Élise Paré-Tousignant

Décès d'Élise Paré-Tousignant: une grande dame de la musique s’éteint

Nous avons appris avec tristesse le décès d’Élise Paré-Tousignant, une grande dame, pédagogue, administratrice, directrice artistique et mélomane passionnée, qui a fortement marqué le milieu de la musique classique à Québec et au Québec.

«Ça a été une maladie fulgurante, qui s’est développée rapidement au cours des derniers mois, mais en Élise typique, elle a eu le temps de tout organiser. Elle est partie en paix, entourée de sa famille», indique le chef Bernard Labadie, qui a été son voisin, son élève, puis son grand ami.

Élise Paré Tousignant a fait sa marque à l’Université Laval, où elle a d’abord été professeure de solfège et a mis sur pied l’atelier lyrique. «Elle m’a permis de faire des projets liés à la direction d’orchestre, alors qu’il n’y avait pas de programme à l’École de musique à l’époque, raconte le chef fondateur des Violons du Roy. Lorsque quelque chose n’existait pas, à cause de certaines règles, et qu’elle trouvait que ça manquait, elle s’arrangeait pour que les choses existent.»

En 1985, Mme Paré-Tousignant est devenue la première doyenne de la Faculté des arts, avant d’être nommée vice-rectrice aux ressources humaines.

De 1993 à 2001, elle a été directrice artistique du Domaine Forget et a supervisé la construction de la salle de concert, «la meilleure à l’est de Toronto», déclarait-elle fièrement. Elle a aussi participé, quelques années plus tard, à la transformation du Palais Montcalm et a été l’une des premières à siéger au Conseil des arts et des lettres du Québec, à sa création. «C’est toujours à elle qu’on pensait pour les missions impossibles ou délicates», note M. Labadie. «Elle avait beaucoup de créativité et d’ascendant sur les gens. On perd un monument. Elle a été une pionnière à tous les chapitres. Elle était forte, et c’était une femme de cœur.»

Tout en menant mille et un projets, Mme Paré-Tousignant a trouvé le temps et l’énergie d’élever cinq enfants. En 2011, elle a reçu un prix Opus hommage des mains de sa petite-fille, la violoncelliste Camille Roberge.

Elle était aussi très impliquée dans la vie communautaire et culturelle de Deschambault, où elle est née en 1937. «C’est une femme du terroir. Encore l’an dernier, je crois qu’elle a dirigé sa messe de minuit, elle avait les deux mains dans la vraie vie, elle était très impliquée dans sa communauté», souligne M. Labadie.

Quand Denys Arcand, aussi originaire de Deschambault, a tourné Le règne de la beauté, Bernard Labadie a joué un chef de chœur de paroisse. «Les pièces qu’on a faites, il les avait entendues plus jeune à l’église de Deschambault, sous la direction d’Élise», souligne le chef.

Mme Paré-Tousignant a siégé aux conseils d’administration des Violons du Roy, de l’Orchestre symphonique de Québec, de la Fondation du Trident et de la Fondation Claude-Lavoie. Elle a été présidente du Conseil québécois de la musique et présidente de la Société du Palais Montcalm. Elle a reçu l’Ordre national du Québec en 2006 et a reçu le titre de Compagne des arts et des lettres en 2015.