René Derouin a documenté les différentes étapes de la création d’une œuvre d’art public qu’il a réalisée dans une école primaire.

«De l’idée au geste», testeurs d’hypothèses

Il est souvent fascinant de se faire raconter les multiples étapes et métamorphoses d’un projet en arts visuels. L’exposition en cours à la Maison Hamel-Bruneau, «De l’idée au geste. Sept univers à parcourir», nous permettent d’avoir un regard privilégié sur le travail d’artistes qui sont devenus maîtres dans l’art de tester leurs hypothèses.

La commissaire Nathalie Racicot voit, dans cet esprit de recherche, un rapport avec les sciences. Pour présenter l’univers de chacun, elle a retenu un chapelet de mots-clés, une pièce maîtresse sur laquelle il y avait une histoire à raconter et a composé des vitrines avec les traces les plus significatives de leur démarche. 

René Derouin, maître archiviste de son propre travail, est celui dont on voit le mieux le processus créatif. La maquette des reproductions de la murale à différents moments et des photographies du travail en atelier montrent en détails la création d’une œuvre d’art public dans une école primaire. 

La vaste démarche de documentation de Samuel Breton permet de présenter costume, objets et croquis qui ont mené à la création d’une vidéo sur le déluge du Sagenay. Il y interprète Noé, commentateur vedette de LCN, alors que s’amalgament les symboles identitaires (la petite maison blanche) et très personnels (un bougeoir en forme de hibou sauvé d’un chalet familial inondé).

La commissaire a rassemblé le travail du lissier Marcel Marois et celui de la joaillière Sonia Beauchesne, qui se sont tous deux inspirés d’éléments de la nature pour créer des œuvres en résidence à l’étranger. Amélie Proulx et Carole Baillargeon, dont les créations sont intimement liées au corps, ont elles aussi été rassemblées. À partir de moules de ses propres mains, Amélie Proulx a changé d’échelle, moulé, rempli, reproduit puis photographié. «Elle s’intéresse beaucoup à la traduction et la perte qui en découle», résume Mme Racicot. Carole Baillargeon, elle, a sculpté une robe aux allures de sirène dans une poutre ancienne, réfléchissant au flétrissement, au temps et au rapport de séduction.  

Passeur d’idées chevronné, le peintre et documentariste Martin Bureau crée des images qui se font  écho. Une toile de la série Anthropocène, où un ouragan liquide creuse la terre, est mise en lien avec des images de Bonfires, où une tour de déchets s’embrase.

Jusqu’au 16 décembre à la Maison Hamel-Bruneau, 2608, chemin Saint-Louis