«Co/existence» de l’artiste Herman Kolgen aborde l’impact des nouvelles technologies sur l’esprit humain.

«Co/existence» d'Herman Kolgen: la lourdeur des têtes à l’ère du data

Pour inaugurer Le Studio, un nouvel espace multifonctionnel mettant en valeur l’art numérique au Grand Théâtre, Herman Kolgen a créé «Co/existence», une installation vidéo interactive sur l’impact des nouvelles technologies sur l’esprit humain.

L’artiste montréalais, bien connu de ceux qui fréquentent le Mois multi, a choisi de se servir du lieu, des sons qui y résonnent et de l’architecture, où les murs bétonnés portent la trace du sculpteur Jordi Bonet. Un capteur sonore fixé au plafond prend l’empreinte sonore du lieu. L’intensité, le volume et la nature des sons (conversation, musique, tintements, cris, rires) deviennent des données, qui permettent au dispositif de générer un personnage, parfois un couple, lorsque la dynamique sonore est plus intense. Des figures humaines à têtes immenses, comme des nébuleuses, lourdes de toutes les données et informations qui nous traversent l’esprit chaque jour.

Ces corps apparaissent sur le haut mur vertical qui surplombe Le Studio. À certains moments, un laser va scanner une parcelle de la murale de Jordi Bonet. Les formes et les valeurs de gris apparaissent ensuite dans la tête surdimensionnée du personnage. Le lieu réel rejoint le lieu virtuel infini, qui trop souvent nous avale.

Herman Kolgen

«Cette nouvelle manière numérique de communiquer entre nous influence beaucoup de choses, on se déconnecte du vrai territoire pour se connecter sur un territoire virtuel et fragmenté», note l’artiste.

Herman Kolgen tenait à ce que l’œuvre ne fasse pas qu’utiliser les nouvelles technologies, mais en questionne aussi les effets. Son œuvre a souvent exploré des territoires improbables, comme la poussière, un microcosme sur lequel il a travaillé pendant trois ans. Il s’est aussi intéressé aux vents et aux fréquences terrestres.

Co/existence s’installe à l’intérieur du Grand Théâtre jusqu’au 31 décembre. D’autres œuvres numériques, choisies par la commissaire Ariane Plante, habiteront l’espace par la suite.