L’Orchestre symphonique de Québec, le Paul DesLauriers Band, le chef Paul Mann et le chanteur Bruce Dickinson, réunis sur la scène du Palais Montcalm à l’occasion du 50e anniversaire du Concerto for group and orchestra de Jon Lord.

Concerto for group and orchestra de Jon Lord: historique et électrisant

CRITIQUE / La première note n’avait pas été jouée que le public du Palais Montcalm (qui affichait complet) était déjà debout et en liesse. La rencontre de l’Orchestre symphonique de Québec, du Paul DesLauriers Band, du chef Paul Mann et du chanteur Bruce Dickinson à l’occasion du 50e anniversaire du Concerto for group and orchestra de Jon Lord avait un caractère exceptionnel électrisant.

Si l’OSQ joue de plus en plus régulièrement des arrangements de pièces d’artistes invités, rarement on le sollicite pour participer à des œuvres écrites dès le départ pour marier musique rock et symphonique. Le concerto de Jon Lord, membre fondateur de Deep Purple, est tout indiqué : le compositeur laisse d’abord toute la place à l’orchestre, qui navigue rapidement entre des passages qui rappellent Tchaïkovski et des segments héroïques du répertoire, dignes d’une grisante épopée cinématographique, avant d’introduire le band.

Les deux groupes se répondent, se relancent, guitare contre flûte, orgue contre violons, puis trouvent graduellement une manière de jouer en synergie. La musique laisse une belle part aux contrastes et aux solos virtuoses — celui du batteur au 3e mouvement avait de quoi donner des palpitations — tout en étant portée par un souffle et des ondulations qui viennent nous chercher en plein plexus solaire.

Bruce Dickinson avait revêtu chemise rose et veste noire pour remplir son rôle de soliste au deuxième mouvement. Tout en retenue, les yeux ne s’aventurant jamais loin du sol ou de sa partition, il a livré les quelques segments vocaux d’une voix assurée, mélodique, bien modulée.

Ceux qui venaient voir le chanteur d’Iron Maiden à l’œuvre en ont eu davantage à se mettre sous la dent en deuxième partie de spectacle, pour des pièces de Deep Purple qui se prêtaient plus à des élans expressifs. Il s’est amusé dans des vocalises sur Pictures of Home et a été langoureux à souhait sur When A Blind Man Cries (après avoir reçu quelques «We Love You, Bruce!»). Les appels commençaient à fuser entre les pièces et les placiers avaient un peu plus de difficulté à empêcher les téléphones d’immortaliser le moment.

Avant le segment Deep Purple, il y a eu deux autres pièces de Jon Lord pour groupe et orchestre, plus matures et abouties, puis le Paul DesLauriers Band, qui a assuré avec beaucoup d’aplomb et de groove, a joué It’s All on You et She Should Be Mine. Un programme généreux, bien équilibré, où tous les joueurs en présence ont pu briller et où le plaisir, tant dans l’orchestre et à l’avant-scène que dans la salle, était vif.

Présenté en première canadienne et nord-américaine, ce spectacle assez unique dans l’histoire du Palais Montcalm porte la marque du nouveau directeur de la programmation, Nicolas Houle, qui nourrit un amour avoué pour Deep Purple. Le public a répondu avec un fort enthousiasme et les billets pour les deux représentations se sont envolés. Ça augure bien pour la suite. On devinait (conversations de vestiaire à l’appui) que de nombreux spectateurs présents n’avaient jamais mis les pieds dans la Maison de la musique.

Le concert est à nouveau présenté vendredi soir.