David Bowie superstar aux Brit Awards

Un an après sa mort, David Bowie a raflé à titre posthume les récompenses d'artiste et d'album britanniques de l'année mercredi soir à Londres lors des 37e Brit Awards.
C'est la troisième fois, après 1984 et 2014, que l'icône de la pop, décédée le 10 janvier 2016 à l'âge de 69 ans, est élue meilleur artiste, et ce moment a été célébré avec émotion. «Si David Bowie avait pu être ici ce soir, il ne serait probablement pas venu», a plaisanté l'acteur américain Michael C. Hall (Dexter), qui joue dans la comédie musicale Lazarus composée par Bowie et qui est venu chercher le trophée sur scène.
Bowie a ensuite doublé la mise dans la catégorie reine d'album de l'année, avec Blackstar, sorti deux jours avant sa mort. Là, c'est son propre fils, le réalisateur Duncan Jones, qui a reçu la récompense des mains de Noel Gallagher, du groupe Oasis, qui a lancé The King en tendant son micro vers le ciel.
«Il a toujours soutenu les gens un peu bizarres, un peu différents. Ce trophée est pour tous les dingos et les gens qui font les fous», a dit Duncan Jones.
Blackstar, album testament, n'avait même pas été présélectionné aux Grammy Awards il y a dix jours à Los Angeles, où Bowie a tout de même remporté cinq autres récompenses.
Dans les autres catégories, Emeli Sande a remporté sa deuxième récompense de meilleure artiste britannique, après 2013.
The 1975 a été désigné meilleur groupe britannique par le jury, et Radiohead est donc reparti une nouvelle fois bredouille.
«C'est irréel, on forme un groupe depuis qu'on a 13 ans et ce genre de choses n'arrive généralement jamais», a commenté le chanteur, Matty Healy.
Le chanteur de blues et hip-hop Rag'n'Bone Man a créé la surprise en remportant la récompense de révélation britannique de l'année, à la barbe notamment du rappeur Skepta.
Beyoncé récompensée
Sur les réseaux sociaux, certains y ont aussitôt vu une nouvelle preuve des supposés préjugés raciaux de la cérémonie.
Les «Brits» avaient été très critiqués en 2016 pour leur manque d'audace et leur sélection «trop blanche» en l'absence d'artistes représentant les musiques urbaines et la diversité ethnique du pays. 
Les organisateurs ont voulu rectifier le tir cette année en nommant notamment quatre artistes de couleur aux côtés de David Bowie, resté imbattable.
Les récompenses internationales ont été distribuées au pas de charge, sans discours ni remerciements. Le rappeur canadien Drake a gagné le prix du meilleur artiste international, devançant notamment son compatriote Leonard Cohen, nommé comme Bowie à titre posthume.
Chez les femmes, Beyoncé a pris sa revanche sur les Grammys en étant préférée à sa soeur Solange, à Rihanna, à Sia et à la Française Christine and the Queens.
Les «squelettes» de Trump et May sur la scène
Contrairement à d'autres cérémonies récemment, les Brit Awards ont globalement été exempts de revendications politiques mercredi à Londres hormis l'étrange ballet de deux squelettes ressemblant à s'y méprendre à Donald Trump et Theresa May.
C'est la chanteuse américaine Katy Perry, soutien de la candidate démocrate Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle américaine, qui a fait venir les deux squelettes géants sur la scène de l'O2 Arena lors de sa représentation.
Le premier était vêtu d'un costume sombre et d'une cravate rouge, le deuxième d'une robe rouge.
Les réseaux sociaux ont rapidement fait le rapprochement avec Donald Trump et Theresa May qui étaient habillés exactement de la même manière lorsque la Première ministre britannique a rendu visite au président américain aux États-Unis en janvier.
Theresa May avait à l'époque été critiquée par l'opposition au Royaume-Uni pour avoir refusé de condamner son décret anti-migrants et affiché une trop grande complicité à son goût avec le républicain.
Le geste de Katy Perry aux Brits n'est donc pas passé aperçu. Il a même fait réagir un député du parti conservateur de Theresa May en la personne d'Alec Shelbrooke qui n'a pas apprécié «l'arrogance» d'une «gauchiste n'ayant pas la moindre idée de ce qui se passe dans le monde».