Justin Timberlake avait convié samedi son public à un grand party dans sa «forêt» où il s'est exécuté avec énergie.

Dans la forêt du bien-aimé Justin Timberlake

CRITIQUE / S’il y en avait encore pour douter du pouvoir d’attraction de Justin Timberlake dans la capitale, ils ont été joyeusement détrompés, samedi soir, au Centre Vidéotron. À sa première visite à Québec, la vedette a déployé l’univers de sa tournée «Man of the Woods» de main de maître, devant une foule enthousiaste, conquise d’avance, mais jamais tenue pour acquise.

Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis qu’on a découvert les frisettes du jeune Timberlake au sein du boys-band Nsync dans les années 90. Depuis le temps qu’il roule sa bosse, il s’est élevé au rang d’expert entertainer. Et il n’a pas fait mentir son titre non officiel, samedi, dans un amphithéâtre survolté. 

«Québec, ne prend pas les choses à la légère!» («Quebec City does not play around!») a-t-il d’ailleurs observé après une ovation particulièrement intense, qui l’a laissé à genoux, à se prosterner devant ses fans. Bon, il y a certainement une dose de racolage là-dedans, mais l’attention est quand même appréciée!

Selon l’exercice dont nous avons été témoins samedi, le secret du succès de Timberlake tient d’abord à sa rigueur. Les chorégraphies sont rodées au quart de tour et la tête d’affiche n’hésite pas à laisser chanter son groupe, les talentueux Tennessee Kids, pour que le danseur en lui puisse mieux s’exprimer. Il a surtout la volonté d’en mettre plein la vue avec un spectacle à grand déploiement, qui varie les ambiances.

Généreux avec son public, mais aussi avec sa bande, Justin Timberlake a laissé une grande place à son groupe les Tennesse Kids, le temps pour le danseur en lui de s'exprimer pleinement.

C’est qu’il ne voyage pas léger, notre homme (des bois). Il s’exécute sur une structure scénique en forme de S qui occupait presque toute la longueur de la glace des Remparts. Le public au parterre a pris place tout autour, avec deux sections munies d’un bar pour accommoder ceux qui ont payé le gros prix pour voir la vedette de près. 

Une poignée d’arbres plantés ici et là sur les planches ont évoqué l’impression sylvestre dictée par le récent album Man of the Woods, les effets spéciaux et les projections sur de multiples écrans allaient se charger de terminer l’illusion. Ajoutons à ça une partie de la scène recouverte d’herbes folles et une autre qui allait accueillir un feu de camp le temps d’un segment acoustique et on comprend que Timberlake tenait à son concept.

Le chanteur a donc fait la part belle aux titres de son dernier effort en en interprétant près d’une dizaine. Mais il n’a pas manqué de faire honneur au passé, pour le plus grand bonheur de ses fans. SexyBack a été accueillie par une bruyante ovation, tout comme le classique Cry Me a River, alors que la fumée envahissait la scène et que lesdites larmes se matérialisaient sur les écrans. 

What Goes Around... Comes Around n’a pas souffert de cette version acoustique et a été reprise d’une seule voix par l’aréna : «montrez-moi à quel point vous la connaissez», avait demandé Timberlake au préalable. 

Terminée dans une cage de lasers, Suit & Tie n’a pas manqué son effet. Señorita non plus, d’ailleurs, permettant aux cuivres et aux percussions des Tennessee Kids de mettre en vitrine leur virtuosité. Et Rock Your Body a donné l’occasion d’une petite visite sur la piste de danse des fans.

On a craint une baisse de régime pendant un trop long intermède vidéo avant le segment feu de camp, lors duquel la vedette a laissé le micro à ses collaborateurs le temps de reprises de Lauryn Hill et des Beatles, notamment. Quand les spectateurs dans les gradins commencent à se rasseoir, ce n’est pas bon signe... C’était mal connaître Timberlake et son redoutable talent d’animateur de foule.

Ça s’est terminé dans une explosion de joie au son du ver d’oreille Can’t Stop the Feeling!, créé par Justin Timberlake pour le film Trolls, mais certainement devenu un incontournable de son répertoire.

Justin Timberlake a soulevé la foule tout au long de sa prestation au Centre Vidéotron.

Francesco Yates

Plus tôt dans la soirée, le Torontois Francesco Yates a fait bon usage de la demi-heure qui lui avait été allouée. Le chanteur à la voix haute-perchée et aux bouclettes rebondies a mis la table d’efficace manière en servant une dose bien tassée de sa pop trempée dans le R&B. Quand il ne maniait pas la guitare en arpentant la passerelle, le jeune homme se trémoussait frénétiquement dans ses pantalons Adidas, y allant de mouvements empruntés à Michael Jackson. Quand il a quitté les planches après avoir servi le succès Sugar, on avait affaire à un amphithéâtre bien réchauffé.

En première partie de Justin Timberlake, le Torontois Francesco Yates a fait bon usage de la demi-heure qui lui avait été allouée.