La chanteuse inuit Susan Aglukark

Des Inuits veulent sauver leurs chants traditionnels

IQALUIT — Des chants traditionnels inuits accompagnés au tambour, que le colonialisme canadien et les missionnaires catholiques avaient étouffés au XXe siècle, seront peut-être sauvés de l’extinction, finalement.

La Société Qaggiavuut, du Nunavut, annonce qu’elle organisera une formation de cinq jours, le mois prochain, sur les chants traditionnels «pisiit». L’organisme indique que ces cours s’inscrivent dans un effort plus vaste visant à mettre en contact les aînés avec la prochaine génération d’artistes, dans l’espoir de présenter ce genre musical aux autres communautés du Nunavut.

La tradition pisiit peine à survivre depuis que ces chants ont été interdits par les missionnaires chrétiens parce qu’ils étaient trop enracinés dans la spiritualité inuite, expliquent les organisateurs.

Les cours seront donnés en inuktitut, sans interprètes, par huit aînés de diverses régions du vaste territoire inuit. Les différentes techniques vocales seront enseignées par l’auteure-compositrice-interprète inuite Looee Arreak et par Susan Aglukark, connue notamment pour son succès O Siem, en 1995, et lauréate de plusieurs prix Juno.

La formation sera offerte du 6 au 10 août à Iqaluit, la capitale du Nunavut. La session éclair culminera le 9 août avec un récital de chansons qui n’ont pas été entendues en public depuis plus de 50 ans.

L’initiative d’exposer cette musique à davantage de gens avait été lancée l’an dernier par la Qaggiq Performing Arts School, un partenariat avec l’École nationale de théâtre du Canada et l’École nationale de théâtre du Groenland.