Le spectacle Serge Fiori-Seul ensemble s’est ouvert sur les chansons «Vert» et «Comme un fou».

Cirque Éloize et Fiori: mariage réussi! [PHOTOS]

Les premières notes de «Vert» viennent à peine de résonner dans l’enceinte du Capitole que déjà, la chimie opère. Le public est ramené au milieu des années 70, à l’époque de l’émergence d’un groupe nommé Harmonium et de son leader, un certain Serge Fiori. Quarante ans plus tard, l’espace d’une soirée, cette musique inoubliable et les prouesses des membres du cirque Éloize n’ont fait qu’un pour offrir une incroyable bouffée de nostalgie et de magie.

À l’occasion de la première médiatique dans la capitale mercredi soir, les principaux artisans du spectacle, qui a déjà conquis Mont­réal, étaient sur place. Le cofondateur du Cirque Éloize, Jeannot Painchaud, le metteur en scène Benoît Landry, le collaborateur musical Louis-Jean Cormier et, bien entendu, Fiori lui-même, qui voyait le show pour, tenez-vous bien, une 20e fois.

«Je commence à comprendre comment ça marche dans ma tête...», a-t-il confié sur le tapis rouge, un large sourire aux lèvres. «Je suis toujours aussi ému à chaque fois. C’est tellement prenant.»

Dans un concept rodé au quart de tour, les classiques du vaste répertoire de Fiori, jamais dénaturés, se sont succédé pendant plus de deux heures, dans un gracieux mélange de poésie et de performances circassiennes. Le riche univers de Fiori a pris une toute autre dimension, rappelant à ceux qui auraient pu l’oublier à quel point la musique cet artiste unique a marqué l’imaginaire collectif québécois.

La première partie s’est déroulée rondement, avec Comme un fou et De la chambre au salon, prétexte à un formidable numéro de voltige acrobatique de Myriam Deraiche. Pour En pleine face, le public a eu droit à la figure format géant d’un Fiori penseur, fumant une clope tout en observant trois acrobates enrubannés de blanc descendre du plafond.

Des jongleurs en pleine action pour un numéro disjoncté sur l’air de «Viens danser».

Le numéro de portée acrobatique décliné sur l’air de Depuis l’automne, toune prémonitoire sur l’élection du Parti québécois (Souvenez-vous : Si c’tun rêve, réveille-moé donc, ça va être notre tour, ça s’ra pas long, reste par icitte parce que ça s’en vient) a donné lieu à une autre performance de premier plan de Maxime La Sala et d’Antonio Segura Lizan.

Sur la chanson Si bien, avec un passage lunaire en toile de fond, un couple d’acrobates a exécuté à la corde lisse un poétique et émouvant numéro où les corps défiaient la gravité. 

La vingtaine d’acrobates et danseurs du Cirque Éloize ont multiplié les performances pendant plus de deux heures.

L’entraînant Viens danser a vu une galerie de personnages colorés (dont un avec une tête de lapin géante), de jongleurs et d’acrobates s’en donner à coeur joie dans une ambiance aussi disjonctée que délirante. 

Au retour de l’entracte, une énergie poétique encore plus forte était au rendez-vous, avec un Laurence Tremblay-Vu qui a multiplié sur Premier Ciel les prouesses sur le fil de fer, dans un décor de nuages et de brume, suivie d’un formidable trio d’artistes à la corde lisse.

Pour la première médiatique à Québec du spectacle consacré à son œuvre, Serge Fiori (au centre) était accompagné (de gauche à droite), du producteur exécutif Serge Grimaux, du metteur en scène Benoît Landry, du collaborateur musical Louis-Jean Cormier et du président et chef de la création du Cirque Éloize, Jeannot Painchaud.

La voix de Fiori, racontant sa découverte de la guitare à douze cordes, a servi d’introduction à un numéro de planche coréenne où le duo Jules Trupin-Jérôme Hugo s’est envolé sur l’air d’Aujourd’hui, je dis bonjour à la vie.

Une performance au mât chinois a permis de mettre en valeur la fabuleuse Dixie, dont la scénographie avec fleurs et papillons a redonné vie à la pochette de l’album La cinquième saison.

Pour la reprise de la pièce «En pleine face», c’est la figure format géant de Serge Fiori qui est apparue en toile de fond de la scène.

Les magnifiques orchestrations de la pièce instrumentale Histoires sans paroles ont mis la table pour L’exil, une pièce maîtresse du mythique album L’Heptade. Puis, en fin de parcours, un numéro exceptionnel d’Angelica Bongiovonni à la roue Cyr, sur l’air d’Un musicien parmi tant d’autres a littéralement conquis l’assistance. 

La soirée n’aurait pas été complète sans la (insérer ici le qualificatif élogieux de votre choix) pièce Comme un sage, qui est venu clore ce grandiose voyage musical.


C’est un Fiori ému qui est monté sur scène pour remercier ses collaborateurs dans cette aventure d’exception. Les spectateurs lui ont adressé un long témoignage d’affection sous forme d’applaudissement nourris. Le chanteur a conclu avec une déclaration à saveur politique : «Québec devrait être la capitale nationale du pays. On est extraordinaire comme peuple.»

Et le chanteur d’entonner avec la troupe, dans un déluge d’émotions, le fameux hymne On a mis quelqu’un au monde, on devrait peut-être l’écouter.»

Serge Fiori -Seul ensemble est présenté au Capitole du 27 au 30 juin, et du 2 au 13 juillet.