDS Info se partageront la retransmission des compétitions. TVA Sports, qui était dans le pool de diffusion à Sotchi mais pas à Rio, n’est toujours pas impliqué, et ne le sera pas plus pour les prochains Jeux, puisque le partenariat entre ­Radio-Canada et RDS vaut jusqu’en 2024.

La vive tension entre Donald Trump et le chef nord-coréen Kim Jong-un n’inquiète pas outre mesure l’équipe réduite de télévision qui se rendra là-bas. Marie-José Turcotte, qui avait couvert les Jeux de Séoul en 1988, se souvient que le centre de diffusion était déjà protégé par des militaires armés de mitraillettes, et qu’on devait passer par un détecteur de métal pour y entrer, à une époque où ce n’était pas courant comme aujourd’hui. «C’est un pays beaucoup plus militarisé que le nôtre», rappelle la chef d’antenne, en plus de souligner qu’un plan d’urgence est prévu, en cas de véritable menace.

Le directeur général de la production à Radio-Canada, François Messier, affirme que le diffuseur ne mettra pas les vies de ses employés en danger, et croit improbable l’idée d’attaquer le centre de diffusion. «C’est probablement l’endroit le plus sécuritaire. Ils savent que les images partent de là pour le reste du monde.»

M. Messier croit que la décision de la LNH de ne pas envoyer ses joueurs à Pyeongchang permettra à Radio-Canada et RDS de mettre la lumière sur des athlètes olympiques souvent éclipsés par le hockey. «Érik Guay va skier un samedi à 21h à notre heure, donc en prime time», souligne-t-il. «Pensez-vous réellement que les gens ne seront pas intéressés de voir Alex Harvey, même s’il ne porte pas des patins mais des skis?» demande Claude Mailhot. N’empêche, c’est le hockey qui récoltait les meilleures cotes d’écoute aux Jeux par le passé.

Les bonnes performances des athlètes canadiens dans la dernière année en championnats du monde font espérer le meilleur pour Pyeongchang. Marie-José Turcotte se mouille et nous prédit au moins 25 médailles, le score de Sotchi.

D’une extraordinaire efficacité lors des derniers Jeux, l’application mobile rendra disponible plus de 2500 heures de compétitions en direct, et des résumés pour ceux qui ne veulent pas se taper l’intégrale d’une épreuve.

Olivier : des adieux très suivis

Olivier a fait ses adieux à 761 000 téléspectateurs lundi soir à ICI Radio-Canada ­Télé. C’est 200 000 de plus que L’imposteur – la suite, qui en a conservé 558 000 à TVA. Plus tôt, Boomerang gagnait haut la main à 858 000 contre 512 000 pour Trop. L’échappée (1 014 000) maintient son avance sur Faits divers (416 000).

Coup de foudre adaptée dans quatre pays

Beau coup pour Media Ranch, qui vient de vendre les droits de l’émission Coup de foudre au groupe Banijay, une importante société française de production et de distribution de contenus. Après cette entente conclue au Mipcom à Cannes, l’entreprise compte ainsi créer des matchs parfaits en Australie, en France, au Danemark et en Italie, où seront produites différentes adaptations de l’émission. Animée ici par Mathieu Baron, en semaine à 17h30 sur V, la nouvelle mouture de l’émission en est à sa deuxième saison à V. 

Jusqu’ici produite par Salvail & Co, Coup de foudre appartient exclusivement à Media Ranch, qui a racheté avec Vivianne Morin l’entreprise d’Éric Salvail. Cette nouvelle entité prendra la relève à la production, si l’émission était renouvelée. Coup de foudre est un concept 100 % québécois, créé par René Ferron et diffusé de 1988 à 1993 à TQS. Une histoire de famille, puisque M. Ferron est le père de Sophie Ferron, présidente de Media Ranch.