Les écoles de danse du Québec pourront de nouveaux accueillir leurs élèves de façon sécuritaire en respectant les mesures sanitaires.
Les écoles de danse du Québec pourront de nouveaux accueillir leurs élèves de façon sécuritaire en respectant les mesures sanitaires.

Déconfinement: les écoles de danse se retroussent les manches

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Ils ne pourront pas valser joue contre joue ni danser la salsa, mais l’annonce de la réouverture des infrastructures sportives intérieures donne du «swing» au Réseau d’enseignement de la danse (RED). Dès le 22 juin, les écoles de danse du Québec pourront de nouveaux accueillir leurs élèves de façon sécuritaire en respectant les mesures sanitaires.

Marcelle Turgeon est la directrice de l’OBNL Espace danse, une école de danse partenaire avec les villes de Québec et de Saint-Augustin-de-Desmaures qui permet à près de 500 jeunes de la région d’apprendre le jazz, le hip-hop et le ballet. Mme Turgeon et ses étudiants attendaient cette réouverture depuis fort longtemps. «Au tout début de la pandémie, ça m’a pris un bon deux semaines avant de comprendre l’ampleur de la situation. On a arrêté nos cours à la mi-mars et on pensait qu’on allait en avoir juste pour trois ou quatre semaines. On n’avait pas vu ça venir!» lance-t-elle d’emblée.

Prises de court, Mme Turgeon et son équipe de vingt professeurs ont rapidement créé des capsules pour les tout-petits. Pour ses étudiantes un peu plus âgées, l’équipe a organisé des rencontres Zoom afin de donner des exercices et des conseils. «Ce n’était vraiment pas l’idéal, mais au moins ça nous permettait de garder contact avec les filles. Là, on est content de pouvoir reprendre pour les camps d’été qui débuteront à la fin juillet. C’est bien beau le virtuel mais, la danse, c’est physique et tactile. On doit être devant les jeunes pour corriger leurs mouvements et leur apprendre les chorégraphies», explique Mme Turgeon.


« C’est bien beau le virtuel mais, la danse, c’est physique et tactile. »
Marcelle Turgeon, directrice de l’OBNL Espace danse

La directrice, qui travaille dans le milieu de la danse depuis près de 40 ans, a dû restreindre son nombre de places disponibles dans ses deux groupes de camp de vacances. Alors qu’elle accueillait dans son studio de Cap-Rouge, l’été dernier, entre 20 et 25 enfants par groupe, Mme Turgeon a dû diminuer son nombre de participants de moitié. «Il va y avoir neuf enfants par groupe et un professeur, indique Mme Turgeon. Ça fait dix personnes par local. Je me dis que c’est assez pour cet été. Ça me permettra de voir comment ça se passe et combien d’enfants on pourra accueillir à l’automne.»

Marcelle Turgeon, directrice de l’OBNL Espace danse, et ses étudiants attendaient cette réouverture depuis fort longtemps.

Même si elle dit ne pas avoir de crainte à savoir si les enfants respecteront les mesures sanitaires, Mme Turgeon a bien hâte de voir comment l’été se déroulera. «On va faire les échauffements à l’extérieur et, comme il y a deux portes, on sera en mesure de créer un couloir de circulation dans le local. Les étudiantes seront toutes à deux mètres de distance et… on va se laver les mains! Si ça se passe bien actuellement dans les écoles primaires, je ne vois pas pourquoi ça irait mal ici.»

Se préparer pour l’automne

Selon Véronique Clément, directrice générale du Réseau d’enseignement de la danse (RED), qui représente 112 écoles et 40 000 étudiants, l’annonce du gouvernement est tombée juste à point. Les écoles de danse, pour qui l’été est généralement une période assez tranquille, pourront rattraper leurs cours manqués, préparer leurs camps de vacances et les stages intensifs. «On voit toute la situation de façon très positive. Ça va nous permettre de nous organiser, de reprendre graduellement nos activités, de mettre en place les mesures sanitaires et de tester un peu notre fonctionnement avant notre rentrée en septembre», précise-t-elle, tout en espérant que les mesures s’assoupliront d’ici l’automne.

Les mesures sanitaires devront être respectées dans les écoles de danse. 

Devant l’ampleur des changements à mettre en place, certaines écoles de danse ont décidé de rester fermées pour l’été. Bien que Mme Clément affirme que ces écoles ne représentent pas la majorité, la directrice générale du RED insiste sur l’importance des enjeux auxquels feront face les écoles de danse dans les prochaines semaines.

«Il ne faut pas oublier les coûts inhérents à ces nouvelles règles sanitaires. Plusieurs écoles sont actuellement dans une situation financière précaire. […] Beaucoup d’entre elles n’ont pas eu accès à l’aide financière», souligne Mme Clément.