Cinéma

Mauvaises critiques et polémique pour l’adaptation américaine d’»Intouchables»

NEW YORK — Le film «The Upside», adaptation américaine d’«Intouchables», sorti vendredi aux États-Unis, a reçu un accueil critique négatif et déjà suscité une polémique sur l’incarnation du handicap, mais le public, lui, répond présent.

Un peu plus de sept ans après le film phénomène aux 51 millions d’entrées dans le monde, dont 19,5 en France, et 416 millions de dollars de recettes, The Upside tente de capitaliser sur la recette qui a fait le succès de l’original.

Le synopsis est quasiment le même, avec deux ou trois rebondissements supplémentaires, et de nombreuses scènes sont reproduites quasiment à l’identique.

L’histoire a été transposée plutôt habilement à New York, Phillip Lacasse (Philippe dans Intouchables) habitant dans le quartier huppé d’Upper East Side et Dell Scott (Driss dans l’original) dans le Bronx.

Mais du point de vue de plusieurs critiques américains influents, comme Cath Clarke de Time Out ou Emily Yoshida de Vulture, le résultat est un film plein de bons sentiments et de clichés, en particulier sur le personnage de Dell.

«Suggérer, même dans une comédie grand public, que les divisions raciales peuvent être effacées par Pavarotti et un joint relève de l’âge de pierre», a écrit Cath Clarke.

Même si le duo entre l’humoriste Kevin Hart et le comédien Bryan Cranston ne possède pas la densité de celui formé par Omar Sy et François Cluzet, du point de vue de Joe Morgenstern du Wall Street, nombre de critiques saluent la prestation des deux hommes.

Débat sur la représentation 

En plus de cet accueil critique plus que mitigé, le film a déclenché, avant même sa sortie, une polémique, née du fait que la production a choisi de faire interpréter un tétraplégique par Bryan Cranston, qui ne présente aucun handicap.

«En tant qu’acteur handicapé, permettez-moi de souligner le fait que ces rôles sont les seuls pour lesquels les acteurs à mobilité réduite pourraient être pris en considération... et pourtant, ils ne le sont pas», a commenté l’acteur Ally Craig sur Twitter.

«En tant qu’acteurs, on nous demande de jouer d’autres personnes», s’est défendu Bryan Cranston dans un entretien à l’agence britannique Press Association. «Si je suis hétérosexuel, d’âge mûr et aisé, cela signifie-t-il que je ne peux pas jouer quelqu’un qui ne soit pas aisé, que je ne peux pas jouer un homosexuel?»

«On ne pense pas à la représentation, à quel point c’est important pour les gens de se voir représentés à l’écran, d’une façon authentique, et en même temps, je ne pense pas que Bryan Cranston ait fait quelque chose de mal», a commenté le présentateur de l’émission The Daily Show, Trevor Noah.

«Je ne pense pas que tout doive devenir un pugilat», a-t-il ajouté. «Peut-être que la prochaine fois, les gens d’Hollywood y réfléchiront un peu plus.»

Malgré les critiques et la polémique, le film a relativement bien démarré aux États-Unis et le site BoxOffice Pro prévoyait 12,5 millions de dollars de recettes pour le premier week-end, ce qui serait un résultat satisfaisant.

Le film est le premier sorti par l’ancienne maison de production d’Harvey Weinstein, The Weinstein Company, depuis la publication des premiers témoignages visant le magnat d’Hollywood, début octobre 2017.

Présenté au festival de Toronto en septembre 2017, The Upside aura attendu 16 mois avant de sortir en salles, le temps à la maison de production d’être vendue et rebaptisée Lantern Entertainment.

Cinéma

Mon ami Walid: dessine-moi un weirdo

Enfin : après une campagne de sociofinancement qui a fait parler, Adib Alkhalidey et Julien Lacroix dévoileront le film Mon ami Walid au Grand Théâtre de Québec le 31 janvier. Petit budget, grosse distribution marquent leur premier long-métrage, contre les attentes d’Adib Alkhalidey. « On avait 70 pages de scénario, on était financés par le public et on allait tourner en dix jours. Quand on approchait les acteurs, disons que ce n’était pas le pitch de vente le plus alléchant ! »

Le film produit de A à Z par les talentueux humoristes de la relève — écriture, jeu, réalisation… — déclenchera les rires et les larmes. Et comme les deux nouveaux cinéastes ne font rien comme les autres, Mon ami Walid ne sera pas présenté au cinéma, mais en salles de spectacles. Du même coup, le tandem amorcera une tournée de 15 arrêts à travers le Québec. Une présentation et une discussion avec les spectateurs accompagneront chaque projection.

Cinéma

«Anthropocène» décroche le prix du meilleur film canadien

TORONTO — «Anthropocène: L’époque humaine» a remporté le Prix Rogers du meilleur film canadien, d’une valeur de 100 000 $.

