Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Les Cowboy Fringants ont annulé leur tournée, mais ils feront quand même le tour du Québec... sur grand écran.
Les Cowboy Fringants ont annulé leur tournée, mais ils feront quand même le tour du Québec... sur grand écran.

Cowboys Fringants en pandémie [VIDEO]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Article réservé aux abonnés
Difficile de savoir par où commencer lorsque vient le temps de discuter avec les membres des Cowboys Fringants.

Depuis la sortie de l’album Les Antipodes en octobre 2019, le groupe n’a pas vraiment chômé, et ce, malgré la pandémie qui frappe depuis plus d’un an.

On se rappellera l’appel à tous lancé par le groupe au début de la pause forcée en mars 2020. Le groupe originaire de Repentigny avait alors demandé à ses fans de « colorier » des images dans le but d’en faire un vidéoclip sur la pièce Sur mon épaule

Le résultat fut très réussi.

« Le réalisateur Gabriel Poirier-Galarneau nous a appelés et il nous a demandé de nous filmer avec notre cellulaire, se rappelle Karl Tremblay, le chanteur du groupe. Par la suite, ils ont mis ces images en animation et on a demandé à nos fans de les colorier. En quelques heures, on avait déjà trop de dessins. Ce fut un projet vraiment intéressant, surtout qu’on l’a fait avec le public. »

En décembre, la formation revient à nouveau à l’avant-plan avec la sortie du magnifique film L’Amérique pleure qu’il était possible de visionner sur des plateformes de téléchargement et qui, en raison de la forte demande, a été rendu disponible jusqu’en février.

Au début du mois de mars, les Cowboys surprennent encore une fois leurs fans avec le lancement d’un album surprise, Les Nuits de Repentigny, qui regroupe 23 chansons, des retailles de disques comme ils l’ont décrit.

Et enfin, la semaine dernière, on apprenait que le film L’Amérique pleure sera projeté dans plus de 70 écrans à travers le Québec à compter du 9 avril, dans les régions où les consignes sanitaires le permettront.

À croire que Jean-François Pauzé, Karl Tremblay, Marie-Annick Lépine et Jérôme Dupras passent leurs nuits blanches à tenter de se « réinventer ».

« Évidemment, la pandémie nous a tous mis sur le hold, explique Jérôme. Il est clair qu’on ne peut pas remonter sur les planches avec les restrictions sanitaires qui sont imposées aux salles de spectacles. En fait, notre tournée qui devait s’amorcer à la fin avril a été reportée. Tant qu’il n’y a pas une levée complète des restrictions, nous ne retournerons pas sur scène. »

Même la tournée européenne a été reportée. 

Pour l’instant, le groupe prévoit se rendre en Suisse, en Belgique et en France en février 2022. 

Mais, comme le répète le bassiste du groupe, « on ne peut qu’espérer revenir sur scène. On ne peut rien confirmer encore. »

Une scène du film L'Amérique pleure qui sera projeté dans les salle de cinéma du Québec et des Maritimes.

25 ans de carrière

Peu de groupes au Québec ou même ailleurs dans le monde peuvent se vanter d’être toujours aussi présents et pertinents  après 25 ans de carrière. Mais, les Cowboys Fringants sont de ce nombre.

Fondé par Karl Tremblay et Jean-François Pauzé en 1995, le groupe a vendu plus de 1,3 million d’albums dans la francophonie. 

C’est sans doute l’album Break syndical, paru en 2002, qui a permis aux Cowboys  d’avoir une place de choix dans le cœur du public. 

Avec des titres comme Mon chum Rémi, En Berne et Toune d’automne, cet enregistrement fut suivi par une tournée qui a remporté un vif succès. 

À partir de ce moment, le groupe a enfilé les hits sur des albums comme La Grand-Messe (2004), L’Expédition (2008), Que du Vent (2011) et Octobre (2015).

C’est en 2019 que le quatuor sort du studio avec l’album Les Antipodes. Véritable album « coup de poing », ce nouvel effort studio a mis au monde la chanson L’Amérique pleure qui, aujourd’hui, coiffe de ce titre le film du même nom.

