Cinéma

Le film de la semaine: «La disparition des lucioles»

CRITIQUE / Sébastien Pilote ne cache pas qu’il a voulu faire un film plus accessible avec «La disparition des lucioles». La recette semble lui avoir réussi puisque sa comédie dramatique acidulée a obtenu le prix du meilleur long métrage canadien au récent Festival de Toronto (TIFF). Mais il m’a laissé sur mon appétit en traitant d’un sujet convenu, sans véritable originalité.

Le troisième long métrage du cinéaste gravite autour de Léo (Karelle Tremblay), une ado en colère perpétuelle qui reste avec sa mère hystérique et son beau-père, un animateur de radio «populaire et populiste» qui a poussé son père idéalisé à l’exil en échange de son silence sur un assaut. La finissante au secondaire cherchera refuge auprès de Steve (Pierre-Luc Brillant), un «perdant magnifique» plus âgé, qui lui donne des leçons de guitare et ouvrira son horizon.

Cinéma

«Pauline Julien, intime et politique»: portrait d’une insoumise ***1/2

CRITIQUE / Pauline Julien aurait eu 90 ans en 2018 — si elle n’avait pas choisi sa propre aide médicale à mourir il y a 20 ans. Son souvenir s’estompant, le documentaire de Pascale Ferland arrive à point nommé. Parce qu’il trace le portrait intime de la femme, mais aussi celui de son implication sociale et politique dans un Québec en pleine ébullition.

Pauline Julien, intime et politique s’ouvre sur une citation de l’artiste: «Je me sens tellement seule. Peut-être que j’ai trop aimé.» Une phrase qui décrit bien cette femme énergique, tenace et courageuse. On y devine cette sensibilité à fleur de peau qui la plongeait dans un état d’angoisse permanent. Mais aussi la passion qui l’anime, jusque dans son amour profond pour Gérald Godin.

Cinéma

Pascale Ferland souhaite sortir Pauline Julien de l'oubli

«Pauline Julien ne s’en laissait jamais imposer. Elle était extrêmement authentique, disait toujours ce qu’elle pensait. L’indignation était le moteur de ses actions. C’était une insoumise», lance Pascale Ferland. La cinéaste constate que le moment ne pouvait être mieux choisi pour consacrer un documentaire à l’actrice et chanteuse qui a profondément marqué le Québec du XXe siècle. À preuve, l’intérêt que suscite «Pauline Julien, intime et politique», présenté en première mondiale cette semaine au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

Ses combats sont toujours brûlants d’actualité. «Pauline Julien était une femme étonnamment d’avant-garde. Il y avait beaucoup d’artistes qui chantaient pour l’indépendance [du Québec] à cette époque, c’était en vogue, mais au-delà de ça, elle prenait vraiment position pour les femmes, pour les démunis et militait pour les travailleurs.» Elle allait même jusqu’à chanter en prison et accueillir chez elle ceux qui étaient en libération conditionnelle...

Cinéma

«Burn Out»: pour public averti **

CRITIQUE / Le moins qu’on puisse dire, c’est que Michel Jetté n’a pas peur de briser les carcans et de jouer avec les codes narratifs du cinéma pour son cinquième long-métrage, «Burn Out ou la servitude volontaire». Un étrange ovni pour public averti.

Ouverture stylisée et glauque à souhait, parfois des phylactères pour faire s’exprimer les personnages, rires en «canne» ici et là, aphorismes de La Boétie, un interlude même, le scénario s’éclate dans toutes les directions pour raconter l’histoire, parfois plus terre-à-terre, d’un couple sur le bord de la crise de nerfs.