La star à la tignasse blonde n'a pas été chiche côté succès : elle les a enfilés les uns après les autres, chacun étant illustré de manière particulière.

De toutes les couleurs avec Pink

CRITIQUE / Pour sa première visite à Québec, Pink en a fait voir de toutes les couleurs à ses fans - sans mauvais jeu de mots. Acrobatie aérienne, chorégraphies variées, pyrotechnie, bracelets lumineux multicolores, scénographie élaborée, la vedette n'a pas lésiné sur les moyens pour séduire la vaste foule venue l'accueillir et elle y est parvenue haut la main.
Il y avait beaucoup, beaucoup de monde sur les plaines d'Abraham. À une trentaine de minutes du concert, on parlait du double de festivaliers qui faisaient leur entrée, comparativement à la soirée de Kendrick Lamar. C'est justement à travers ses nombreux admirateurs que Pink est apparue, sortant d'une plateforme élévatrice au bout d'une longue passerelle menant à la scène, décorée de fleurs. Pendant ce temps, quelque 50 000 bracelets lumineux remis aux festivaliers devenaient roses - ils allaient, tout au long de la soirée, passer d'une couleur à une autre à différentes occasions ou clignoter au rythme de la musique. Oui, ouvrir avec Get The Party Started était à propos, surtout que, en plus des musiciens de Pink qui rockaient, sa troupe de danseurs installait la fête.
La star à la tignasse blonde n'a pas été chiche côté succès : elle les a enfilés les uns après les autres, chacun étant illustré de manière particulière, que ce soit en recourant aux danseurs, qui pouvaient offrir des chorégraphies sensibles (Try) ou festive (Raise Your Glass), à la pyrotechnie, aux projections ou à des bains de foule.
L'acrobate 
Le clou du spectacle a bien sûr été lorsque Pink a survolé les festivaliers à la manière d'une acrobate de cirque, dans une ceinture gyroscopique, durant l'incontournable So What. Non seulement ça rockait, mais elle s'amusait en passant d'un côté à l'autre, montant ou descendant le temps de toucher les admirateurs. On en oubliait presque que quelques paroles étaient escamotées.
Le spectacle de Pink était si bien ficelé, qu'elle a pu insérer un segment acoustique avec son guitariste, au bout de sa passerelle, sans qu'il n'y ait de creux de vague. Au moment où on commençait à croire que ça s'étirait, durant sa reprise de Babe, I'm Gonna Leave You, le mordant est subitement revenu à même cette pièce a priori acoustique, puis le reste de la soirée a filé à toute allure.
Plusieurs danseurs accompagnaient sur scène la chanteuse.
La charismatique vedette, qui était bien en voix, a pris un peu de temps pour jaser avec ses fans. «C'est à peu près mon deuxième concert en quatre ans, excusez-moi si je me trompe dans les paroles», a-t-elle dit, modestement. On ne l'a pas senti rouillée. Au contraire, elle a semblé prendre son pied, distribuant les sourires ou les commentaires spontanés, comme lorsqu'elle s'est excusée à sa mère, présente dans la foule, pour avoir juré!
Avec sa production élaborée, le concert était fait sur mesure pour la grande scène des plaines d'Abraham.
Un concert terriblement réussi, donc, et qui était, avec sa production élaborée, sur mesure pour cette grande scène des plaines d'Abraham.
K.Flay n'a pas caché sa joie de se produire en spectacle à Québec pour la première fois.
K.Flay
La soirée était sous le signe de la pop féminine états-unienne. Aussi, un peu plus tôt, c'était K.Flay qui prenait le micro, en flirtant tour à tour avec l'électro, le rock ou même le hip-hop. Arborant un t-shirt où l'on pouvait lire «Défendons notre avenir», elle n'a pas hésité à dire combien elle était heureuse de cette première visite à Québec et à lancer des flèches au président Trump. Elle a bien fait, finissant en force, sans pour autant parvenir à créer un lien solide avec la foule, dont l'écoute a été polie. 
Même si elle s'est égarée dans plusieurs directions, Grace Mitchell a livré son matériel avec un certain panache.
Grace Mitchell
Grace Mitchell s'est chargée d'ouvrir le bal. La jeune artiste de 19 ans, qui confiait être à son deuxième passage à Québec, n'en revenait pas de fouler la même scène que Pink et K.Flay. Elle a livré son matériel avec un certain panache, mais aussi en s'égarant dans plusieurs directions, d'une indie rock presque punk, qui lui allait bien, jusqu'au funk. Elle s'est bien tirée d'affaire, mais, ironiquement, c'est lorsque le public a remarqué sur l'écran géant qu'elle n'avait pas les aisselles rasées qu'il a le plus réagi...
La liste des chansons
1. Get The Party Started
2. U + Ur Hand
3. Just Like a Pill
4. Trouble
5. Leave Me Alone (I'm Lonely)
6. Try
7. Just Give Me a Reason
8. How Come You're Not Here
9. Funhouse/Just A Girl
10. 1Who Knew
11. Fuckin' Perfect
12. Me and Bobby McGee
13. Babe, I'm Gonna Leave You
14. Sober
15. River
16. Just Like Fire
17. Blow Me (One Last Kiss)
18. Raise Your Glass
19. So What
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En réalité virtuelle
Le Soleil a fait partie des chanceux à pouvoir expérimenter le spectacle de Pink en réalité virtuelle.
L'expérience est spéciale. Et n'est pas tant intéressante pour la qualité de l'image ou du son que pour le principe de se trouver littéralement sur scène aux côtés de la diva, alors que celle-ci livre son spectacle aux dizaines de milliers de personnes réunies sur les plaines d'Abraham. 
Avec une image à l'échelle humaine, on a vraiment l'impression de se trouver en présence de Pink.
L'expérience se déroulait samedi soir dans le pavillon Bell du Coeur du FEQ durant les quatre premières chansons du spectacle, soit Get the Party Started, U + Ur Hand, Just Like a Pill et Trouble. Plusieurs dizaines de personnes sur place ont également pu vivre le début du spectacle en réalité virtuelle.
Seul hic : quelques courtes interruptions nous faisant perdre certains moments de la performance. Dans l'ensemble, un pari réussi pour Bell et pour l'entreprise arnoovo.  Camille B. Vincent
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Foule immense!
La foule était très dense pour le spectacle de P!nk sur les plaines d'Abraham, comme en témoigne cette photo envoyée par un lecteur du Soleil, Louis Massicotte.