Fred Pellerin a été accompagné d'une chorale de résidents de Saint-Élie-de-Caxton, qui avaient fait la route vers Québec avec lui, dont le vice-chef pompier, le forgeron, la boulangère, «Julie la caissière de l'épicerie» et même le maire Réjean Audet.

De chez Jeannot aux plaines d'Abraham

CRITIQUE / Fred Pellerin était visiblement impressionné par les milliers de personnes qui s'étaient déplacées sur les plaines d'Abraham pour assister à son spectacle en carte blanche de jeudi au Festival d'été de Québec. Présent en tant que chanteur, le barde de Saint-Élie-de-Caxton redevenait vite conteur entre les pièces, le temps de s'adresser à son public.
<p>Fred Pellerin était visiblement impressionné.</p>
«Vous savez, ces chansons-là, on a chuchoté ça par des soirs arrosés au studio chez Jeannot. On ne pensait jamais faire un spectacle avec ça, alors on chuchotait... Puis j'ai embarqué dans ce projet de tournée qui m'amène aujourd'hui sur vos Plaines. On s'en va déposer les armes chez vous!» a-t-il déclaré dans sa prose caractéristique après avoir interprété Au commencement du monde, Il faut que tu saches et Plus tard qu'on pense en levée de rideau.
Racontant des anecdotes de ce qu'il a qualifié de «tournette de 49 soirs» qui l'a amené aux quatre coins du Québec depuis le mois de février, Pellerin a indiqué que s'il avait signé le contrat, c'est qu'on l'avait fait boire... «Je suis comme ça, moi, quand je bois, je signe! J'ai le vin signeux!»
Dans cette première partie toute en douceur avec ses musiciens, Pellerin s'accompagnait parfois de sa guitare, de son harmonica ou des deux, ou alors seul devant son micro, récitant ses paroles avec sensibilité pendant que le public écoutait attentivement. Il y avait en effet très peu de téléphones cellulaires ouverts dans ce parterre composé essentiellement de baby-boomers!
Après une heure, il a propulsé ce qu'il a qualifié de portion «rock 'n roll» du spectacle avec des pièces plus rythmées comme Le Musée du Jamais Vu. C'est aussi avec son verbe imagé, mais avec sobriété, qu'il a salué, comme Julien Clerc, les victimes de l'attentat de Nice. «Je ne suis pas bilingue, mais on m'a dit que "Nice", ça voulait dire "gentil"... Salutations... et deuil.»
Chorale
Le moment que plusieurs attendaient est survenu durant J'ai un village dans la bouche quand Pellerin s'est mis à présenter avec force anecdotes les résidents de Saint-Élie-de-Caxton qui avaient fait la route vers Québec avec lui, dont le vice-chef pompier, le forgeron, la boulangère, «Julie la caissière de l'épicerie» et même le maire Réjean Audet «qui chante La Dame en Bleu»!
Tout ce beau monde souriant, des préadolescents aux octogénaires, a entonné avec lui L'Hymne et La mère-chanson, précédée de cette histoire d'une veuve qui avait eu dix enfants qu'elle retrouvait sur son lit de mort.
Au rappel, l'auteur-compositeur-interprète a demandé au public de garder le silence pour interpréter Silence, une pièce aux accents country qu'il a «habillée» de cette histoire à propos de la «boîte de silence» que lui avait donné sa grand-mère.
Dans le même registre, il a ajouté sa version de Mille après mille du regretté Wellie Lamothe «pour accompagner les gens de Saint-Élie qui vont bientôt rentrer au village en autobus». Bien sûr, les gens de sa smala joignaient leurs voix à celle de Pellerin pour cet au revoir à Québec et à ses plaines. «Ça va jaser au village demain!» a fait remarquer le chanteur-conteur avec justesse.
Julien Clerc a abordé le difficile sujet de l'attentat de Nice en lançant un message d'espoir alors qu'il interprétait la toute dernière chanson de son programme de jeudi soir au Festival d'été de Québec, «Laissons entrer le soleil».
Attentats de Nice: Julien Clerc invite à «laisser entrer le soleil»
«À Nice, en ce 14 juillet, des innocents ont été assassinés de façon ignominieuse. Quand je pense au temps où on chantait « Laissons entrer le soleil »... Il faut y croire, malgré les temps qui sont durs, il faut laisser entrer le soleil! », a lancé le chanteur parisien, qui a immédiatement été accompagné par la foule réunie sur les plaines d'Abraham, qui chantait avec lui le refrain de cette version française d'une pièce de la comédie musicale Hair.
Il n'en avait pas dit mot pendant son spectacle d'une heure trente, mais Julien Clerc a abordé le difficile sujet de l'attentat de Nice en lançant un message d'espoir alors qu'il interprétait la toute dernière chanson de son programme de jeudi soir au Festival d'été de Québec (FEQ), Laissons entrer le soleil.
Minute de silence
Tout juste avant l'entrée en scène de Julien Clerc, Nicolas Chibaeff, consul général de France à Québec, s'était lui aussi présenté sur la scène pour dire quelques mots afin de souligner la fête nationale de la France et, surtout, les tristes événements de Nice.
«Ce soir, l'esprit de la fête qui nous rassemble a été attaqué à travers un attentat à Nice. Des dizaines de personnes, qui s'étaient regroupées pour faire la fête, pour regarder des feux d'artifices, sont mortes, a-t-il affirmé. Nous allons célébrer avec Julien Clerc en poésie et en amour, qui est ce que nous avons de meilleur et de plus important face à la violence et à la haine qui frappe partout dans le monde», a-t-il ajouté, avant d'inviter les spectateurs à une minute de silence «pour la liberté, la fraternité et l'amour de l'humanité».