Les Souffleurs sillonneront à quelques reprises le quartier Saint-Roch pour «Apparitions/Disparitions», un commando poétique, où ils chuchoteront en québécois à l’oreille de passants dans de longues cannes creuses baptisées «les Rossignols».

Commandos poétiques à l’assaut de Saint-Roch

Imaginez, en pleine course quotidienne, vous arrêter un instant sous un parapluie pour laisser des poèmes glisser dans un long tuyau jusqu’à vos oreilles. Ou encore, après avoir saisi une feuille qui flotte au vent, lever les yeux vers les toits et y croiser le regard d’un semeur de mots. Ce sont les types de commandos poétiques que mènent les Souffleurs, un collectif français qui sévira à Québec, Montréal et Natashquan cet automne.

Le collectif à géométrie variable fondé par Olivier Comte fait partie des invités de Québec en toutes lettres, qui se tiendra du 20 au 28 octobre. Basés à Aubervilliers, en banlieue de Paris, les Souffleurs sillonnent le monde et multiplient les projets citoyens qui sortent les mots des livres, comme autant de «tentatives de ralentissement du monde».

«J’en rêve depuis neuf ans, depuis que j’ai découvert leur existence», indique Isabelle Forest, responsable de la programmation du festival. «Ils créent des œuvres d’un esthétisme et d’une gestuelle magnifiques, complètement à contre-courant de la pression de la vitesse et de l’efficacité exercée à notre époque.»

Ils seront une douzaine, en tout, à s’arrêter à Québec; auteurs et comédiens, mais aussi photographe et caméraman, puisque les Souffleurs archivent tout. Ils sillonneront à quelques reprises le quartier Saint-Roch pour Apparitions/Disparitions, un commando poétique où ils chuchotent à l’oreille des passants dans de longues cannes creuses baptisées «les Rossignols». Ils chuchotent dans la langue du pays visité. Ce sera donc en Québécois qu’ils souffleront des vers dans des oreilles de passants, isolés sous un parapluie, au centre de la cohue urbaine. 

Veille étymologique

Ils présenteront aussi Les Regardeurs, «une veille étymologique» dans laquelle les performeurs se placent en situation de vertige, au sommet des édifices, puis écrivent sur des feuilles volantes qu’ils sèment au vent ou sur des panneaux qu’ils tiennent. Les passants des environs de la rue Saint-Joseph auront des jumelles à leur disposition pour cette expérience.

En 2015, lorsque la Préfecture de Police de Paris avait interdit leur intervention poétique pour trouble à l’ordre public, ils avaient laissé, comme un pied de nez, des chaises vides sur les corniches, en les présentant comme des métaphores de l’état actuel du monde artistique. 

En troisième lieu, ils présenteront Les levées d’écriture vagabondes, une manufacture où ils proposent aux participants de sortir l’écriture des livres et de la calligraphier joliment en blanc sur noir avant de la brandir (doucement) au sein d’une manifestation dans l’espace public. Le festival fera un appel à participation et commencera à recueillir les inscriptions dans quelques jours.

La programmation complète de Québec en toutes lettres sera dévoilée mercredi prochain.

Pour en savoir plus: www.les-souffleurs.fr