« Quand on a formé ce groupe il y a 25 ans dans le sous-sol de Jean-François, on était loin de se douter que nous serions à l’affiche de 70 cinémas au Québec, confie Karl. En fait, il y a seulement six mois, on ne s’en doutait pas plus parce que ce projet s’est tellement présenté rapidement, qu’on n’a pas vraiment eu le temps d’en mesurer toute l’ampleur. »


« Tant qu’il n’y a pas une levée complète des restrictions, nous ne retournerons pas sur scène.  »
Jérôme Dupras, bassiste des Cowboys Fringants

Un groupe phare

Au fil des années, les Cowboys Fringants ont acquis ce statut de groupe phare de la musique québécoise. Servant de référence tant pour leur longévité que pour la qualité de leur musique, le groupe de Repentigny n’a pas dérogé d’un iota de leur mission : soit celle de raconter le Québec et les gens qui l’habitent.

« On a toujours voulu décrire ce Québec habité par des gens qui ne l’ont pas toujours eu facile, explique Jean-François. En mettant la vie de nos compatriotes en musique, ça apporte une nouvelle dimension et surtout une façon de nous raconter et de faire vivre toutes ces histoires qui, du premier coup d’œil, peuvent avoir l’air banales. »

Dans Les Nuits de Repentigny , cette « petite vie » est racontée simplement.

« Ce sont des histoires pour la plupart vécues, d’ajouter Karl. J’ai vraiment travaillé au Vidéo de la Pointe, tout comme Pizza Barbas et Autodium sont de vrais commerces. »

Retailles de Cowboys

Au début du mois de mars, le groupe a proposé un album surprise : Les Nuits de Repentigny.

Ce disque, enregistré l’automne dernier, est composé entièrement de chansons inédites, des « retailles d’album » recueillies au fil des 25 ans de carrière de la formation.

« Tout ça a débuté avec des capsules que j’ai enregistrées, chez moi, et que je lançais comme ça, sans trop avoir de plan, explique Jean-François Pauzé. Ensuite, j’ai bien vu que ça semblait plaire à beaucoup de monde alors, j’ai proposé au band de retourner en studio de faire un album. De là est né Les Nuits de Repentigny. »

Réalisé par Gus van Go, cet album est beaucoup plus qu’un simple collage de chansons « rejetées ». Il devient presque un documentaire audio de 23 chansons retraçant l’histoire du groupe.

« Ce sont, en réalité, des chansons qui n’ont pas fait la cut lors de nos enregistrements, ajoute Karl. Il y a des tounes là-dedans qui datent de nos débuts. Et j’ajouterais même qu’il y a de ces chansons qui ont été laissées de côté encore cette fois-ci. »

Pour Marie-Annick Lépine, ça ressemble aussi à une trame historique mise en musique.

« Comme le dit Karl, il y a des chansons qui ont été écrites il y a 20 ans, mais il y en a qui l’ont été très récemment, explique-t-elle. La chanson Le Sous-Sol par exemple, n’a jamais été enregistrée. Le public l’a découverte dans le film et on a décidé de la mettre sur cet album. Il faut dire aussi que toutes les chansons qui se retrouvent sur le disque ont été enregistrées cette année. Ce n’est pas un collage de vieux enregistrements. »

Lors de la production de l’album en septembre dernier, Karl Tremblay, Jean-François Pauzé, Jérôme Dupras et Marie-Annick Lépine ont reçu du renfort alors que Pierre Fortin (batterie), Jérôme Dupuis-Cloutier (trompette, piano), Daniel Lacoste (banjo) et Jean-Sébastien Chouinard (guitare électrique) se sont joints au groupe.

Pour ajouter au plaisir de cette nouvelle offrande, quatre pochettes différentes se retrouvent sur l’album qui est déjà sur toutes les plateformes de téléchargement. 

Aussi, une version vinyle sera offerte à partir du 23 avril chez tous les disquaires.