S’appuyant sur une structure en bois à deux étages utilisée de façon très judicieuse, les membres d’Éloize ont multiplié les prouesses physiques et les chorégraphies au son du violon, du banjo et de l’harmonica, dans une ambiance de western spaghetti.

Cirque Éloize: il était une fois dans l’Ouest

CRITIQUE / Le Cirque Éloize a fait souffler un vent venu d’un Far West festif et débridé, lundi soir, à la salle Albert-Rousseau, à l’occasion du spectacle «Saloon«, présenté pour la première fois dans la capitale après plus d’une centaine de représentations à travers la planète. Acrobaties, humour et musique country se sont succédé, sans temps mort, tout au long d’une soirée où ne manquaient finalement que les chevaux…

Le groupe formé de 11 Lucky Luke (dont deux femmes) n’a pas manqué d’énergie, encore moins d’habileté, pour rendre à la perfection une kyrielle de performances, dans une originale mise en scène d’Emmanuel Guillaume qui, en dehors des chansons, s’est plu à jouer sur les mimes et les effets sonores amplifiés.

S’appuyant sur une structure en bois à deux étages utilisée de façon très judicieuse, les membres d’Éloize ont multiplié les prouesses physiques et les chorégraphies au son du violon, du banjo et de l’harmonica, dans une ambiance de western spaghetti.

La caricature du «poor lonesome cowboy» en a pris pour son rhume tellement le party était pris dans la cabane à un certain moment, surtout avec une reprise fort réussie de Misirlou, un air instrumental popularisé par Pulp Fiction.

Un feu roulant qui a aussi laissé place, histoire de reprendre notre souffle, à des intermèdes teintés de magie, comme ce numéro de roue Cyr avec une acrobate s’exécutant sur Crazy, de Patsy Cline. Des numéros de sangles aériennes et de porters à deux ont également donné lieu à de beaux moments.

Une chorégraphie de bataille en duo, avec un bâton de dynamite prêt à faire explosion, a pour sa part conduit à l’utilisation d’une marionnette géante que les danseurs se sont plus à démembrer aux fins d’une danse qui n’avait rien de macabre.

Même si elle a duré un court instant, la portion d’une chorégraphie a particulièrement retenu notre attention par sa grande originalité, celle où les danseurs mettent leur numéro sur «pause» pour mieux revenir en arrière, au ralenti, avec musique à l’avenant. 

C’est sur une performance à couper de souffle de planches coréennes, avec des acrobates multipliant saltos et vrilles, à une quinzaine de mètres de hauteur, et sur une reprise chorale d’Amazing Grace, que le spectacle a pris fin après moins d’une heure et demie. Le public, littéralement conquis, en aurait certainement pris davantage.