David (Bernardo Garnica Cruz) quitte son village natal pour la mégapole de Mexico, où il cherche à se libérer des mauvaises relations de son cousin en fréquentant un groupe de punks qui l'aide à se définir.

 X Quinientos: crises identitaires ***1/2

CRITIQUE / Pour son premier long métrage, Juan Andres Arango a frappé un coup de circuit. Playa DC a joué en première mondiale dans la section Un certain regard du Festival de Cannes, en 2012, puis dans plus 80 festivals avant de représenter la Colombie aux Oscars. Pour son deuxième essai, X Quinientos, le Montréalais d'adoption revient avec un film tout aussi percutant qui s'intéresse aux difficultés d'intégration de trois migrants en crise d'identité.
L'idée de départ est intéressante: s'attacher aux pas de trois ados dans autant de pays d'Amérique: Colombie, Mexique et Canada. Trois jeunes très différents, mais qui ont en commun d'avoir perdu un parent et de lutter pour devenir adulte dans une société qui leur est étrangère. Récit initiatique, donc.
Celui d'Alex (Jonathan Diaz Angulo) qui, après une tentative infructueuse d'immigration aux États-Unis, revient dans son village colombien où il est forcé de tremper dans des affaires louches dans un monde sans foi ni loi. Tout en protégeant son petit frère sur qui il exerce une bien involontaire mauvaise influence.
Celui de David (Bernardo Garnica Cruz), qui quitte son village natal pour la mégapole de Mexico, où il cherche à se libérer des mauvaises relations de son cousin en fréquentant un groupe de punks qui l'aide à se définir.
Et celui de Gemma (Jembie Almazan), une jeune Philippe qui se retrouve prisonnière de la vie parfaite que veut lui offrir sa grand-mère à Montréal et cherche l'évasion dans un gang de rue latino.
Film résolument urbain et au parti-pris documentaire, X Quinientos (X 500) propose au spectateur une plongée sans compromis dans des univers parallèles, mais qui se font écho. Dans ce contexte, on ne sera pas surpris d'apprendre que le réalisateur a opté pour des jeunes dont c'est la première apparition devant la caméra.
Ces acteurs amateurs, comme tous ceux qui les entourent, confèrent beaucoup de véracité à l'ensemble, malgré quelques petites fausses notes. Somme toute plutôt rares étant donné qu'Arango opte souvent pour des plans-séquences, fixes ou en mouvement (ces derniers en général originaux et réussis).
Le film étant tourné en son ambiant et en lumière naturelle, on comprend Juan Andres Arango d'avoir voulu, pour des considérations esthétiques, adopter la même démarche pour ses scènes nocturnes. Mais, parfois, certaines de celles-ci sont vraiment beaucoup trop sombres. C'est agaçant, sans plus.
D'autant que ses choix de réalisation s'avèrent en grosse majorité très pertinents. Notamment celui de maintenir la violence dans le hors champ - notre imagination peut faire le reste. Violence qui n'est pas toujours physique, d'ailleurs.
X Quinientos pose un regard franc et réaliste sur la lutte de ces trois jeunes pour se faire une place dans le monde. En montant leurs histoires en parallèle et en se servant des ellipses qui en résultent pour faire progresser le récit, le cinéaste réussit à maintenir la tension, mais aussi à démontrer à quel point la réaction à leur environnement est semblable. Une révolte et un acte d'affirmation.
Une belle illustration du mal de vivre universel du passage de l'adolescence à l'âge adulte.
Au générique
Cote: ***1/2
Titre: X Quinientos (v.o.s.-t.f.)
Genre: drame
Réalisateur: Juan Andres Arango
Acteurs: Jembie Almazan, Bernardo Garnica Cruz et Jonathan Diaz Angulo
Classement: -
Durée: 1h47
On aime: la percutante approche documentaire, le regard franc et humaniste
On n'aime pas: certaines scènes mal éclairées