Dear Criminals s’installera au Pantoum les 1er et 2 août afin d’offrir à ses spectateurs une expérience sans pareil.
Dear Criminals s’installera au Pantoum les 1er et 2 août afin d’offrir à ses spectateurs une expérience sans pareil.

Dear Criminals présente Lone Ride, un spectacle unique et… très intime

Le groupe «électro-minimal» Dear Criminals s’installera au Pantoum les 1er et 2 août afin d’offrir à ses spectateurs une expérience sans pareil. Pour respecter les consignes de santé publique, le trio montréalais donnera plusieurs prestations musicales devant une ou deux personnes, à la fois, le temps de leur chanson préférée.

Présenté initialement au Lion d’or, une salle montréalaise, le spectacle Lone Ride sera offert près de cinquante fois, au Pantoum, en deux jours.

De 16h à 20h, samedi et dimanche, le groupe donnera des «mini-concerts» dans une ambiance feutrée respectant la distanciation physique et les consignes sanitaires. Les spectateurs, qui auront préalablement choisi leur chanson préférée parmi Bad Black Days, Coco, Lies in Blue, Little Thief, Fuck the Stars, Plastic Flowers, Stay Tonight, Slowdisco, Thorns & Spades et Where We Started, pourront plus que jamais ressentir, au fond d’eux, les vibrations de leur musique favorite.

Pour Frannie Holder, Charles Lavoie et Vincent Legault, les trois membres de Dear Criminals, il était important, malgré la pandémie, d’offrir à leurs admirateurs un spectacle riche et unique, loin du virtuel. «Quand est arrivée la COVID-19, les diffusions virtuelles ou les shows de balcon n’étaient pas vraiment une option pour nous. On a diffusé la captation d’un spectacle qu’on avait fait il y a longtemps, mais c’est tout. […] Pour Dear, notre démarche est beaucoup autour du rapport au contexte d’écoute. On essaie toujours de créer un contexte d’écoute qui favorise la réception de notre œuvre musicale», explique Frannie Holder.

Selon la chanteuse, Lone Ride est une expérience artistique incomparable, mais aussi un moment très humain puisqu’un rapport d’intimité se crée entre le trio et la personne qui reçoit la chanson. «Quand on est assis devant les gens, une personne ou deux à la fois, et qu’on voit en live l’émotion que procurent la chanson, les voix et le contexte d’écoute, c’est vraiment spécial. Moi, je ne suis pas équipée dans la vie pour recevoir de l’émotion vive comme ça», raconte-t-elle.

Habituellement, une certaine distance temporelle ou même physique se crée entre les artistes, leur œuvre et les spectateurs, affirme Frannie. Cette dernière souligne que, même en spectacle, la foule devient une sorte de masse qui camoufle les diverses émotions des individus. Or, avec Lone Ride, les réactions sont pures, vives et fortes. «En treize ans, je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça», insiste la chanteuse également musicienne.

Le spectacle Lone Ride flottait déjà dans l’air depuis quelques années. Mais, quand la Covid-19 est arrivée, le groupe s’est tout de suite dit «Ah! voilà. C’est maintenant qu’on fait ça», raconte Frannie, qui souligne qu’il était nécessaire pour Dear Criminals d’amener un spectacle qui liait les humains entre eux, particulièrement en ces temps difficiles.

En solidarité avec les petites salles

Si Lone Ride a permis à Dear Criminals de rencontrer personnellement son public et de connecter avec « l’unicité de chaque personne », la tournée de «mini-concerts» a également donné au groupe l’occasion de soutenir les petites salles de spectacles indépendantes.


« On aurait pu faire Lone Ride à l’extérieur ou dans une galerie d’art. On aurait pu faire ça à plein d’endroits, mais, pour nous, la salle de spectacle est un acteur clé du milieu de l’événementiel parce qu’elle influence le rapport à l’écoute. Tu n’écoutes pas de la même façon que tu sois à l’Impérial ou au Pantoum, au Metropolis ou au Lion d’or »
Frannie Holder

Pour les petites salles indépendantes comme Le Pantoum, si le début de la pandémie a été difficile, le déconfinement l’est tout autant. «Nos activités ont repris à la mi-mai […] Mais c’est sûr que, pour nous, avec la dimension de notre salle et les normes qui sont en vigueur par rapport à la distanciation, ça ne nous permet pas d’accueillir un grand nombre de personnes. Donc la proposition de Dear Criminals, ça nous permet de présenter un show tout en respectant les normes de santé publique», explique Jean-Étienne Collin Marcoux, fondateur et directeur général du Pantoum.

L’initiative de Dear Criminals a ravi l’équipe du lieu qui est très heureuse de «reprendre le flambeau de leur mission qui est de présenter une offre culturelle audacieuse artistiquement à Québec».

Tout comme le trio montréalais, Le Pantoum a une vision mitigée du numérique qu’il considère tout de même intéressant vu les circonstances difficiles. «Le numérique est une béquille intéressante, mais ça ne pourra jamais remplacer l’expérience humaine physique dans un spectacle réel, d’humains à humains, dans une même pièce. Ce n’est pas possible d’avoir cet échange d’énergie par le numérique», précise Jean-Étienne Collin Marcoux tout en soulignant que, si Le Pantoum se lance dans le numérique, il l’embrassera totalement en allant plus loin qu’une simple diffusion web afin de poursuivre la mission de la salle qui est d’offrir une expérience unique aux spectateurs.