Vers la fin du premier acte, un dynamique segment de patin extrême — lors duquel une joute de hockey se transforme grâce à des rampes en une machine à boule géante — est venu donner le ton à une deuxième partie plus acrobatique.

Crystal du Cirque du Soleil: un joli compromis

CRITIQUE / En alliant acrobaties aériennes et patinage, le nouveau spectacle du Cirque du Soleil, «Crystal», n’offre pas toujours le meilleur des deux mondes. Mais il réussit quand même à les réconcilier de sympathique manière dans une proposition jeune et colorée, présentée mercredi soir en première québécoise au Centre Vidéotron.

En demandant à artistes de cirque de chausser des patins ou d’évoluer sur glace (sur crampons, on s’entend) et à des patineurs de toucher à des disciplines de cirque, on cultive forcément le compromis. En termes de haute voltige, Crystal n’est sans doute pas la production la plus impressionnante vue au Cirque du Soleil. Et si on a droit à un bel exercice de patinage, difficile de nier que des compétitions de haut niveau ont habitué les amateurs à davantage de prouesses. Est-ce que le spectacle fait fausse route pour autant? Non. Parce que l’intérêt réside ici dans la rencontre des deux univers. Et que celle-ci se déploie généralement avec assez de fougue pour maintenir l’attrait, dans un environnement visuel plus que soigné par un exceptionnel travail de projections. 

Cette 42e production du Cirque nous amène dans l’imaginaire de Crystal, une jeune femme qui peine à trouver sa place dans la société. Alors qu’elle chausse ses patins pour s’évader, elle se retrouve dans un univers parallèle lorsque la glace cède sous ses pieds. Guidée par un double d’elle-même, elle apprendra à s’émanciper en laissant aller sa créativité. 

Cette 42e production du Cirque nous amène dans l’imaginaire de Crystal, une jeune femme qui peine à trouver sa place dans la société.

Sportif et impressionniste

En mettant de l’avant le malaise de son personnage central, le spectacle mis en scène par Sébastien Soldevila et Shana Carroll n’échappe pas à quelques longueurs, en première partie, surtout. On ne tarde pas à prendre de la hauteur avec cette trapéziste chaussée de patins, s’exécutant au son d’une relecture de Chandelier de Sia par Ariane Moffatt. Ou avec un sportif passage alliant des éléments de banquine et de main à main. Mais plusieurs segments plus impressionnistes semblent servir davantage à mettre en exergue les numéros plus grisants qui évoqueront la libération de Crystal. 

Vers la fin du premier acte, un dynamique segment de patin extrême — lors duquel une joute de hockey se transforme grâce à des rampes en une machine à boule géante — vient toutefois donner le ton à une deuxième partie plus acrobatique. Notons ce vertigineux numéro de mâts oscillant comme des pendules ou l’exploit de cet équilibriste trônant au sommet d’une tremblante tour de chaises métalliques. 

Malheureusement, un pépin technique a empêché mercredi la présentation de l’un des numéros phares du spectacle, soit celui où le personnage de Crystal prend part, patins aux pieds, à une prestation de courroies aériennes. Le très beau segment, que nous avons pu voir le mois dernier en banlieue de Chicago, devrait être réintégré pour les prochaines représentations, nous a-t-on dit. 

Le Centre Vidéotron affichait plusieurs sections clairsemées pour la première de Crystal. Le spectacle y est présenté jusqu’à dimanche.