Corteo prendra l’affiche au Centre Vidéotron, du 6 au 9 décembre 2018.

Corteo quitte Québec... pour l’instant

Après avoir passé le dernier mois à s’entraîner dans l’enceinte du Colisée, l’équipe de Corteo du Cirque du Soleil s’apprête à plier bagage. Si le grand public de la capitale n'a pu être témoin de ses acrobaties, ce n’est que partie remise : le spectacle prendra l’affiche juste à côté, au Centre Vidéotron, du 6 au 9 décembre 2018.

Installés dans le vieil amphithéâtre depuis le 23 janvier, artistes et techniciens prendront à la fin de la semaine la route de La Nouvelle-Orléans, première escale de cette production nouvellement adaptée pour les arénas. Le travail effectué au Colisée constitue une étape essentielle avant de lancer la tournée, estime le directeur de production Carl Thibaudeau, qui travaille depuis deux ans sur la deuxième vie de Corteo

«Il faut retravailler le spectacle, il faut changer l’infrastructure, il faut vraiment l’adapter. On a besoin de ça, sinon on ne peut pas partir», a-t-il résumé après une démonstration pour la presse de deux numéros revampés.  

Alors que la Ville de Québec a pris des mesures pour faciliter la location du Colisée pour la préparation de tournées, le Cirque du Soleil a été le premier à occuper les lieux depuis l’ouverture du nouvel amphithéâtre, en 2015. Au terme de cinq semaines de répétitions, M. Thibaudeau s’est dit entièrement satisfait de l’état du bâtiment construit en 1949.  

«Au Cirque du Soleil, nos spectacles d’arénas tournent à travers le monde. Il y a des arénas qui sont plus vieux que d’autres. On s’adapte à l’environnement qu’on a. Ce n’était pas vraiment un obstacle», précise celui qui n’hésiterait pas à renouveler l’expérience. 

«On est tout à fait confortable, ici, a-t-il ajouté. On a fait tout ce qu’on avait à faire. On est bien heureux et oui, si on a à refaire ce genre ce genre d’exercice, c’est sûr qu’on va le considérer.»

Poétique cortège funèbre

Imaginé par le metteur en scène Daniele Finzi Pasca autour d’un poétique cortège funèbre, Corteo tourne depuis 2005 sous le chapiteau bleu et jaune du Cirque du Soleil. Dans l’adaptation pour arénas, le public prendra place de part et d’autre de l’aire de jeu. 

«On est dans un cirque, on raconte une histoire profondément de cirque, mais on la fait voir comme si on était dans un gigantesque théâtre. Ça apporte aussi le fait que les entrées et les sorties défilent devant toi. Autrement, ça ne serait pas possible dans une configuration classique. Là, on a la possibilité de faire voler grâce des machines comme de grands rails qui traversent toute la scène. On peut faire des mouvements qui s’entrecroisent et se chevauchent en défilant devant toi», explique Daniele Finzi Pasca, qui a dû revoir dans la transition quelques éléments du spectacle.

«On a vraiment reconstitué les numéros qu’on avait, précise-t-il. Mais dans deux cas, pour des raisons techniques, on a dû changer la version originale. Donc il y a deux numéros nouveaux et deux qui ont été enlevés. 

Selon les chiffres fournis par le Cirque du Soleil, Corteo a été vu depuis sa création par huit millions de personnes dans 64 villes et 19 pays. Les billets pour les représentations au Centre Vidéotron seront mis en vente le 2 mars au cirquedusoleil.com/corteo.

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PAS DE SURSIS POUR LE COLISÉE

Selon les chiffres fournis par le Cirque du Soleil, Corteo a été vu depuis sa création par huit millions de personnes dans 64 villes et 19 pays.

Le vieux Colisée n’échappera pas à la démolition malgré le passage du Cirque du Soleil en ses murs. «Ça ne change pas nos plans de le mettre à terre» dans les prochaines années, a dit sans détour le maire de Québec, lundi, en marge du conseil municipal. «À l’époque, j’avais pensé qu’on pouvait peut-être faire avec le Colisée une espèce de lieu de développement de projets. J’en avais même parlé avec René Angelil», a rappelé Régis Labeaume. Mais il a conclu que ce serait trop d’efforts pour des résultats incertains. «Commencer à administrer ça, tu te demandes si au bout du compte tu vas faire de l’argent. Si tu veux l’utiliser souvent, tu es obligé de faire des réparations à l’intérieur», a-t-il souligné. 

Les dernières semaines ont tout de même permis à la Ville de Québec de récupérer plus que les 50 000 $ nécessaires pour la seule réouverture du bâtiment et les 40 000 $ de frais d’exploitation mensuels. «C’est bien au-delà de nos coûts. On fait des profits», a assuré le maire Labeaume, sans donner de chiffres précis.  Annie Morin