Viggo Mortensen va entreprendre le tournage de «Falling» en février au Canada.

Viggo Mortensen passe derrière la caméra

MARRAKECH — L’acteur américano-danois Viggo Mortensen, qui a présenté au festival du Marrakech son dernier film «Le livre de Green» sous la direction de Peter Farrelly, se prépare à passer derrière la caméra et rêve de tourner avec Agnès Varda.

Q Vous avez annoncé l’année dernière à Cannes que vous envisagiez de passer derrière la caméra, notamment avec un script intitulé Falling. Où en êtes-vous?

Nous sommes en phase de pré-production et le tournage de Falling démarrera en février  au Canada. Je vais jouer dans ce film — qui raconte les liens entre un fils homosexuel et son père — et Lance Henriksen jouera le père. Je me suis inspiré de quelques souvenirs autour de mon père, de ma mère, mais ce n’est pas une histoire vraie, c’est inventé.

Q Vous avez tourné avec beaucoup de réalisateurs, avec qui rêvez-vous de faire un film?

R Je ne sais pas si elle va continuer mais avec Agnès Varda... ou Martin Scorsese. Pour moi, la chose la plus importante c’est l’histoire, le rôle et le réalisateur.

Q Le livre de Green, où vous jouez le premier rôle, a gagné l’an dernier le prix du public au festival de Toronto, un prix qui précède souvent un Oscar. Quel est votre pronostic?

Le livre de Green a gagné le prix du public dans 14 festivals et pas seulement à Toronto. Je ne sais pas si le film va gagner un Oscar ou pas. C’est mystérieux. Si on gagne, c’est bon, si on ne gagne pas, ça ne change rien. Je sais que c’est un très bon film et qu’il peut devenir un film classique, qu’on pourra voir pendant dans 5 ou 10 ans, qu’on va aimer ce film. Beaucoup de films sont populaires en ce moment, mais seront peut-être oubliés dans un an, ce n’est pas le cas avec Le livre de Green.

Viggo Mortensen et Mahershala Ali dans «Le livre de Green»

Q Le film s’articule autour des thèmes de l’amitié, de l’amour, de l’acceptation de l’autre. Avons-nous besoin aujourd’hui de revenir sur ces thèmes récurrents dans le cinéma des années 60?

R Je pense qu’il est plus facile parfois de voir le présent quand on raconte une histoire du passé. Je pense que le problème de la discrimination demeurera un problème actuel pour toutes les générations, nous sommes comme ça nous les êtres humains! Nous sommes comme des enfants, nous avons besoin d’expériences. Nous avons toujours besoin d’histoires comme Le livre de Green qui nous incitent à penser et à voir la société autrement.