Le spectacle Elvis Experience Symphonique était présenté une seule fois, mercredi soir, au Centre Vidéotron.

Dans l'ombre scintillante du King

CRITIQUE / Elvis Experience Symphonique s'est avéré une célébration où la nostalgie était douce, où l'humour et le charisme du King étaient bien présents, mais où l'orchestre, qui devait donner une enveloppe grandiose à ce concert unique, a dû trop souvent se contenter de taper des mains.
C'est dans un Centre Vidéotron bien rempli, jusqu'au haut des gradins, que Martin Fontaine et son équipe ont rendu hommage à Elvis Presley, quarante ans jour pour jour après sa mort. L'imitateur avait pris la peine d'adapter ses textes (en anglais bien sûr) pour ce contexte particulier, en continuant toutefois de prétendre que nous étions à Las Vegas, mais avec une salle un peu plus large, un public un peu plus canadien qu'à l'habitude et le «Quebec Symphony Orchestra», pour «one night only». 
Les musiciens de l'OSQ, sagement alignés derrière le band, étaient malheureusement rarement sollicités tous en même temps - sauf pour taper des mains, mandat dont ils se sont acquittés avec dévouement. On entendait soit les cuivres (flamboyants, notamment pour Proud Mary et Burning Love), soit les cordes (mielleuses pour Welcome to my World, majestueuses pour Impossible Dream et douces pour Don't Cry Baby, pendant laquelle défilaient des images de Lisa Marie Presley enfant). What Now my Love et You've Lost that Lovin' Feelin' ont été d'heureux contre-exemples, où on a bien senti toute la puissance orchestrale des années Vegas.
Pas certaine que l'intro sur-titrée et les images de cartes postales qui ont défilées sur l'air (enregistré) de Viva Las Vegas pendant les dix premières minutes étaient nécessaires avant que l'orchestre attaque le thème de 2001 : L'odyssée de l'espace pour lancer ce voyage dans le temps.
Pendant le spectacle en tant que tel, les montages d'images d'archives de la vie, des films et des spectacles d'Elvis et des enseignes de Sin City donnaient toutefois une belle enveloppe nostalgique aux chansons présentées. On plongeait dans la vie de l'idole en même temps que dans son répertoire. Il suffisait de se laisser bercer par la voix, l'humour et le charisme de l'imitateur aguerri et par sa musique ancrée dans notre bagage collectif.
Depuis le temps qu'il roule, l'hommage est bien tourné, les musiciens du band, les choristes et Martin Fontaine étaient rôdés au quart de tour, fidèles aux enregistrements de l'époque, ce qui, on ne peut le nier, a un caractère un peu magique, surtout dans une salle aussi remplie qu'hier, plongée dans des éclairages mouvants. La foule a accueilli le spectacle avec enthousiasme, mais en restant la grande majorité du temps bien assise - sauf le temps de Blue Suede Shoes, Jailhouse Rock et pour applaudir An American Trilogy et My Way, où on a (enfin) eu droit à quelques solos d'instrumentistes.
Elvis Experience Symphonique était présenté une seule fois, mercredi soir, au Centre Vidéotron.