Le documentaire de Jennifer Baichwal, Edward Burtynsky et Nicholas de Pencier, réquisitoire environnementaliste, porte sur les bouleversements qu’ont connus les écosystèmes de la Terre depuis la révolution industrielle.

Le prix de l’Association des critiques de films de Toronto (TFCA) a été remis lors d’une cérémonie à Toronto, animée par le directeur artistique et co-responsable du Festival international du film de Toronto (TIFF), Cameron Bailey.

En acceptant cet honneur, Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier ont déclaré qu’ils partageraient le prix en argent avec les deux autres finalistes, ainsi que pour une initiative du TIFF pour soutenir les femmes dans le cinéma.

Ces finalistes, Sofia Bohdanowicz, réalisatrice de «Maison du bonheur», et Sadaf Foroughi, réalisatrice de «Ava», ont également reçu chacune 5000 $ de Rogers Communications.

«Anthropocène» est un projet multidisciplinaire qui comprend également une exposition d’art.

Il s’agit du dernier film d’une trilogie, après «Manufactured Landscapes» et «Watermark».

Le mois dernier, l’Association des critiques de films de Toronto avait décerné à «Roma» deux de ses prix les plus prestigieux.

Le drame en noir et blanc d’Alfonso Cuarón, qui raconte l’histoire d’une femme de ménage travaillant pour une famille de la classe moyenne à Mexico, a été sacré meilleur film par la TFCA.

L’association a également décerné le prix du meilleur réalisateur à Alfonso Cuarón («Y tu mama también», «Gravité»).

Cinéma

Janvier, mois des cinéphiles

BAIE-COMEAU — Janvier est le mois préféré des cinéphiles de la Côte-Nord. C’est le moment de l’année où ils ont droit à leurs festivals du film. Celui de Baie-Comeau, Cinoche, se tiendra du 17 au 27 janvier, alors que celui de Sept-Îles, Ciné7, aura lieu du 24 janvier au 3 février.

Chacun des deux festivals présente une trentaine de films en compétition. Du nombre, huit seront à l’affiche des deux événements, dont le très attendu Les salopes ou le sucre naturel de la peau, de Renée Beaulieu, qui sera d’ailleurs à Baie-Comeau du 25 au 27 janvier. Notons aussi Une affaire de famille, Palme d’or du dernier Festival de Cannes, et le western Les frères Sisters, de Jacques Audiard.

«C’est toujours plein de défis, faire une programmation d’un festival en région, ne serait-ce que parce qu’il faut choisir des films sans les avoir tous vus», a confié la responsable de la programmation de Cinoche, Tania Boudreau. «C’est un peu téméraire, mais on ose risquer et souvent, on est récompensés», a-t-elle ajouté en signalant l’importance de plaire autant aux esthètes du septième art qu’au grand public dans un événement du genre.

Ciné7 présentera huit films québécois, un de plus que Cinoche. Du lot, toutefois, ils ont seulement en commun le long métrage de Renée Beaulieu. Les deux événements présentent cependant les deux mêmes documentaires, soit Ceux qui viendront, l’entendront, sur les autochtones qui parlent encore leur langue natale, et Coasters, mettant en vedette les résidents de la Basse-Côte-Nord.

Les réalisateurs de Coasters, Nicolas-Alexandre Tremblay et Stéphane Trottier, seront d’ailleurs à Baie-Comeau pour le début de Cinoche et à Sept-Îles deux semaines plus tard, pour la clôture de Ciné7. Celui qui signe Ceux qui viendront, l’entendront, Simon Plouffe, sera à Sept-Îles du 24 au 26 janvier et à Baie-Comeau le 27.

Pierre-Luc Lafontaine, Paul Doucet, Luc Bourdon et Vincent Graton font partie des noms connus qui s’arrêteront au Ciné7. Pour sa part, Cinoche aura le plaisir de recevoir notamment Pierre-Luc Brillant (président d’honneur), Charlotte Aubin et Jean-Simon Leduc.

Parmi les particularités de chaque événement, soulignons que Baie-Comeau présente pour la 17e année ses Images de glace, un film présenté en plein air sur un immense écran de neige. Cette année, le film d’animation Rio 2 est au menu. À Sept-Îles, on compte sur un Off Festival la semaine précédant le festival «officiel». Le festival se décentralise aussi en présentant 12 longs métrages à Port-Cartier, dont huit en exclusivité.

Soulignons qu’autant à Baie-Comeau qu’à Sept-Îles, les films sont présentés au Ciné-Centre, qui dispose de quatre salles au premier endroit et de trois au second. On consulte la programmation de Cinoche au www.festivalcinoche.ca. Celle du Ciné7 se trouve au www.cine7.ca.