Denis Villeneuve et sa fille Salomé ont assisté vendredi à une réception à Beverly Hills, à deux jours de la cérémonie des Oscars.

Villeneuve ne ressent pas de pression

Au terme d'un «marathon» de festivals et de galas, le cinéaste québécois Denis Villeneuve se croise les doigts pour que son film L'arrivée remporte quelques prix à la cérémonie des Oscars, dimanche, mais il ne s'en ferait pas trop de repartir bredouille, puisqu'il a l'ambition de recevoir cette distinction un jour ou l'autre.
«J'aimerais ça gagner, j'espère en gagner un ou deux, ce serait fantastique. Mais si ça n'arrive pas, je vais quand même sourire», a confié M. Villeneuve en entrevue téléphonique depuis Los Angeles, samedi après-midi.
Le réalisateur québécois a déjà foulé les marches du théâtre Dolby, lui dont le long-métrage Incendies avait été nommé dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère en 2011. Mais cette fois-ci, il avoue qu'il ne ressent aucune pression de remporter une ou plusieurs statuettes parmi les huit catégories dans lesquelles figurent L'arrivée, dont une où il est en lice en tant que réalisateur.
«Faire du cinéma, pour moi, c'est une vie. Je ne fais pas du cinéma pour gagner des prix. Ce qui est le plus difficile dans mon métier, c'est de durer, c'est de passer le temps», a-t-il expliqué.
«Un jour»
M. Villeneuve a toutefois l'ambition de gagner un Oscar. Et si ce n'est pas ce dimanche, ce sera une prochaine fois, une idée qui ne le rend pas malheureux, loin de là.
«Je vais gagner un Oscar un jour. Je vais y arriver. Mais c'est bien que ce soit dans le futur. J'aime l'idée que ce ne soit pas maintenant, d'y aller étape par étape», a-t-il soutenu.
Le cinéaste dit apprécier la position «d'underdog» - le fait de ne pas être le favori d'une course. «J'adore cette position-là. C'est une position pleine de promesses, j'ai de l'espace pour grandir dans le futur», a-t-il indiqué.
Denis Villeneuve affirme donc qu'il sera «de bonne humeur», «soulagé» et «relax» à la grande soirée du cinéma, qui mettra un terme à l'intense saison des festivals.
«Je ne me lamente pas, mais parce que je travaillais sur un film en même temps [la suite de Blade Runner], ça a été difficile et très demandant. Ça a été une très belle expérience, mais je suis content que ça arrive à sa fin», a-t-il expliqué.
«On a déjà gagné»
«Je vais là avec un sourire. Qu'il arrive n'importe quoi demain, quelle que soit l'issue, je considère qu'on a déjà gagné», a-t-il ajouté.
Le cinéaste a souligné que les artisans du film avaient déjà été récompensés puisqu'ils ne se seraient jamais attendus à se rendre aussi loin avec un projet «casse-gueule» de la sorte.
«Ce n'est pas de la fausse humilité, c'est juste du profond réalisme», a-t-il tenu à préciser.
Le film de science-fiction, inspiré de la nouvelle de Ted Chiang, Story of Your Life, met en scène une linguiste, incarnée par l'actrice Amy Adams, qui tente de décrypter la langue d'extraterrestres arrivés sur la Terre. Le long-métrage vogue entre le passé, le présent et l'avenir des personnages.
«Faire un film qui joue sur la notion du temps comme ça, qui est un film qui a une approche intellectuelle, qui repose sur une participation du spectateur assez intense... Nos chances étaient très minces», a analysé le réalisateur.
Selon lui, son oeuvre a touché tant de gens parce qu'elle offre une vision optimiste du monde. «Les idées qui sont dans le film sont assez magnifiques, c'est un film optimiste, qui embrasse la vie, et je pense que les gens ont besoin de ce genre d'histoire présentement», a-t-il conclu.