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La galerie abrite une collection spectaculaire de sculptures romaines classiques, de peintures de la Renaissance et d’œuvres inestimables des sculpteurs italiens Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, et Antonio Canova.
La galerie abrite une collection spectaculaire de sculptures romaines classiques, de peintures de la Renaissance et d’œuvres inestimables des sculpteurs italiens Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, et Antonio Canova.

Damien Hirst fait son entrée parmi les célèbres Bernini de Rome

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Sous le plafond somptueux du hall d’entrée de la Galerie Borghèse de Rome, sous le regard d’une douzaine de bustes de Césars, le pied géant en sandales de Damien Hirst semble seulement un peu déplacé.

L’indice qu’il ne s’agit pas d’une autre sculpture romaine mais bien de l’œuvre de l’artiste britannique provocateur est le rat de laboratoire avec une oreille poussant sur son dos qui grimpe sur les orteils de calcaire.

La galerie abrite une collection spectaculaire de sculptures romaines classiques, de peintures de la Renaissance et d’œuvres inestimables des sculpteurs italiens Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin, et Antonio Canova.

C’est dans cet environnement très classique qu’est entré Hirst, longtemps l’un des plus célèbres «Young British Artists», qui s’est fait connaître en découpant une vache en deux et en l’exposant dans une cuve de formaldéhyde.

Si de nombreuses sculptures de Hirst sont clairement modernes, d’autres se fondent dans leur environnement, grâce à l’utilisation de matériaux traditionnels tels que le bronze et le marbre de Carrare.

«Ce sont des œuvres complètement déstabilisantes, mais même dans la collection (permanente), il y a des œuvres d’une beauté forte, terrible et terrifiante, comme l’est la vraie beauté», explique à l’AFP la conservatrice Anna Coliva. «C’est donc l’endroit où cette poésie (de Hirst) peut être exaltée».

Des dizaines de ses œuvres, provenant pour la plupart de son exposition de 2017 à Venise Treasures from the Wreck of the Unbelievable (Trésors de l’épave de l’incroyable), ont été placées parmi les œuvres qui remplissent les salles opulentes de la galerie Borghèse, tandis que sa sculpture imposante Hydre et Kali surplombe les agrumes à l’extérieur sur la terrasse.

Personnages Disney

Dans le hall d’entrée, un bronze recouvert de corail représentant une plongeuse sans tête pointée vers le plafond orné de Mariano Rossi, à quelques pas de cinq personnages Disney en bronze représentés de la même manière, comme s’ils avaient été récemment trouvés au fond de la mer.

Dans une salle adjacente, Apollon et Daphné du Bernin, célèbre pour la façon dont ses doigts s’enfoncent dans la chair de la jeune femme, est entouré de trois sculptures de Hirst, représentant chacune un homme et une femme enchaînés, à différents stades de décomposition.

Ailleurs, la Vénus Victrix de Canova, allongée, est flanquée de deux ensembles de nus grecs de Hirst, en bronze et en marbre rose.

Dans une entrevue accordée au journal italien La Repubblica, Damien Hirst se dit «époustouflé» par Le Bernin, mais prévient : «Aucune comparaison ne m’intéresse».

«Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est très différent de celui dans lequel vivaient les grands maîtres qui sont à la galerie Borghèse. Aujourd’hui, être un artiste est différent».

Quand on lui fait remarquer que ses méduses — en or et en argent, en malachite et en bronze — sont exposées à côté d’un tableau du Caravage, il ajoute : «Si je devais choisir entre le Titien et le Caravage, je choisirais le Titien».

«La lumière du Caravage est incroyable. Mais j’aime les choses qui tombent en morceaux, qui sont corrompues», assure l’artiste.

L’exposition, baptisée Archaeology Now, se déroule de mardi jusqu’au 7 novembre.