Le programme du Danish String Quartet était rafraîchissant : entre des œuvres de Haydn et de Beethoven brillaient celles d’illustres compositeurs populaires.

Danish String Quartet: du folklore plein de finesse

CRITIQUE / Le Danish String Quartet sait conjuguer la chaleur des veillées d’antan à la finesse de la musique de chambre. Le quatuor à cordes danois — hormis un violoncelliste norvégien — a inclus un segment de musique folklorique scandinave à son programme tout spécialement pour son passage au Club musical.

Québec est le seul arrêt de la tournée nord-américaine du Danish String Quartet à avoir eu un aussi large aperçu de son répertoire. Entre des œuvres de Haydn et de Beethoven brillaient celles d’illustres compositeurs populaires, qui ont fait danser et chanter leurs compatriotes. Quoique... on peut enregistrer une pièce danoise et découvrir que celle-ci fait aussi partie du folklore écossais, comme l’a raconté le premier violon Rune Tonsgaard Sørensen. «Vous entendez certainement des similitudes avec la musique folklorique d’ici», a-t-il indiqué en anglais au public qui s’est empressé d’acquiescer. Le musicien s’est fait historien et conteur pour introduire des pièces qui sont passées des soirées dansantes aux salles de concert et qui permettent d’imaginer «un fermier marchant un brin d’herbe à la bouche en sifflant cet air» ou encore les intrigues amoureuses de quelque prince magicien.

Tous blonds, majoritairement barbus et ayant préféré un duo chemise et jeans noirs au complet plus formel, les quatre musiciens se sont exécutés avec sérieux et fluidité pour le Quatuor à cordes en do majeur, op. 20, no 2 de Haydn. L’œuvre leur a permis de démontrer toutes les nuances de leur jeu; contrepoint minutieux, tension appuyée, menuet dansant et élégantes arabesques se sont succédé.

On sentait par moment que leurs pieds avaient envie de quitter le sol, déjà prêts pour le segment folklorique où ils ont pu taper du pied en douceur, ajoutant un battement de cœur à leurs coups d’archet virtuose.

L’interprétation était sublime, et certains détails l’étaient plus encore. La répétition patiente de trois notes de violoncelle (manié par Fredrik Schøyen Sjölin), l’enfièvrement soudain du violon de Frederik Øland, l’habile et émouvant crochetage de notes de Rune Tonsgaard Sørensen ou encore un grand coup d’archet bien appuyé de l’altiste Asbjørn Nørgaard maintenaient nos sens en éveil.

Le concert comprenait aussi le Quatuor à cordes no 16 en fa majeur, op. 135 de Beethoven, auquel ils ont rendu honneur avec de vives escalades de notes et une gravité ample qui ouvrait la porte à tous les contrastes.

Nous avons eu droit, au rappel, à une autre pièce de folklore, de quoi nous permettre de quitter la salle le sourire aux lèvres.

Le concert du Danish String Quartet était présenté au Palais Montcalm lundi soir et ouvrait la saison du Club musical de Québec.