Gérard Depardieu, 69 ans, avait attiré l’attention il y a quelques années en adoptant la nationalité russe, «non pas pour une question de fiscalité, mais pour la liberté».

Depardieu, citoyen du monde

Les passages de Gérard Depardieu en sol québécois sont rares. Tellement que lui-même a du mal à se rappeler. «Je ne me souviens pas de ma dernière visite, je ne me souviens jamais de rien, mais je viens toujours au Canada avec plaisir.» Cette fois, c’est porté non pas par le souffle du septième art qu’il traverse l’Atlantique, mais par celui de la chanson, à l’occasion d’un spectacle hommage à sa grande et regrettée amie Barbara.

Plus de 30 ans après sa rencontre au sommet avec l’interprète de L’aigle noir, dans Lily Passion, à Paris, Depardieu a choisi de célébrer sa mémoire en revisitant sur scène ses plus grands succès. C’est ce qu’il fera le 22 mai, au Grand Théâtre de Québec, et les deux jours suivants, à l’Olympia de Montréal.

«Barbara, c’était une véritable amie. Ce n’était pas une relation homme-femme normale, c’était une amitié amoureuse, voilà», confie en entrevue depuis Paris l’acteur au franc-parler. Au bout du fil, la star se livre à quelques envolées et digressions, se fait évasif sur certaines questions, aborde lui-même des sujets qu’on croyait tabous. On a quand même affaire au «monstre sacré» du cinéma français...

De ce spectacle, déjà présenté au Japon, en Chine et en Russie, on devine qu’il aimerait sauter l’étape de la promotion pour laisser au public la surprise de le découvrir. «C’est difficile d’en parler, je ne suis pas vendeur, moi. Je ne connais pas le monde de la promotion. Ce n’est pas mon boulot. Si les gens ne sont pas contents, ils se lèvent et ils s’en vont, c’est simple, faut pas s’embêter...»

Seulement un piano

«J’ai tellement de souvenirs d’elle [Barbara] qui sont dans le spectacle. Je ne veux pas raconter d’anecdotes. Les anecdotes, ça m’ennuie en vérité. En revanche, les souvenirs, ça se partage. Je ne fais qu’essayer de restituer les émotions. Avec le temps, les émotions, non seulement survivent, mais reviennent au galop.»

C’est l’arrangeur musical de Barbara, Gérard Daguerre, qui l’a convaincu de sauter dans l’aventure. À un orchestre en guise d’accompagnement, l’acteur a opposé un non catégorique pour faire plutôt dans le minimalisme. «C’était un piano, point.»

Quand on lui demande s’il y a une chanson du répertoire de la chanteuse qu’il préfère, que ce soit Dis, quand reviendras-tu?, Nantes, Une petite cantate ou La solitude, le comédien emprunte un chemin de travers. «Dans un spectacle, il n’y a pas une chanson, il y a une âme et c’est tout. C’est ce que j’aime. Moi, je ne suis pas chanteur donc je ne fais pas, comment dire, de l’argent. Je fais des rendez-vous avec des gens.»

«Je déteste le naturel»

Lui qui avait poussé la chansonnette plus souvent qu’à son tour au grand écran dans Quand j’étais chanteur, de Xavier Giannoli, dit préférer être sur un plateau de tournage, «même si c’est devenu très rare de trouver de bons textes» aujourd’hui. «On préfère jouer naturel alors que je déteste le naturel. J’aime la nature, car elle est mystérieuse, il y a la vie et la mort, et c’est très bien. Il y a aussi l’éternité. Et un spectacle, ça doit toucher à l’éternité, à la mémoire, à tous nos souvenirs.»

L’acteur de 69 ans, qui avait attiré l’attention il y a quelques années en adoptant la nationalité russe, revient lui-même sur cet épisode. N’ayant «pas envie de travailler en France, je suis devenu Russe, Turc, Algérien, Belge, non pas pour une question de fiscalité, mais pour la liberté.» «Je suis un citoyen du monde, l’argent ne m’intéresse pas, ce sont les gens qui m’intéressent. Je suis Français, mais je déteste le politique, les patries, les patriotes. Ma vie c’est la planète, pas un pays en particulier. Il y a mille mondes à découvrir et mille yeux à voir.»

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

  • Quoi: Depardieu chante Barbara
  • Quand: 22 mai, 20h
  • : Grand Théâtre de Québec
  • Billets: de 98,40$ à 155,90$
  • Infos: www.grandtheatre.qc.ca