La chanteuse américaine Valerie June

De l’âme et de la soul

À son premier passage dans la capitale, jeudi, au Palais Montcalm, la chanteuse américaine Valerie June nous a fait patienter jusqu’au rappel avant d’entonner sa pétillante chanson Got Soul. Pas grave, on lui pardonne. Elle avait de toute façon déjà prouvé depuis longtemps qu’elle incarne tout à fait l’essence de cette pièce. De la soul, elle en a… Et de l’âme aussi!

D’une grande élégance (et quel style!) dans sa jupe vaporeuse et sa veste à paillettes, la tête coiffée d’une impressionnante couronne de dreadlocks, elle ne passe pas inaperçue, Valerie June. Pas question pour autant de donner dans le fla-fla. La chanteuse et multi-instrumentiste a un travail à faire — elle chante après tout avec beaucoup d’aplomb son Workin’ Woman Blues — et elle s’acquitte de sa tâche avec grâce, précision et beaucoup d’implication. Voguant dans un savant amalgame de folk, de country, de soul et de blues l’auteure-compositrice-interprète butine d’un instrument à l’autre et fait un excellent usage de sa voix puissante, souple et racée.

En début de programme, on est passé jeudi du languissant (The Hour) à l’hypnotique (Man Done Wrong) au swing groovy (Shakedown). Avec The Front Door, Valerie June a révélé son côté fragile, avant d’entonner la magnifique Astral Plane, qui réussit à conjuguer de belles rondeurs (merci à l’efficace groupe de musiciens comptant deux spectaculaires barbus!) à un aspect indéniablement aérien.

Femme de peu de mots (en spectacle, du moins), Miss June semble visiblement préférer laisser parler ses chansons, qui en ont justement long à dire. Il aura fallu la fin de la première partie pour que la chanteuse discute un peu avec son public. Avec son accent chantant du sud des États-Unis, la native du Tennessee a profité de l’occasion pour nous raconter l’histoire du banjolélé surnommé Baby, qui aime le froid de Québec parce qu’il lui rappelle celui de Budapest. C’est semble-t-il là que l’instrument lui a soufflé la chanson Somebody to Love, livrée de belle manière avant l’entracte. Sympa!

Contrastes
En deuxième partie, la musicienne a une nouvelle fois joué sur les contrastes en exploitant sa palette musicale. On a eu droit à quelques morceaux livrés en tête-à-tête, dont une nouveauté, qui arrivera en ligne à la Saint-Valentin; à des ballades bien senties, à une très belle Two Hearts permettant à la chanteuse qui avait pour une fois les mains libres d’esquisser quelques mouvements de danse; à une plus pesante You Can’t Be Told bien bluesée et à un chouette détour chez Frederick Knight (I’ve Been Lonely For So Long).

Visiblement contente de sa soirée, la chanteuse a invité le public à venir à sa rencontre après le spectacle. «Je vais dire hey aux 10 premiers qui se pointent», a-t-elle d’abord annoncé, avant de se raviser en riant. «Bien non, je vais dire hey à tout le monde! Vous m’avez l’air de bonnes personnes…» Resympa!

Valerie June est attendue ce soir à Montréal, où elle doit se produire au Gésù. Ottawa et Toronto figurent aussi à son itinéraire canadien avant son retour aux États-Unis.