Pierre Kwenders s'est déchaîné vendredi sur les planches de la place D'Youville.

Coup de chaleur avec Pierre Kwenders

CRITIQUE / «Il fait chaud, il fait chaud, il fait chaud!» a lancé un Pierre Kwenders suant à grosses gouttes vendredi soir, à mi-chemin de sa prestation à la place D'Youville. Pourtant, il fallait être habillé comme un oignon pour oublier que le Festival d'«été» n'a pas trop mérité son titre ces derniers jours... Le Montréalais d'origine congolaise a évoqué «la magie de l'empire bantou» pour expliquer sa hausse de température. On lui donne plutôt 100 % du crédit!
Le moins qu'on puisse dire, c'est que Pierre Kwenders incarne sa musique. L'auteur-compositeur-interprète expert du métissage musical est tout aussi agile quand vient le temps de donner vie sur scène à son savant mélange de pop, d'électro et de rumba congolaise. Il s'est déchaîné vendredi sur les planches, jusqu'à en faire tomber de sa poche la carte d'accès à sa chambre d'hôtel. «Je danse trop on dirait... Mais si vous voulez mon numéro de chambre, vous viendrez me voir après le spectacle!» a-t-il blagué. 
À titre de récipiendaire du prix Espoir-FEQ l'année dernière, Pierre Kwenders est venu clore une soirée de musique éclectique dans les tons, où se sont succédé sur les planches de la place d'Youville des artistes primés par l'organisation du Festival d'été (FEQ). Et il s'est assuré de terminer le programme en force, revisitant avec aplomb les titres de son premier album, «Le dernier empereur bantou».
Une proposition unique, une voix qui porte, de l'énergie et du charisme comme 10 et un artiste enthousiaste, visiblement content d'être là. Gageons que l'équipe du FEQ n'a pas regretté d'avoir placé ses espoirs en lui l'année dernière.   
Soirée de lauréats
Avant la prestation de Pierre Kwenders, la scène de place d'Youville a vu défiler vendredi une série d'artistes choisis par l'équipe du FEQ dans des événements musicaux tenus pendant la dernière année. 
Dès 17h, la formation Mon doux saigneur, finaliste aux Francouvertes, a lancé le bal, suivie de Caroline Savoie, lauréate du Festival de la chanson de Granby en 2015. À notre arrivée sur place, le duo hip-hop français Nusky & Vaati (déniché au Printemps de Bourges) livrait avec enthousiasme des rimes qui parlent souvent de filles et des beats agrémentés de guitare. 
À la brunante, les festivaliers ont eu droit à l'indie-pop du collectif ontarien Pony Girl, qui a séduit le FEQ au Bluesfest d'Ottawa. La foule n'était pas très grande, mais fort attentive à la proposition assise sur un beau mariage vocal et des ambiances soignées. 
Dans un tout autre registre, les Louisianais de Debauche sont tombés sur la place d'Youville comme une tornade avec leur énergie rock et leurs chansons puisant dans les sonorités d'Europe de l'Est. «On est le seul groupe russe qui a un nom français», s'est félicité de sa voix rauque - et avec ses «r» bien roulés! - Yegor Romantsov, le truculent chanteur de cette fanfare repêchée au Festival international de Louisiane. Les festivaliers en ont redemandé... Ça tombe bien, puisque le groupe rejoue ce samedi à 23h15 à l'Impérial. 
L'organisation du FEQ dévoilera également ce samedi les prochains gagnants de ses prix, incluant celui qui succèdera à Pierre Kwenders comme Espoir-FEQ. Le collectif hip-hop Dead Obies, l'auteure-compositrice-interprète Safia Nolin et le duo Les Deuxluxes sont finalistes pour cette récompense.