Little Rock (Abigail Breslin), Wichita (Emma Stone), Tallahassee (Woody Harrelson) et Columbus (Jesse Eisenberg) sont tous de retour dans cette suite de Zombieland.

Zombieland - Le doublé: mordre à pleines dents ***

CRITIQUE / Dix années se sont écoulées depuis le premier Zombieland — on pourrait difficilement accuser la production d’agir par opportunisme. Même si les zombies sont dans l’air du temps. Le doublé réunit l’équipe originale — acteurs, réalisateurs et scénaristes — pour une suite sans prétention destinée à faire rire et à divertir. C’est plutôt réussi.

Le film s’ouvre avec une mise en situation en voix hors champ, histoire d’inclure ceux qui ont manqué le premier chapitre. Columbus (Jessie Eisenberg) nous explique que Tallahassee (Woody Harrelson), Wichita (Emma Stone), sa sœur Little Rock (Abigail Breslin) ont survécu ensemble en identifiant et en éliminant trois sortes de zombies : les Homer, les Hawking et les Ninjas. 

Las de fuir sans cesse, le quatuor décide de ravir la Maison-Blanche aux créatures, ce qui donne droit à une séquence au super ralenti sur Master of Puppets qui décoiffe un maximum. 

Parti sur les chapeaux de roues, le long métrage s’enlise ensuite, le temps que Little Rock décide de prendre ses distances avec cette famille reconstituée circonstancielle.

Le trio empruntera la route à sa recherche, embarquant au passage Madison (Zoey Deutch), la nunuche blonde de films d’horreur (à peine) caricaturale. La suite coule de source : ils vont rencontrer d’autres survivants (dont la pétillante Nevada, jouée par Rosario Dawson), affronter des zombies mutants (les T-800) et retrouver la fugueuse — dans une communauté de néo-hippies, dont on se moque autant que des rednecks. 

Normal : Rhett Reese et Paul Wernick, les scénaristes de Deadpool, sont de retour à l’écriture de cette suite où se multiplient aussi les références à la culture populaire, des Simpsons à Terminator, en passant par Elvis.

Bien sûr, certaines répliques particulièrement creuses font grincer des dents et les traits d’esprit tombent parfois à plat. Mais les personnages manient le sarcasme avec efficacité. Il y a également quelques temps morts (sans mauvais jeu de mots).

Entre les deux Zombieland, Ruben Fleischer a réalisé Venom et connaît tous les trucs pour satisfaire. Ce qui s’avère la caractéristique principale de ce deuxième essai : le désir de plaire et d’offrir au spectateur ce qu’il demande, notamment en s’adressant directement à lui.

Pas de surprises ni de métaphores politiques (comme The Dead Don’t Die de Jarmusch) ou sociales. La figure du zombie agit, en général, comme révélateur des grandes peurs et craintes de la société occidentale. On est loin du compte.

Comédie oblige, les scènes gore se limitent au minimum prescrit et aux canons du genre. La violence se veut plus caricaturale qu’autre chose.

L’ensemble aurait pu être bien mieux — le film ne laissera pas un souvenir impérissable. Reste qu’il peut s’appuyer sur une solide distribution, qui s’amuse et ça paraît (Harrelson en Elvis vaut amplement le détour).

Parfait pour se mettre la cervelle à off.

Au générique

Cote : ***

Titre : Zombieland — Le doublé

Genre : Comédie d’horreur 

Réalisateur : Ruben Fleischer

Acteurs : Jessie Eisenberg, Emma Stone, Woody Harrelson, Abigail Breslin 

Classement : 13 ans +

Durée : 1h37

On aime : les sarcasmes. La production sans prétention. La solide distribution.

On n’aime pas : les temps morts. Une certaine superficialité.