L’artiste Christo devant sa dernière oeuvre, un mastaba (édifice funéraire égyptien) flottant sur le lac Serpentine, à Hyde Park à Londres.
L’artiste Christo devant sa dernière oeuvre, un mastaba (édifice funéraire égyptien) flottant sur le lac Serpentine, à Hyde Park à Londres.

Cinq oeuvres marquantes de Christo [PHOTOS]

PARIS - Les installations temporaires et spectaculaires de l’artiste-plasticien américain d’origine bulgare Christo sont apparues dans différents coins du globe, dans des paysages lointains comme dans des lieux emblématiques de grandes villes.

En voici les cinq plus célèbres:

«Le mur de barils de pétrole», Paris (1962)

L’une des premières oeuvres de Christo et de sa femme et collaboratrice Jeanne-Claude est un mur de 89 barils de pétrole et d’essence érigé dans une rue de Saint-Germain-des-Prés à Paris.

Titrée «Le rideau de fer», cette «barricade artistique était leur manière de protester contre le Mur de Berlin construit un an plus tôt.

La mairie de Paris n’avait pas donné son autorisation, mais les deux artistes avaient quand même poursuivi leur travail, bloquant la circulation pendant huit heures avant de devoir démonter l’installation.

«Les parapluies», États-Unis et Japon (1991)

Près de 3100 parapluies géants ont été ouverts le même jour en Californie et au Japon pour une installation simultanée qui durera 18 jours, après des mois de travail.

Près de la moitié des parapluies mesurant six mètres de hauteur étaient bleus et installés dans la préfecture d’Ibaraki au Japon; les autres en Californie étaient d’un jaune vif.

L’installation «reflétait les similarités et les différences de styles de vie et d’utilisation de la terre dans les deux vallées intérieures au Japon et aux États-Unis», avaient expliqué les artistes.

Le magazine en ligne Artsy avait décrit ce travail comme «l’un des plus grands projets sur Terre de notre époque».

Mais le projet a été marqué par deux drames : en 1991, une Américaine est écrasée par un parapluie géant et un ouvrier japonais meurt lors du démontage de ces mêmes parapluies.

«L’empaquetage du Reichstag», Berlin (1995)

Enveloppé d’un tissu argenté totalisant 100 000 m2, l’empaquetage du parlement allemand, oeuvre emblématique de Christo, n’a pu être réalisée que vingt ans après que l’artiste eut demandé l’autorisation.

Enveloppé d’un tissu argenté totalisant 100 000 m2, l’empaquetage du parlement allemand, oeuvre emblématique de Christo, n’a pu être réalisée que vingt ans après que l’artiste eut demandé l’autorisation.

Rejetée par Berlin à de nombreuses reprises, l’oeuvre a pu voir le jour après un vote au parlement en 1994.

«C’était l’une des plus belles choses que j’ai jamais vues», a dit Christo au quotidien britannique The Guardian en 2017.

Visité par des millions de personnes, l’empaquetage a été retiré au bout de deux semaines alors que la ville souhaitait le garder un peu plus longtemps.

«Les jetées flottantes», Italie (2016)

Ces passerelles permettaient aux visiteurs d’atteindre l’île de Monte Isola et l’îlot de San Paolo sur le lac italien d’Iseo.

Créée sur le lac italien d’Iseo, «The Floating Piers», était une installation éphémère longue de trois kilomètres et composée d’un assemblage de 200 000 cubes jaunes en polyéthylène de haute densité installés sur le lac. Ces passerelles permettaient aux visiteurs d’atteindre l’île de Monte Isola et l’îlot de San Paolo sur le lac, leur donnant l’impression de marcher sur l’eau «ou peut-être sur le dos d’une baleine», avait dit Christo. Cette installation de seize jours a été la première de Christo après le décès de sa femme Jeanne-Claude en 2009, même si les deux l’avaient conçue ensemble et y avaient travaillé depuis 1970.

«Le Mastaba de Londres» (2018) 

L’artiste Christo dévoile sa dernière oeuvre, un mastaba (édifice funéraire égyptien) flottant sur le lac Serpentine, à Hyde Park à Londres. Une installation monumentale, composée de 7506 bidons en métal, destinée autant à susciter le débat qu’à «stimuler les sens».

«Il n’y a pas de message : c’est à chacun d’y découvrir quelque chose», avait dit Christo à l’AFP.