Les artistes Myriam Bouchard, Shono Teramoto et Hélène Allard

«D'encre, de Terre et de feu»: salon japonais

Trois femmes artistes tiennent salon dans un loft-atelier de Saint-Roch aménagé en salle d’exposition. Shono Teramoto, Myriam Bouchard et Hélène Allard font dialoguer leurs œuvres avec soin, rendant hommage au Japon, au zen et à la Terre d’un même souffle.

Hélène Allard compose des vues aériennes imaginaires à partir de coquilles d’œufs. Le relief délicat, rempli de fines craquelures, donne l’impression de survoler des territoires imaginaires millénaires.

La céramiste Myriam Bouchard manie la terre et le feu avec l’aisance d’Héphaïstos et la finesse d’une fée. Ses pièces grand format ressemblent aux coquilles ouvertes de quelque créature mythologique. Ses objets, cuits dans un four Anagama, par cuisson Saggar ou par cuisson électrique, rappellent à la fois la lave et les pierres sacrées.

Les deux artistes ont connu Shono Teramoto alors qu’elle donnait des formations de calligraphie japonaise. Celle-ci a grandi au Japon, puis a passé quelque temps à Londres et trois ans à Québec avant de s’établir à Kyoto. Elle perfectionne son art depuis qu’elle a six ans. Un seul caractère, tracé à l’encre noire avec un large pinceau, représente tout un monde. Il danse, chargé d’énergie, sur la toile. Ses Enso, de grands cercles tracés en un geste, qui dévoilent le degré de concentration, l’humeur et l’état d’esprit de celui qui s’adonne à ce mode d’expression, sont le résultat d’un rituel aussi spirituel que performatif.

Aperçu de l’exposition «D’encre, de Terre et de feu»

Dans l’encre, elle ajoute parfois des pigments métalliques. Sa signature, contenue dans un petit carré rouge, semble sceller l’équilibre de ses compositions. Ses œuvres utilisent pour la plupart le style traditionnel japonais, mais certaines portent aussi des influences chinoises. L’écriture, traitée ainsi, est comme une «musique gelée», illustre-t-elle. Chaque œuvre, elle, est comme une fenêtre.

Pour Myriam Bouchard, présenter cette exposition est une forme d’adieu, puisqu’elle a vendu l’atelier à un jeune artiste. Elle poursuivra son travail en France, où elle compte demeurer six mois par an. 

Jusqu’au 27 octobre au 291, Christophe-Colomb Est, app 205. Info : 418 575-7483

Aperçu de l’exposition «D’encre, de Terre et de feu»