Ce soudain désaccord entre Cineworld et Cineplex ouvre la voie à ce qui pourrait être une épreuve de force entre deux géants de la présentation de films au milieu d’une pandémie qui a forcé leurs cinémas à fermer.
Ce soudain désaccord entre Cineworld et Cineplex ouvre la voie à ce qui pourrait être une épreuve de force entre deux géants de la présentation de films au milieu d’une pandémie qui a forcé leurs cinémas à fermer.

Cineworld dit que son entente pour acheter Cineplex ne tient plus

TORONTO — La chaîne de cinéma Cineworld, présente dans plusieurs pays, a déclaré que son entente pour acheter Cineplex pour 2,8 milliards $ ne tient plus, affirmant que «certaines violations» du contrat avaient été commises par la société canadienne.

Mais Cineplex a riposté tard vendredi, insistant sur le fait que les allégations d’actes répréhensibles sont fausses, et promettant de poursuivre Cineworld en justice pour être dédommagée.

Ce soudain désaccord ouvre la voie à ce qui pourrait être une épreuve de force entre deux géants de la présentation de films au milieu d’une pandémie qui a forcé leurs cinémas à fermer.

Cineworld, dont le siège est à Londres, a déclaré avoir pris connaissance d’un changement défavorable important et de violations par la Torontoise Cineplex, ce qui l’a amené à abandonner l’affaire avant la date limite imminente du 30 juin, prévue pour la clôture de la vente.

Cependant, l’entreprise britannique n’a pas précisé les détails de ses allégations, et un représentant de Cineworld n’a pas répondu aux questions de La Presse canadienne. Cineworld a déclaré avoir respecté ses obligations et a dit qu’elle se «défendra vigoureusement contre toute allégation contraire» et demandera des dommages et intérêts.

Cineplex a publié sa propre déclaration, indiquant qu’elle croyait qu’il n’existait «aucune base juridique» pour résilier l’accord et que Cineworld avait violé le contrat.

L’entreprise canadienne a déclaré que le contrat exclut explicitement les «éclosions de maladie ou autres catastrophes naturelles» de ce qui serait considéré comme des effets négatifs importants dans l’accord.

«Cineplex estime que les allégations de Cineworld représentent les remords de l’acheteur et sont une tentative de Cineworld pour éviter ses obligations en vertu de [l’accord] à la lumière de la pandémie de COVID-19», a déclaré la société.

Cineplex a ajouté qu’elle «avait l’intention d’engager rapidement une procédure judiciaire contre Cineworld et de demander des dommages et intérêts».

Le conflit survient alors que les deux sociétés sont aux prises avec un retour aux affaires incertain après que la plupart des cinémas eurent été fermés par les autorités de la santé publique plus tôt cette année.

Cineplex a arrêté les projections de films à la mi-mars dans ses 165 cinémas du pays et n’a pas encore défini de plan pour reprendre ses activités. Qui plus est, les observateurs de l’industrie ne savent pas à quelle vitesse les cinémas pourront reprendre leurs activités comme d’habitude, car ils devront introduire des règles de distanciation physique dans les auditoriums, ce qui signifie moins de billets vendus.

Hollywood a également été réticente à faire redémarrer l’industrie, craignant que peu de gens ne se déplacent pour regarder des «blockbusters». Vendredi, Warner Bros a repoussé la sortie prévue du Tenet de Christopher Nolan, l’un des rares grands films d’été encore au programme.

Dès le début de la pandémie, Cineplex a reconnu que la COVID-19, et les réactions du gouvernement avaient rendu «la planification des activités incertaine» pour l’industrie.

D’autres parties de l’offre d’achat de Cineworld n’avaient toujours pas été respectées, y compris l’approbation d’Investissement Canada, qui avait été reportée du début du mois au 15 juin.

Plusieurs autres conditions devaient s’appliquer pour l’acquisition, notamment que Cineplex maintienne sa dette en dessous de 725 millions $.

Cineworld a conclu le rachat de Cineplex bien avant que la COVID-19 ne vienne secouer l’industrie du cinéma. À la fin de l’année dernière, elle a proposé d’acheter la société à 34 $ par action, soit 42 % de plus que le cours des actions de la chaîne à l’époque.