Thomas-Louis Côté, instigateur du spectacle «La philosophie s’illustre» auquel participeront, entre autres, l’auteur de BD Philippe Girard et l’artiste multidisciplinaire Nicolas Jobin.

De la philo illustrée pour l’UNESCO

La nomination de Québec comme ville littéraire de l’UNESCO donne naissance à des projets multidisciplinaires inusités. Le prochain en lice rassemble le rappeur Webster, les auteurs de BD Philippe Girard et Cy et deux philosophes sous la houlette de l’artiste et animateur Nicolas Jobin.

Tout ce beau monde se rejoindra au siège social de l’UNESCO à Paris, le 16 novembre, pour une performance festive en clôture des activités entourant la Journée mondiale de la philosophie.

«Il y avait une volonté d’avoir une présence québécoise là-bas lors de ces journées, alors nous avons monté un projet», indique Thomas-Louis Côté, directeur de Québec BD et instigateur du spectacle. Baptisé La philosophie s’illustre : une rencontre Québec-France, celui-ci tisse des liens vivants entre la philosophie et plusieurs formes artistiques.

«La philosophie a toujours inspiré les arts et ceux-ci ont été un superbe moteur pour les philosophes, indique Nicolas Jobin. On pense au théâtre d’Aristophane, à celui de Jean-Paul Sartre ou à la place qu’occupait la philo dans la musique de Rousseau et des baroques français… Il y a toujours eu une discussion». Il utilisera son bagage multidisciplinaire pour tricoter des liens entre le dessin, la littérature, la musique et le propos philosophique. 

Déjà, soulignons qu’un cours Philosophie du hip-hop est offert au Collège Montmorency, alors que Mafalda, Charlie Brown ou Socrate le demi-chien ne sont que quelques exemples de la filiation entre philo et bande dessinée.

Les chansons de Webster introduiront cinq thèmes (La philosophie et les jeunes, L’instantanéité et la philosophie, Mondialisation et philosophie, Le vivre-ensemble et Vers une histoire commune) sur lesquels s’exprimeront les philosophes Jean-Marc Narbonne et Éric Hamraoui.

Décloisonner

«Ce sera une discussion, et non des monologues menés en parallèle, souligne Thomas-Louis Côté. L’activité est pour le grand public, alors on décloisonne le modèle académique.»

Habitué des concerts dessinés, Philippe Girard indique : «Le dessin deviendra une mise en abîme de la musique et de ce qui sera dit. L’intérêt est que ce soit spontané, même si on a des pistes en tête.» Chaque dessin sera fait en une vingtaine de minutes (le temps de chaque discussion), sous l’œil d’une caméra. Cy, son homologue française, aura aussi sa planche à dessins.

Il n’est pas prévu, pour l’instant, que le spectacle soit repris à Québec.