Pour la première fois derrière la caméra, Vanessa Redgrave a puisé dans ses souvenirs d'enfance pour raconter la vie de réfugiés fuyant les conflits qui ont déchiré l'Europe au siècle dernier.

Vanessa Redgrave défend la cause des réfugiés avec Sea Sorrow

La comédienne et militante britannique Vanessa Redgrave passe pour la première fois derrière la caméra avec Sea Sorrow, un film destiné, a-t-elle expliqué, à sensibiliser l'opinion à la détresse des réfugiés.
Sea Sorrow, avec Emma Thompson et Ralph Fiennes, raconte la vie de réfugiés fuyant les conflits qui ont déchiré l'Europe au siècle dernier. Le film a été présenté cette semaine dans le quartier londonien de Hammersmith, où ont été accueillis des mineurs de la Jungle de Calais.
Pour donner du poids à la narration, l'actrice de 79 ans a puisé dans ses souvenirs d'enfance: ses parents l'avaient envoyée chez un cousin à la campagne, alors que les bombes pleuvaient sur Londres et qu'ils s'activaient pour sauver des juifs persécutés, notamment en France.
Et sa première expérience d'accueil de réfugiés remonte à l'arrivée de Hongrois en nombre à Londres en 1956.
«J'étais au conservatoire. Je me suis dit que je ne pouvais pas continuer à étudier pour devenir comédienne alors que des gens se faisaient écraser par des chars soviétiques», se souvient Vanessa Redgrave, Oscar du second rôle en 1978 pour le rôle-titre de Julia, un drame situé dans l'Allemagne nazie.
Comme bénévole, elle a «fait du thé, essayé de cuisiner, tenu des mains, écouté».
Honteux
Soixante ans plus tard, c'est avec colère qu'elle évoque la politique du gouvernement conservateur de Theresa May en matière d'aide aux réfugiés. «Ce qui honteux, c'est que notre gouvernement, mon gouvernement, fait tout ce qu'il peut pour empêcher les enfants réfugiés d'avoir accès à ce qui en réalité est leur droit» à être protégés, s'emporte-t-elle.
Pour tourner Sea Sorrow, Vanessa Redgrave s'est notamment rendue en France, en Grèce, en Italie et au Liban. Elle a commencé à travailler sur le film après la publication en 2015 de la photo d'Aylan, le petit garçon syrien noyé et échoué sur une plage turque, qui avait suscité un émoi mondial en résumant la tragédie des millions de réfugiés fuyant le pays en guerre.
«Ce que j'espère accomplir avec ce film, c'est d'aider les gens à garder leur humanité lorsqu'ils aident eux-mêmes», dit-elle.